Pierre Conquet, souvenir d'un penseur

  • Les fondamentaux du rugby
    Les fondamentaux du rugby / DR
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Il nous a quittés à 84 ans. Il laisse un ouvrage fondamental et une vie consacré à l'observation du rugby et de son évolution.

Pierre Conquet nous a quittés, à 84 ans. Il habitait à Preixan, dans l’Aude. Le grand public ne connaissait peut-être pas cet ancien bon joueur de club qui joua notamment la finale 1957 avec le Racing contre Lourdes au poste d'ailier gauche aux côtés de Michel Crauste, François Moncla et Arnaud Marquesuzaa. Devenu enseignant après sa carrière, Pierre Conquet restera comme un vrai penseur du jeu, peut-être le premier à mettre noir sur blanc ses conceptions, dans une approche pédagogique. Beaucoup de techniciens avaient dévoré son ouvrage : « Les fondamentaux du rugby » publié en 1976 en collaboration avec Jean Devaluez. Il y avait travaillé d'arrache-pied pendant trois ans en rassemblant ses notes pour aboutir à une somme énorme de plus de 800 pages avec moult croquis et quelques dessins humoristiques. Il sera suivi des « Fondamentaux du rugby moderne » en 1994.

Quelle était donc sa conception du rugby ? On avait coutume de le ranger dans la catégorie des « réalistes ». Pierre Conquet avait théorisé la notion d’avancée, d’affrontement et celle de « combat collectif ». Il n’était pas un apôtre de la « passe pour la passe », notion très en vogue en France. C'est ce qui le différenciait de René Deleplace (père de la méthode toulousaine de Robert Bru et de Pierre Villepreux) auquel on le comparait souvent.  Dans ce « match » entre deux hommes qui s'appréciaient, Pierre Conquet était moins « intellectuel » plus terre à terre, plus accessible aussi.

Pierre Conquet se situait dans une filiation qui remontait à sa découverte du jeu des Springboks qu'il avait vus jouer au début des années 50 alors qu'il était adolescent. Ils étaient en tournée en France et ils l'avaient séduit par leur vitesse et le soin qu'ils apportaient à la conquête du ballon, une vision qui tranchait avec ce qui se pratiquait alors en France. Le jeu d'avants était parfois rude, mais bien moins organisé...

Après sa carrière de joueur, Pierre Conquet avait entraîné Carcassonne, puis Grenoble où il s'était signalé en programmant des mêlées ….à trois (le règlement de l'époque le permettait). Il  s’était senti honoré par la réussite du grand Béziers, à travers duquel il voyait l’application de ses théories. Il était très ami avec Raoul Barrière. Jusqu'au soir de son existence, il avait observé le jeu des équipes de haut niveau, dont il parlait avec sagacité.

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