• Pour sa première comme capitaine, le centre des Brumbies Irae Simone a mené les siens vers le succès.
    Pour sa première comme capitaine, le centre des Brumbies Irae Simone a mené les siens vers le succès. DR / DR
Publié le / Modifié le
Super Rugby

Brumbies - Reds sous la canicule

Pour la première fois, on a joué au rugby en janvier en Australie. Sous un soleil de plomb, les joueurs de Canberra ont fini par s’imposer contre les Queensland Reds 27-24, via leur science des mauls.

Au-delà du rugby et de l’opposition entre Brumbies et Reds, ce sont les conditions de jeu qui ont été le principal point de convergence des conversations et des polémiques. Pour la première fois dans l’histoire du Super Rugby, et du rugby australien, on a joué un match de rugby professionnel (XIII ou XV) en janvier. Pour des raisons de rationalisation du calendrier du rugby mondial, avec les tests de juin reportés à juillet, il a fallu que le Super Rugby débute quinze jours plus tôt. Le problème est que, en janvier, les conditions météorologiques ne se prêtent pas du tout à la pratique de haut niveau dans l’hémisphère Sud. Il faisait en effet 41°C au coup d’envoi du match à Canberra (à 19 h 30 locales), température qui descendit à 38°C en deuxième période.

Quand, de plus, l’entraîneur des Reds, Brad Thorn, refusa la mise en application des pauses de rafraîchissement toutes les vingt minutes, on comprit que ce ne serait pas une partie de plaisir pour les joueurs. Ajoutez à ceci le fait que la ville de Canberra était en état d’urgence à cause des feux de brousse qui font rage dans la région, on se demande si la santé des joueurs importe vraiment les instances dirigeantes, prêtes à mettre en place des superviseurs de techniques de plaquage mais préférant ignorer les conditions estivales dans l’île-Continent.

Les Reds contraints de défendre

Il est donc miraculeux que nous ayons pu assister à un match de rugby dans ces conditions et qu’aucun joueur n’eut à souffrir des effets de la chaleur ou de la fumée. Et match, il y eut ! Ce sont les Brumbies qui furent les plus rapides à se mettre en route, alternant bien le jeu et décidant de se passer deux coups de pied de pénalité pour mettre en place leur fameux maul après touche. C’est sur une telle phase que les Brumbies ouvrirent le score, avec un recyclage rapide du ballon et une passe courte du nouveau capitaine pour Simone. On voyait alors des Reds totalement dépassés par le rythme. Mais, petit à petit, leur machine se mit en marche, sous la houlette de la troisième ligne Wright, Scott-Young et Wilson. Les transformations du jeu étaient propres, rapides et ce ne fut pas une surprise de voir Speight égaliser puis les Reds prendre l’avantage sur une pénalité puis un essai de Hegarty. 17 à 7 à la pause, les Reds ne pouvaient en demander plus.

Malheureusement pour eux, la deuxième mi-temps prit une tout autre tournure. Les Brumbies mettaient la main sur le ballon et les Reds ne pouvaient que courir et défendre. Ils inscrivaient vingt points de rang, dont un de ces fameux mauls après touche qui envoyait Folau Fainga’a à l’essai. Banks, pourtant victime de crampes quelques minutes avant, transperçait la défense des Reds pour une superbe réalisation en forme d’exploit individuel. L’ouvreur Lolesio gagnait en confiance et la paire Valetini-Samu donnait le mouvement. Dans un dernier sursaut d’honneur, les Reds marquaient l’essai de l’espoir après une pénétration de James O’Connor et une charge finale de Harry Wilson (76e). Mais les Reds allaient échouer de trois petits points (27-24). "Une victoire peu glorieuse mais cette victoire nous lance bien dans la compétition. Nous avons mieux contrôlé le ballon en deuxième mi-temps", analysait le capitaine Allan Ala’alatoa.

Jacques Broquet
Voir les commentaires
Réagir