Attention, sortez couverts !

  • Les Bleus de Teddy Thomas et Anthony Bouthier devront être bien en place en couverture de fond de terrain et le plus attentif possible afin de pouvoir récupérer des ballons et de ne pas être mis à la faute par les Anglais qui seront redoutables. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Les Bleus de Teddy Thomas et Anthony Bouthier devront être bien en place en couverture de fond de terrain et le plus attentif possible afin de pouvoir récupérer des ballons et de ne pas être mis à la faute par les Anglais qui seront redoutables. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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La problématique est toujours la même contre l’Angleterre, que les Bleus ont touché du doigt l’an dernier (44-8). Et consistera à assurer une couverture optimale du fond du terrain, sur les initiatives adverses mais surtout sur les redoutées "transitions " où le XV de la Rose s’avère redoutable.

On n’apprendra rien à ceux qui suivent ou s’intéressent au rugby, en affirmant que c’est du jeu au pied du XV de la Rose que le XV de France devra en premier lieu se méfier, dimanche au Stade de France. Parce que ce secteur hautement stratégique ne constitue en aucun cas pour les Anglais une matière de tuer le rythme d’un match, mais au contraire de l’accélérer, en augmentant de façon considérable le nombre de "mètres parcourus par seconde" pour faire exploser en plein vol le Tricolores, supposés moins préparés à ces rythmes effrénés. C’était du moins le postulat de base d’Eddie Jones et de son staff l’an dernier lors de la débâcle subie par le XV de France à Twickenham (44-8) et il n’y a pas de raison de penser qu’ils en changent, quand bien même les Bleus s’entraînent d’arrache-pied à ne pas subir pareil scénario en redoublant d’intensité lors de leurs entraînements. "Le jeu anglais est très lisible, mais ils le réalisent avec tellement d’intensité que c’est tout de même très dur à soutenir, pointait l’ailier Vincent Rattez. Ce n’est pas pour rien s’ils sont parvenus en finale de la Coupe du monde ! D’abord, ils cherchent à gagner la ligne d’avantage avec leurs avants au milieu du terrain et s’ils n’y arrivent pas, ils n’hésitent pas à utiliser du jeu au pied rasant pour étouffer l’adversaire et le mettre à la faute, ou récupérer le ballon. Même si on est prévenu, lorsqu’ils font bien les choses, c’est très compliqué à défendre… D’abord, il faudra que nos avants soutiennent leur rythme et se déplacent très vite au milieu du terrain. Ensuite, en matière de couverture, il s’agira d’anticiper leurs intentions au maximum. " Au point d’envisager de reculer un joueur supplémentaire dans le troisième rideau, alors que cette couverture est réduite au strict minimum depuis l’arrivée de Galthié au sein du staff ? "Non, jurait Rattez. On a des principes de couverture de fond de terrain depuis la dernière Coupe du monde qui ne bougeront pas de tout le Tournoi, il s’agira juste d’être bien en place et le plus attentif possible. Et surtout de bien remonter les ballons quand on les récupérera, car ils ont des troisième ligne très mobiles et capables de nous mettre à la faute à la moindre erreur. " Confiance étant donc faite aux jambes des Bouthier (qui connaîtra là un sacré baptême du feu…), Thomas, Penaud, Ntamack ou Dupont pour assurer les couvertures, en fonction des zones du terrain.

Prendre les Anglais à l’anglaise ?

Voilà pour la théorie. Reste qu’au-delà des initiatives adverses, c’est surtout sur leurs propres possessions que les Bleus devront se montrer prudents, la méthode anglaise s’avérant surtout terriblement efficace sur les phases dites "de transition ", lorsqu’il s’agit de passer de la défense à l’attaque. "Sur chaque balon de turnover, l’Angleterre essaie d’enfermer son adversaire avec du jeu au pied de pression dans les angles, grâce à des mecs qui vont à 10 000 sur les ailes et excellent dans la chasse des ballons ", rappelait Baptiste Serin. Une observation dont les Bleus avaient évidemment déjà tenu compte lors de la dernière Coupe du monde, avant ce Crunch annulé pour cause de typhon, au point de mettre en place un plan de bataille susceptible d’être ressorti cette semaine. "Le contexte n’est pas le même mais ça reste la même équipe, avec les mêmes joueurs et les mêmes spécificités. Du coup, la préparation du match est à peu près la même, souriait Romain Ntamack. Savoir comment ils jouent ne suffira évidemment pas à les battre, mais au moins, on a une idée assez précise de ce qu’il faut faire." À savoir, éviter de s’exposer à d’éventuels ballons de turnover en ne tombant pas dans le "sur-jeu ". Quitte à (sur) prendre le XV de la Rose à son propre piège, en usant et abusant de coups de pied rasants dans le dos de leurs ailiers pour le soumettre à la pression de Teddy Thomas et Damian Penaud, qui ont également des qualités de chasseurs à faire valoir ? Cela semble l’idée, en tout cas…

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