Pays de Galles : un si lourd héritage

  • Wayne Pivac, ici entre Aaron Shingler et Jake Ball, a donc pris les commandes du pays de Galles et a la lourde tâche de succéder à Warren Gatland.
    Wayne Pivac, ici entre Aaron Shingler et Jake Ball, a donc pris les commandes du pays de Galles et a la lourde tâche de succéder à Warren Gatland. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

Le nouveau sélectionneur du pays de Galles Wayne Pivac va faire sa grande première aux commandes du XV du Poireau, prenant ainsi la succession de l’emblématique Warren Gatland.

Douze ans. Douze longues années. Telle fut la durée du règne du Néo-Zélandais Warren Gatland sur le pays de Galles. Autant dire une éternité, à l’échelle d’une sélection nationale où rares sont ceux qui parviennent à enchaîner deux mandats, comme Graham Henry, Bernard Laporte ou Steve Hansen. Gatland, lui, en a fait trois de 2007 à 2019. Gatland, c’est donc trois Coupes du monde, mais surtout quatre victoires dans le Tournoi (2008, 2012, 2013 et 2019) dont trois grands chelems (2008, 2012, 2019). Autant dire que l’ancien talonneur des Chiefs, aujourd’hui manager de son ancienne franchise à Hamilton, mériterait sa statue dans Cardiff.

Un héritage qui pourrait toutefois s’avérer lourd à porter pour son successeur, Wayne Pivac, et duquel il faudra forcément faire le deuil. C’est en tout cas ce que concédait en substance l’emblématique capitaine du XV du Poireau, Alun-Wyn Jones : "Nous allons emprunter une route semée d’embûches et l’on ne peut pas se voiler la face par rapport à cela. Il y a eu beaucoup de changements depuis le départ de "Gats" et, dans un sens, nous devons couper les liens avec cette époque. Si l’on continue à regarder par-dessus notre épaule, on va se ralentir nous-mêmes. Si l’on veut évoluer, il faudra alors accepter de changer des choses et de nous adapter pour continuer à avancer. Quand on me demande ce qui me motive et me tire vers l’avant, je me remémore la raison pour laquelle j’ai commencé à jouer au rugby : j’avais juste envie de jouer et je voulais le faire pour mon pays."

A.-W. Jones : "C’est Wayne’s World maintenant !"

Le géant semble avoir fait le deuil de celui que l’on peut considérer son père spirituel, et se dit aujourd’hui prêt à entrer dans le monde de Wayne Pivac : "C’est Wayne’s World maintenant, et j’ai hâte de voir à quoi ce monde ressemble", plaisantait l’emblématique capitaine en faisant référence à Wayne’s World de Mike Myers, film culte des années 90. Et on comprend Jones. Car de ce que l’on sait, le monde de Wayne Pivac est excitant sur le plan du rugby. L’ancien flic d’Auckland a posé ses valises au pays de Galles en 2014 pour prendre les commandes des Scarlets. Sous sa conduite, les joueurs de Llanelli ont retrouvé des couleurs : ils ont remporté la Ligue celte en 2017, accédé à la finale l’année d’après, et se sont surtout hissés jusqu’en demi-finale de Coupe d’Europe, chose qui n’était encore jamais arrivée.

À le croire, les méthodes acquises à l’école de police lui servent encore aujourd’hui : "Le fait de lire le langage corporel de gens qui ne veulent pas forcément vous parler et une habileté en soi, comme le fait de faire passer des messages et de relativiser l’importance de ceux-ci. Quand vous vous êtes un jour assis à une table pour dire à une personne que l’être qu’elle aimait le plus au monde a disparu dans un accident, je peux vous assurer qu’après cela il est facile de dire à un joueur qu’il n’est pas sélectionné." On a aussi hâte de voir quelle touche il apportera au jeu gallois, pour qui la défense était la meilleure attaque lors du dernier Mondial. Lors de son passage aux Scarlets, il a toujours encouragé ses joueurs à prendre des initiatives, à porter le ballon et à pratiquer un jeu ambitieux. Y parviendra-t-il avec le XV du Poireau ? "Tout le monde a eu ses instructions, et j’ai eu une excellente réaction en retour. Je ressens une bonne vibration dans le groupe", a déclaré Pivac. On a hâte de voir ça…

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir