Pau : empruntés sans apport

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Cinquième défaite pour la section qui s’est sabordée en quinze minutes.

Une fin de match digne des bêtisiers de fin d’année. En quinze minutes, les Palois ont offert assez de situations burlesques pour faire rire dans les chaumières corréziennes pendant de longs mois. La joie des Brivistes contrastait donc avec la stupéfaction des Palois au coup de sifflet final, avant de laisser place à la colère, à commencer par celle du président Bernard Pontneau : "C’est dur de découvrir que nous sommes les rois des cons", lâchait-il en préambule. "à la fin, il faut se coucher sur deux ballons pour ramener quatre points à la maison. Il suffit de préserver ce que nous avons acquis pendant quasiment les 80 premières minutes. J’ai vu des types qui avaient fait un bon match jusqu’à la 79e minute et après j’ai vu un tas de cons sur le terrain. C’est dommage pour eux. C’est le moment d’être solidaires mais je crois que c’est le sentiment que nous avons tous ce soir." Difficile de lui donner tort tant les Palois ont fait preuve de maîtrise dans le premier acte, gardant leur sang-froid et leur plan de jeu malgré la bonne entame briviste. Ses joueurs inscrivaient même deux essais limpides, avec un fabuleux Antoine Hastoy à la manœuvre et un Atila Septar tranchant aussi bien offensivement que défensivement. En seconde période, ils parvenaient même à augmenter leur avance sans la possession du ballon. Une gestion parfaite d’un match à l’extérieur. Du grand art avant le grand n’importe quoi.

Les boulettes du banc

Ce scénario catastrophe, digne d’un sabordage, n’était certes pas écrit d’avance mais quelques signes laissaient penser que l’impensable, l’invraisemblable, l’irréel pouvait arriver. À commencer par cette mêlée, souveraine dans le premier acte, qui perdait en stabilité dès les premiers changements avant de sombrer totalement avec l’embrayage coincé sur la marche arrière offrant plusieurs pénalités aux Corréziens. Les remplacements effectués n’ont amené aucune plus-value, bien au contraire. Fabrice Metz était prié de revenir sur la pelouse quelques minutes après sa sortie pour amener de la densité sur un axe droit de la mêlée fragilisé avec la sortie du Sud-Africain Lourens Adriaanse, lui aussi contraint de revenir sur la pelouse avant la fin pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’être. Les remplaçants de la Section n’ont pas su maintenir la dynamique. Pire, ils ont tous commis une erreur qui a favorisé ce renversement de situation. Une claquette de Rayne Barka qui n’avait qu’à se saisir du ballon, un attentisme rigolo de Tom Taylor qui s’emmêlait les pinceaux en voyant le ballon passer entre ses jambes, la détresse de Nicolas Corato à chaque mêlée, le plaquage à retardement de Dominiko Waqaniburotu après la sirène, l’absence de Samuel Marques pour éviter la dernière touche du match. Autant dire que le banc palois n’a pas pesé. En tout cas, pas favorablement. "Leur banc a eu plus d’impact, par rapport à ce que le nôtre a apporté, a ainsi reconnu le co-manager Frédéric Manca. On s’est senti fébriles sur la fin de match alors qu’il n’y avait pas de raison de l’être. Il fallait garder le cap mais nous n’avons pas su le faire." Même chose du côté de l’entraîneur de la mêlée Thomas Domingo, encore sous le choc : "Leurs remplaçants ont été beaucoup plus dynamiques, plus joueurs, plus agressifs, plus performants. Il ne faut pas se voiler la face. À nous de faire en sorte que nos fins de matchs soient meilleures que celle-là en proposant autre chose et en gardant ce que nous avions fait en première mi-temps."

Un nouveau traumatisme à gérer

Reste à savoir comment les Palois vont pouvoir se remettre d’une telle bérézina, où ils ont encore repoussé un peu plus loin l’absurde alors qu’ils n’ont plus gagné depuis le 9 novembre. L’ancien pilier international pensait notamment au jeune talonneur de la Section qui jouait son premier match de la saison en Top 14 : "Il va accuser le coup, c’est certain. Il va falloir le remobiliser. On va lui faire comprendre qu’il a d’autres choses à montrer, d’autres choses à prouver." D’ailleurs malgré la colère, le président Bernard Pontneau ne voulait incriminer personne en particulier : "Ce serait une grosse bêtise. Au contraire, il faut se resserrer. Quand on pointe du doigt quelqu’un il faut le savoir que vous avez quatre ou cinq doigts pointés vers soi. On ne fait pas ce genre de choses, mais se dire que nous sommes des connards, ça on peut se le dire entre nous." Le dire c’est bien, s’en remettre c’est mieux. Et c’était certainement le plus angoissant au moment de quitter la Corrèze pour Martin Puech : "On est vraiment trop naïfs, trop amateurs sur certaines choses. On fait n’importe quoi sur deux ballons sur lesquels il faut se coucher et ça nous coûte le match en encaissant deux essais complètement ridicules. Il y a une remise en question à avoir entre nous. C’est très difficile mentalement. On va passer deux semaines à repenser à ça, ce qui ne va pas nous aider. Les choses sont claires, on joue le maintien. Il va falloir déjà regagner à la maison et s’accrocher jusqu’au bout." Ce qui n’a pas été le cas à Brive.

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