Lyonnais à réaction

  • Toby Arnold échappe à Louis Carbonel et Anthony Belleau pour inscrire le 3e essai lyonnais.
    Toby Arnold échappe à Louis Carbonel et Anthony Belleau pour inscrire le 3e essai lyonnais. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Irréguliers ces derniers temps, les Lyonnais se sont montrés consistants en défenseet opportunistes en attaque pour emporter un match mal embarqué à la pause. Rassurant après plusieurs semaines et plusieurs mi-temps en forme de montagnes russes.

Les mi-temps lyonnaises ressemblent un peu à la boîte de chocolats de Forrest Gump en ce moment : on ne sait jamais trop sur quoi on va tomber ! En l’espace de huit jours, on est un peu passé par tous les états dans les tribunes de Gerland : un rugby sérieux et quasi clinique lors du premier acte contre Northampton, laissant espérer une performance d’ensemble bien construite, puis, patatras, un jeu en déliquescence dans le deuxième acte. Samedi, contre Toulon, rebelote, à l’inverse, avec un Lou fébrile en première mi-temps, se débarrassant trop souvent - et mal - du ballon au pied, souvent durement gagné en défense et trop souvent à la faute. On ne reconnut pas - dans le bon sens cette fois - le Lou au retour des vestiaires. La deuxième mi-temps, entamée tambour battant avec un essai de quarante mètres conclut en bout de ligne par Rudi Wulf, avant une deuxième réalisation de Toby Arnold, en contre, ne semblait pas être jouée par la même équipe.

Le premier point positif est que l’équipe a su se remettre quasiment toute seule sur les bons rails. "À la mi-temps, je n’ai quasiment rien dit, soufflait Pierre Mignoni. Les joueurs ont vite mis le doigt sur les détails qui nous pénalisaient. À quatre minutes de la reprise, ils étaient prêts, ils voulaient revenir."

"À la mi-temps, on s’est dit que si on restait dans ce faux rythme, on allait se mettre en danger, détaillait l’ouvreur, Jonathan Wisniewski. Nous avons pris des risques. Nous avons essayé de jouer, de mettre plus de rythme."

C’est peu dire que le manager lyonnais a autant apprécié la réaction de ses troupes qu’il avait détesté l’écoulement une semaine plus tôt. "J’étais furieux la semaine dernière parce que c’était à la limite de la honte, rappelait-il. Nous avons de la chance d’avoir un public gentil… Ailleurs, nous aurions été sifflés. Et cela aurait été normal ! C’était important de réagir aujourd’hui."

Le deuxième point positif est que la fin de la parenthèse européenne est un mal pour un bien. Contrairement aux mauvaises langues, qui soufflent et susurrent que le Lou ne joue pas le coup, les déconvenues européennes ont fait mal au casque d’une équipe qui espérait autre chose. Et le retour au quotidien du Top 14, où il prouve depuis plusieurs saisons qu’il mérite de jouer la qualification lui redonne des couleurs. "L’épisode Coupe d’Europe est terminé, j’espère que notre fin de saison sera à l’image de notre deuxième mi-temps."

"Bras de fer mental "

Encore convalescent, le Lou n’affiche pas la mine resplendissante du début de saison. Il cherche encore à reprendre confiance dans ses capacités et dans son jeu, il doit retrouver aussi de l’allant en conquête. Mais être capable de gagner avec le bonus offensif à la maison contre le troisième Toulon, sans faire un grand match, avec de jolis hauts et quelques très bas au cours des quatre-vingts minutes, n’est pas une mince affaire. Avant les vacances, et un choc à Bordeaux programmé pour la reprise, il a assuré l’essentiel en gardant ses distances avec le peloton, et en reprenant un bol de d’air et une bonne dose de confiance. "Un match de rugby est un bras de fer mental, rappelait Pierre Mignoni. Nous n’avons pas su relever le défi en Coupe d’Europe… Aujourd’hui, j’ai retrouvé mon équipe. Je ne parle pas de la victoire ou du point de bonus. J’avais le sentiment que nous nous étions perdus. Nous n’étions pas là. Aujourd’hui, nous nous sommes retrouvés. "

Sébastien Fiatte
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