• Israel Folau est devenu persona non grata dans son pays. Pourra t-il se relancer en France ? Les Dragons tentent le pari.
    Israel Folau est devenu persona non grata dans son pays. Pourra t-il se relancer en France ? Les Dragons tentent le pari. Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport
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Rugby à XIII

Folau en quête de rachat

Joueur exceptionnel mais personnage sulfureux, Israel Folau a émis le vœu d’un nouveau départ, en même temps qu’il signait aux Dragons catalans. Persona non grata en Australie et en Angleterre, pour ses propos récurrents à caractère homophobe, il espère trouver en Catalogne cette nouvelle chance. Que la communauté treiziste française semble prête à lui accorder, plus focalisée sur le joueur que regardante sur l’homme.

Mardi dernier en officialisant sa venue pour un an, au sein des Dragons catalans, Israel Folau est revenu dans une discipline qui l’a révélé au grand public. Son talent n’a pas attendu le nombre des années. La vie treiziste d’Israel Folau, c’est l’itinéraire d’un joueur doué, qui effectue son premier match en NRL à l’âge de 17 ans, sous le maillot des Stormers de Melbourne. À 18 ans et six mois, il est le plus jeune international australien de l’histoire. Il brûle les étapes en collectionnant les titularisations au sein de la compétition nationale la plus relevée de la planète. À 18 printemps, il s’adjuge le premier de ses trois "State of Origin". La Coupe du monde 2008 en Australie, révèle un peu plus ce centre hors norme qui fait successivement des misères aux défenses de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande et les Fidji. La finale de cette édition 2008 sera le principal rendez-vous manqué de sa carrière treiziste. Le 22 novembre au Suncorp de Brisbane, l’Australie cède le titre à la Nouvelle-Zélande, 20 à 34. Douze ans après, le surdoué est devenu le "bad boy" dans les deux disciplines, en raison de propos récurrents à caractère homophobe. Il est interdit de pratique dans son propre pays. L’Angleterre est critique à son égard. Et en France, où il vient justement de signer en faveur des Dragons catalans ?

Zalduendo : "Il veut faire amende honorable"

Les propos à son égard sont moins véhéments. Même si les joueurs de la communauté australienne du Toulouse olympique, contactés, n’ont pas souhaité commenter sa venue. Ancien président de la Fédération et du Toulouse olympique, ex international, Carlos Zalduendo connait bien Israel Folau pour l’avoir vu évoluer très jeune au sein des Schoolboys australiens (la sélection nationale des juniors australiens). "Pour l’avoir vu jouer à plusieurs reprises, Israel fait partie pour moi des grands joueurs de l’histoire de la discipline. L’homme est compliqué, d’accord. Je crois comprendre qu’il veut se racheter. Il veut faire amende honorable. À mon sens, il a droit à une autre chance. Le rugby à XIII ne peut pas se passer d’un tel joueur. Il veut rebondir au sein des Dragons catalans et pour l’image du rugby à XIII français, sa venue est positive." Une opinion que partage également le Saint-Gaudinois Gilles Dumas, ancien sélectionneur et capitaine de l’équipe de France. "Posséder un joueur de la trempe d’Israel Folau dans une équipe, c’est une valeur ajoutée. Pour les Catalans, c’est une bonne pioche. Il doit normalement tirer l’équipe vers le haut."

À Carcassonne, la signature d’Israel Folau a alimenté les débats même au sein de l’USC. Christian Labit, passé par l’école de rugby lézignanaise, juge très positive l’arrivée du centre australien. "Déjà, je rends hommage à Bernard Guasch. S’il a fait signer un tel joueur, il sait qu’il ne peut que lui apporter du positif. À mon avis quand Israel jouera à Gilbert-Brutus, il remplira le stade. Pour le rugby à XIII français, sa venue ne peut que redorer son blason."

Après la triste prestation des Dragons face à Huddersfield, sa venue sera un bien fait sportif. Reste la question de fond, et de l’image qu’il emmène avec lui sous le maillot catalan.

Didier Navarre
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