Les effets Galthié

  • Tournoi des 6 Nations 2020 - Fabien Galthié (XV de France)
    Tournoi des 6 Nations 2020 - Fabien Galthié (XV de France) Icon Sport / Icon Sport
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Entre les quelques mois passés au chevet du XV de France en tant qu' « adjoint comme les autres » puis comme sélectionneur, l'ancien demi de mêlée international a chamboulé le projet de jeu et le fonctionnement quotidien du groupe France.

Est-il exagéré de prétendre qu’avant même son premier match en tant que sélectionneur fabien Galthié a d’ores et déjà apposé sa patte sur l’équipe de France ? Vous aurez bien compris que non. À dire vrai, l’influence de l’ancien demi de mêlée international s’est construite en trois temps. D’abord sportivement, en amont de sa nomination officielle, lorsque celui qui était présenté en tant qu’« adjoint comme les autres » par Jacques Brunel a fait rien moins que bousculer le projet de jeu tricolore, en repensant de A à Z sa défense tout en précisant les tâches des uns et des autres quant à la redistribution offensive.

Au niveau des structures, ensuite. Lorsqu’avec la précieuse collaboration de Raphaël Ibanez, Galthié a réussi à faire passer auprès des clubs du Top 14 ses desideratas en matière de libération des joueurs, qui n’étaient évidemment pas gagnés d’avance, mais permettent pour ce Tournoi au XV de France de travailler de manière optimale, à 42 puis à 28, qui plus est au soleil de Nice, loin de la grisaille et de la morosité du CNR en plein mois de janvier... « L’idée, c’est d’avoir à l’entraînement deux collectifs mixtes (avants et trois-quarts mélangés, NDLR) susceptibles de permettre de travailler avec opposition, expliquait Galthié dans Midi Olympique voilà quelques semaines. Quand on parle d’intensité du niveau international, il faut s’y préparer en proposant à l’entraînement des situations encore plus exigeantes physiquement que celles qu’on peut rencontrer sur le terrain. De façon à ce que, dans le feu de l’action, les joueurs soient prêts à y répondre, même dans de zones importantes de fatigue. »

Volonté de pédagogie

Un mode de fonctionnement auquel on peut justement rétorquer que, si les joueurs sélectionnés seront peut-être préparés à l’intensité d’un match international, ils le seront probablement moins au contexte et à la tension d’un match de très haut niveau. Mais c’est justement là le dernier étage de la fusée du projet Fabien Galthié, qui a choisi de partir avec des hommes neufs, épargnés par la dizaine d’années de mauvais résultats du XV de France. Car si l’influence de Galthié ne fut que très relative au moment de la Coupe du monde au Japon (promotion de Charles Ollivon et Cyril Baille qui faisaient à l’origine partie des réservistes, utilisation « modérée » du capitaine Guilhem Guirado), celle-ci a évidemment battu son plein dès lors que lui furent accordés les pleins pouvoirs, avec ce rajeunissement extrême du groupe par l’intégration de nombreux champions du monde U20… Une politique de sélection qui n’est évidemment pas sans conséquence sur la vie au quotidien du groupe France, qui fonctionne certes selon de nouveaux codes, mais se trouve également beaucoup plus cadrée qu’elle ne pouvait l’être ces dernières saisons, en raison de l’influence de certains anciens rompus à d’autres formes de management. Rafraîchissant sur tous les plans ? C’est bien ce qu’il nous fut donné l’occasion d’observer lors de ce stage niçois, où plusieurs entraînements furent ouverts dans leur intégralité, avec une vraie volonté de pédagogie de la part d’un staff désireux de faire comprendre son projet au plus grand nombre par l’intermédiaire des médias. Une mission séduction réussie haut-la-main, donc, mais qui ne saurait trouver des répercussions positives qu’en fonction de l’unique vérité qui existe en sport : la victoire...

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