Bordeaux : le fluide s’est inversé

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    Bordeaux : le fluide s’est inversé Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Les Bordelais auraient pu subir un score bien plus lourd. Pendant 32 minutes en deuxième période, ils ont été surclassés. Pour une fois, les exploits n’étaient pas de leur côté...

Cela n’était plus arrivé depuis le 19 octobre. L’UBB a donc terminé sa série historique sur le terrain du champion de France, rien de très grave en soi. Rien d’illogique non plus, l’UBB a trop souffert en deuxième période pour prétendre à mieux qu’une défaite très sèche. Un second acte comme un long calvaire avec assignation à résidence dans son camp et possession limitée à la portion congrue.

Les Bordelais pourront toujours se raccrocher à des faits de jeu défavorables à des moments charnières. Oui, l’interception assassine de Kolbe sur une passe de Dubié, la cueillette de Cros (sur une interception de passe au pied de Ramos) qui faillit se transformer en contre de 80 mètres (en-avant de Diaby) ont pesé sur le verdict de l’après-midi. Mais on a du mal à croire que ces péripéties négatives auraient changé vraiment la donne. Le trou noir a duré trop longtemps, 32 minutes à notre pointage, entre la mi-temps et l’essai de Pélissié, trop tardif pour inverser la tendance. À vrai dire, le score est finalement flatteur pour l’UBB qui n’a pas laissé le bonus offensif à son adversaire et qui a failli avoir une balle de 21-22 sur une action au long cours qui balaya le terrain aux alentours de la 75e.

Les ressorts d’un match de rugby sont parfois difficiles à rationaliser. Mais on peut estimer que les Bordelais ont subi les exploits individuels des Ramos et Kolbe. Ces derniers temps, c’étaient plutôt ceux des Girondibns qui faisaient basculer les rencontres (Jalibert, Radradra, Cordero ou Ducuing). Radradra a brillé durant les vingt premières minutes, il s’est un peu éteint par la suite. Dans la foulée de leurs maestro, les Toulousains ont donc produit plus d’initiatives et Bordeaux n’a pu que faire de la résistance à l’image d’un plaquage très courageux de Dubié sur Tekori à cinq mètres de sa ligne.. Le bilan des pénalités en fait foi, neuf contre cinq. Le cercle vicieux s’était mis en place.

On pourrait aussi prendre conscience que les absences non désirées des Ducuing, Lamerat, Buros Ravai ont pesé plus lourd que prévu. Cette petite accumulation de pépins semblait bénigne avant la rencontre… Elle démontre que l’effectif bordelais souvent loué pour sa profondeur a aussi ses limites. Ce n’était pas un cadeau que de faire débuter Plazy dans ce contexte par exemple. Après, les inconditionnels de Jamibert pourront toujours penser que le petit ouvreur évoluait à un niveau tellement stratosphérique ces dernières semaines que son absence pour cause de sélection était un handicap en soi.

La sélection de Roumat comme un coup de pommade

Alexandre Roumat est venu s’expliquer le premier dans une atmosphère forcément ambiguë pour lui puisqu’il venait d’apprendre sa convocation chez les Bleus "Oui, aujourd’hui, c’est l’équipe la plus entreprenante qui s’est imposée. Il n’y a eu qu’une équipe sur le terrain, même si on a parfois rivalisé dans les phases de conquête, mais je pense que le score aurait pu être plus lourd pour nous." On l’a senti un peu sonné par la nouvelle qui le concernait personnellement : "Oui, je le confirme, je viens de l’apprendre dans les vestiaires. Je suis très honoré bien sûr. Je ne réalise pas encore car j’étais avec mes camarades quand on me l’a dit sous le coup de ce match perdu, mais oui, c’est très gratifiant." Un fait inattendu qui aura mis un peu de pommade sur la peau des Bordelais en ce début de soirée morose, mais pas dramatique.

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