Nevers : l’heure hache

  • Les Neversois de Rudy Derrieux veulent confirmer face aux Grenoblois leurs bonnes performances des dernières semaines.
    Les Neversois de Rudy Derrieux veulent confirmer face aux Grenoblois leurs bonnes performances des dernières semaines. Midi Olympique / Stéphanie Biscaye / Midi Olympique
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Face au leader grenoblois qui l’avait corrigée en octobre, l’USO Nevers Rugby se prépare sans complexes ni inhibition à un match étalon de ses forces et de ses ambitions.

Vendredi dernier, quelques minutes après la victoire bonifiée (43-13) sur Provence Rugby, le deuxième ligne Thomas Ceyte, le demi de mêlée Joris Cazenave et le manager Xavier Péméja avaient déjà la tête tournée vers le match suivant : la réception de Grenoble, impressionnant leader lancé vers la remontée en Top 14. Ne surtout pas s’enflammer, garder les pieds sur terre, tels étaient les mots clés de commentaires à chaud qui ne sentaient pas la distribution d’éléments de langage. Et pour cause : les Neversois sont particulièrement bien placés pour savoir ce qu’il en coûte d’affronter la phalange alpine sans être au summum de sa concentration. À l’aller, en octobre, ils avaient payé au prix fort les failles de leur état d’esprit et de leur défense : 46-21, six essais encaissés en paquets de deux, au début de chaque mi-temps et, pire encore, dans les dernières minutes, alors même que les Grenoblois évoluaient à 14 et qu’un bonus défensif était envisageable. "Ce match, ce non-match, on l’a dans un coin de notre tête, souffle le centre Rudy Derrieux. On veut remporter une grosse victoire contre Grenoble, pour montrer que Nevers est de retour. On a savouré le match face à Provence Rugby, mais, dès samedi, on a commencé à regarder les vidéos du FCG." Nul doute que Stéphane Glas, son staff et ses joueurs auront eux aussi décortiqué les prestations neversoises, qui n’ont plus grand-chose de commun avec le brouet servi au Stade des Alpes.

Prise de conscience

Depuis ce dimanche d’octobre, l’Uson s’est en effet spectaculairement ressaisie. Comme si l’ampleur de la défaite, ajoutée à celle tout aussi cuisante subie à Oyonnax lors de la 2e journée, avait provoqué une décisive prise de conscience. Quatorzièmes avec 12 points (et un match en retard face à Béziers) en repartant de la préfecture iséroise, Hugues Bastide et ses coéquipiers sont aujourd’hui cinquièmes avec 47 points. Huit victoires et trois défaites dessinent un tableau de marche calqué sur celui du leader, avec 31 points empochés - si l’on enlève la victoire acquise face aux Biterrois. "On a montré qu’on avait une force de caractère intéressante, apprécie Rudy Derrieux. Et on sait d’où on vient." Repartis sur de bonnes bases en 2020, avec deux succès bonifiés en trois matchs, les Neversois récupèrent à point une justesse offensive qui leur faisait défaut avant la trêve : "On se trouve davantage, on applique mieux notre système de jeu, et ça nous sourit."

Le débarquement de l’équipe la plus solide à l’extérieur dans un Pré-Fleuri qui court après son lustre de forteresse hermétique (deux claques assénées par Soyaux-Angoulême et Colomiers) ne fait pas trembler le trois-quarts centre : "Si on veut recoller aux quatre premières places, on n’a plus le droit à l’erreur." Remontés à bord du train des qualifiables, les Neversois regardent désormais vers la première classe, celle des barrages à domicile, dont elle avait été éjectée, en fin de saison dernière, après avoir occupé pendant quelques semaines le fauteuil de leader : "C’est vrai qu’Oyonnax est à dix points devant nous, mais le championnat est encore long ; il reste douze journées et tout peut se passer."

Sébastien Chabard
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