Le SUA n’est pas mort !

  • Romain Briatte et les Agenais célèbrent une victoire importante en vue du maintien.
    Romain Briatte et les Agenais célèbrent une victoire importante en vue du maintien. Midi Olympique - Pablo Ordas
Publié le , mis à jour

Agen Grâce à un essai de JJ Taulagi, transformé par Léo Berdeu dans les derniers instants du match, Agen l’a emporté à Bayonne. Les sourires sont de retour. L’espoir du maintien plus présent que jamais.

D’un coup de pied, Léo Berdeu redonna le sourire à tout un club. À tout un peuple, même, qui attendait cela depuis trop de temps. Plus de trois mois, pour être précis. Quatre-vingt-dix-neuf jours passés sans victoire, onze défaites consécutives, c’est long, très long. Une éternité. Alors, après le coup de sifflet final, les Agenais ont longtemps savouré avec le public massé dans la tribune nord du stade Jean-Dauger. Certains restèrent sur la pelouse à sauter, les bras en l’air. D’autres, comme Léo Berdeu, Walter Desmaison, Andrés Zafra ou Romain Briatte franchirent la balustrade pour se retrouver au plus près de leurs supporters qui n’hésitèrent pas à clamer "Ici, ici, c’est Armandie !" "Nous avions envie de leur faire plaisir, a souligné Christophe Laussucq après la rencontre. Nous ne sommes pas un groupe de je-m’en-foutiste contents de notre situation. Je suis heureux que les gens qui sont venus ici le soient aussi. Ça fait longtemps que ce n’était pas arrivé. Je vous dis trois fois par semaine que ça va finir par tourner. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Nous n’étions souvent pas loin. Nous étions souvent très déçus et très tristes. Aujourd’hui, il y a enfin un bon dénouement. Pour une fois, ça tourne en notre faveur et je pense qu’on le mérite. Les scénarios comme ça, jusque-là, ils étaient tous en notre défaveur."

Laussucq : "Dès fois, il faut que ça tourne"

Derrière des avants rudes à l’impact, un contre en touche performant, notamment en seconde période à des moments cruciaux, les Lot-et-Garonnais ont su se montrer patients pour l’emporter. Efficace en première mi-temps, acculée pendant de longues minutes dans son camp pendant le second acte, mais jamais réellement distancée au score, la bande à Romain Briatte a bonifié presque chacune de ses incursions dans le camp adverse par des points. "Je sentais que nous avions l’appétit offensif pour marquer, notait Laussucq en conférence de presse. Il y a une grosse occasion en deuxième mi-temps où on ne prend que trois points. Ce n’est pas cher payé. Quand vous avez des temps forts comme ça, il faut marquer. Après, oui, nous avons été réalistes en première mi-temps, mais je ne suis pas sûr que nous ayons été très réalistes. Vous savez, je ne suis pas un professeur rugby qui explique tout. Dès fois, il faut que ça tourne. Jusqu’à maintenant, ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, la dernière transformation, on la met. On a eu peur jusqu’à la quatre-vingtième minute et j’ai eu peur toute la semaine. Mais ce n’est pas fini, nous ne sommes pas sauvés."

Le déclic ?

Passée cette victoire qui permet au SUA de quitter la dernière place du classement (lire en page 6), on est en droit de se demander si ce premier succès loin d’Armandie pourrait servir de déclic aux hommes de Christophe Laussucq, qui rappelait : "Il en fallait un. Ça fait dix fois qu’on nous dit que c’est le match de la dernière chance. Il reste douze rencontres. Il peut s’en passer des choses. J’espère juste que nous avons mangé notre pain noir." Son équipe, treizième après cette journée, affrontera à la reprise le Castres olympique, douzième, avec un point d’avance, avant un déplacement à Brive la semaine suivante. Revigoré par sa première victoire de la saison à l’extérieur, Agen a donc l’occasion, avec ces deux confrontations face à des concurrents au maintien, de sortir de la zone rouge. "Si nous perdions ce match face à Bayonne, même si nous ne sommes qu’à la moitié du championnat, je pense que ça allait être compliqué, reconnaissait Paul Abadie dans les travées de Dauger. Il faut avoir beaucoup de mental et un gros état d’esprit pour pouvoir l’emporter sur ce genre de rencontre, vu la physionomie, le contexte du match, et la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Je pense que nous pouvons nous appuyer sur cette victoire pour pouvoir préparer nos deux prochaines rencontres de la meilleure des manières." Le SUA n’est pas mort, il respire encore.

Pablo Ordas
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