La folle ascension

  • En Fédérale 1 il y a encore deux ans, le pilier droit castrais a été appelé par Fabien Galthié pour le stage de préparation à Nice cette semaine. Wilfrid Hounkpatin, finalement relâché, sera disponible contre le Racing. Photo Icon Sport
    En Fédérale 1 il y a encore deux ans, le pilier droit castrais a été appelé par Fabien Galthié pour le stage de préparation à Nice cette semaine. Wilfrid Hounkpatin, finalement relâché, sera disponible contre le Racing. Photo Icon Sport
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Alors qu’il évoluait en Fédérale 1 il y a deux saisons à peine, le droitier castrais a découvert le XV de france cette semaine. Une progression fulgurante.

C’est une belle histoire comme le rugby sait en écrire parfois. Wilfrid Hounkpatin, pilier droit de Castres a passé son début de semaine à Nice, à préparer le Tournoi des 6 Nations avec les 42 Bleus choisis par Fabien Galthié. Et s’il ne fera finalement pas partie du groupe sélectionné pour affronter l’Angleterre le 2 février prochain, c’est fort d’une nouvelle expérience du très haut niveau que le colosse de 26 ans participera à la rencontre capitale pour son club face au Racing 92.

Et dire qu’il y a deux ans à peine le natif d’Aubagne arpentait les pelouses de Fédérale 1 avec l’invincible armada rouennaise, qui évoluait alors au sein de feu la poule élite. Après avoir découvert le rugby sur le tard, à l’occasion d’une sélection à Nîmes à l’âge de 17 ans, tout s’est très vite enchaîné pour ce joueur au gabarit impressionnant (1, 92 m, 130 kg). Centre de formation à Montpellier, court passage à Narbonne puis départ vers Rouen où Richard Hill, son manager conscient de son énorme potentiel va s’attacher à polir le diamant : "Nous avons fait venir Wilfrid à Rouen en 2014, détaille l’ancien demi de mêlée du XV de la Rose. À l’époque, on voulait choisir des jeunes joueurs pour faire progresser Rouen rapidement dans le championnat. Wilfrid avait déjà beaucoup de potentiel. C’était clair. Physiquement, c’était un monstre. Il manquait d’expérience de jeu. Donc beaucoup d’entraîneurs avec moi ont investi du temps pour lui. Je l’ai emmené chez moi à Bath. Wilfrid est resté chez moi avec ma femme, pendant une semaine. Ensemble, nous avons visité les clubs de Gloucester, de Bath, de Bristol pour travailler avec les entraîneurs de ces équipes. Il a travaillé surtout la mêlée. C’était une bonne expérience, pour lui donner de la motivation et lui apprendre des choses." Pourquoi l’Angleterre, alors ? Hill reprend : "Je l’ai emmené en Angleterre pour qu’il apprenne vite sur les techniques en mêlée. J’ai gardé un solide réseau à Bath, Gloucester et Bristol. Je connais beaucoup de monde dans ces clubs. Ils étaient vraiment contents de recevoir Wilfrid pour l’aider à avancer. C’était la meilleure façon de progresser en travaillant avec les meilleurs coachs. À l’époque je rappelle que nous étions en Fédérale 1 et le niveau des piliers en Fédérale ne permet pas de progresser rapidement. Ce n’est pas un niveau de Pro D2. Là, il était avec des entraîneurs de Premiership."

Le coup de fil de Galthié

Le travail de Richard Hill va finir par payer. À tel point que Wilfrid éclabousse de toute sa classe la fin de saison rouennaise en 2017. Christophe Urios, alors manager du CO, lui offre de venir rejoindre le Top 14. Un nouveau cap est franchi. Les exigences sont plus fortes encore, le joueur redouble d’efforts et de travail. Jusqu’à ce dimanche soir où le téléphone a sonné : "Fabien Galthié m’a appelé dimanche soir, vers 19 h 30, explique l’heureux élu. J’étais à la maison, en famille. Il m‘a demandé si j’allais bien et si j’étais en forme. Il m’a dit : "On a besoin de toi pour rejoindre les 42, est-ce que tu veux venir avec nous ?" J’ai dit "oui" immédiatement ! Tout s’est ensuite enchaîné. Je suis parti une heure après, je n’avais même pas mes crampons qui étaient dans le bus en train de revenir de Worcester (rires). Mon épouse m’a déposé à Castelnaudary pour rejoindre Nice." Deux jours d’entraînement avec les Bleus et des rêves plein la tête pour la suite. Samedi en fin d’après-midi, Wilfrid sera bien sur la pelouse de Pierre-Fabre pour répondre au premier défi à domicile des Castrais en 2020. Avec un nouveau statut à assumer. Quelle ascension.

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