La cote d’alerte bayonnaise

  • Malgré sa grosse activité, Jean Monribot n’aura pas évité la défaite de l’Aviron.
    Malgré sa grosse activité, Jean Monribot n’aura pas évité la défaite de l’Aviron. Midi Olympique / Pablo Ordas / Midi Olympique
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Encore des points précieux abandonnés, qui plus est face à un concurrent direct au maintien. Bayonne subit le coup le plus dur de la saison. Même si rien n’est encore joué, la situation se tend.

"La course au maintien est enclenchée, c’est clair !" Pour la première fois, Yannick Bru a prononcé ce mot. Il l’avait dit d’ailleurs en début de saison. "On fera le point en janvier." De toute évidence, Bayonne est vraiment dans le dur. Sûrement la plus mauvaise passe, pour l’instant, de la saison : une défaite face au dernier, Agen, après celles face à Pau et le match nul concédé à Brive. Des points précieux et "accessibles" qui s’envolent. L’Aviron s’est battu lui-même. Fautes de mains, sorties lentes, ballons perdus, déficit en touche, pourtant l’un de ses points forts, et deux pénalités manquées. Le constat fait par le manager est sans concession. "Pau et Brive avaient été joués dans des conditions particulières. Ce match-là me laisse beaucoup de regrets. Avec la possession et la maîtrise qu’on a eue en deuxième mi-temps, il est difficile de penser qu’on va le perdre dans les deux dernières minutes. Une sortie de terrain ratée, une touche pas trouvée, une faute sur le ruck d’après et tout s’écroule. On n’est pas surpris d’être le dur, mais, là, on y est, et énormément. On n’est pas dépassé techniquement ni collectivement, ni au niveau du rugby, en revanche, on perd les matchs toujours de très peu dans les dernières minutes. C’est un scénario qui se répète. Quand on répète ces erreurs, il y a quelque chose que l’on ne fait pas bien. Il faut se remettre en question. Il y a une grosse déception et une grosse colère à l’intérieur de chacun que l’on ne peut pas faire exploser face à vous."

Des Bayonnais dans le dur

Colère des Bayonnais envers eux-mêmes. Ils n’ont pas réussi à maîtriser les événements. "Dans les prises de décisions à des moments importants du match, on n’a pas été à la hauteur, relève Peyo Muscarditz. Tous les sentiments qu’on a eu en début de saison, joie, plaisir, confiance, et aujourd’hui en être là… on commence à douter et on se pose des questions. À chaud, la situation nous pèse mais on va voir comment on abordera le retour des vacances. J’espère qu’on trouvera le déclic face à ce genre d’équipe et peut-être à de meilleures face auxquelles on partira avec autant d’ambition et plus décontracté pour un exploit chez nous."

Bayonne voit son champ se rétrécir. Et ne devra pas rester au niveau des intentions. Dos au mur, les joueurs sont prêts à se rebeller. Comme Guillaume Ducat : "On va se vider la tête en vacances. On va bosser comme des malades au retour. On est frustrés et déçus parce qu’on a produit des choses." Comment désormais ne pas basculer dans l’inquiétude ? Ces points perdus sont faits pour être rattrapés. Le discours semble facile. Mais il a le mérite d’exister. Les Bayonnais ont une petite marge de manœuvre qu’il faudra exploiter. Pas de place pour l’abattement. "Il faut monter le niveau d’exigence et considérer chaque match comme le dernier, jouer chaque ballon comme si c’était le dernier. Se dire qu’on est face à nos responsabilités à chaque match à domicile comme à l’extérieur. Continuer à croire en nous malgré tout."

Prochains tests à Montpellier et à domicile face au Stade français.

Edmond Lataillade
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