• Les Nazairiens sont dans l’avancée et le cocapitaine Thomas Merlin est sur le front.
    Les Nazairiens sont dans l’avancée et le cocapitaine Thomas Merlin est sur le front. DR / DR
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Fédérale 3

La page n’est plus blanche pour Saint-Nazaire

Le rugby nazairien aurait disparu si une poignée de fidèles n’avaientrelevé un colossal défi. Mission accomplie.

Il n’y a pas si longtemps, le rugby nazairien faisait en Fédérale 1 des rêves éveillés de pro D2. Les espoirs qui paraissaient légitimes se sont effondrés dans le fracas d’une gestion calamiteuse des affaires. Le Stade Nazairien en est mort. Et nous en serions toujours là si, le 24 novembre 2016, des hommes habités par l’amour de leur club n’avaient ressuscité le rugby local sous une forme nouvelle. Nom de baptême de la nouvelle entité : Saint-Nazaire Ovalie. Excepté le décor, tout est nouveau ou presque et les fondateurs ont été soumis par la FFR a une rude contrainte. Relancé en Honneur, le SNO avait obligation d’accéder à la Fédérale 3 l’année suivante. Le délicat challenge a été réussi et la génération Bélascain vice-championne de France a été à la base de la reconquête, guidée par quelques éléments refusant le douloureux échec. Parmi eux, l’emblématique ouvreur Yann Dorbeaux. Depuis deux saisons, le SNO vit sa vie en F3 et nous imaginions que son désir serait grand de refaire le terrain perdu. Ex-demi de mêlée aujourd’hui manager, Johan Fornier révèle une autre vision des choses : "Nous ne sommes pas restés sur cette logique de revanche et nous sommes partis d’une page blanche. Nous voulions monter en Fédérale 3 pour pouvoir labelliser notre centre d’entraînement au sein duquel trois filles ont été intégrées. Nous avons su faire confiance à nos joueurs dont la moyenne d’âge se situe à 22 ans. 80 % sont issus de notre formation." L’une des principales satisfactions des encadrants réside dans le fait que les jeunes intégrés ont pleinement pris leur place. "Ils progressent à vitesse grand V", appuie Fornier qui, par contre, ne cache pas la principale problématique : "Les sollicitations des clubs de niveau Fédérale 1, Pro D2 et même Top 14 sont très fortes. Beaucoup sont partis et cela nous a conduits à reconstruire un nouveau groupe."

Redorer le blason

Cette mission d’utilité publique, le staff des seniors composé de Stéphane Pierre, Teddy Veuillet, Romuald Ney, Régis Casset et Jean-Charles Courhes l’a remplie avec talent et compétence. Le choix du mode de fonctionnement pourrait même surprendre : "Nous avons voulu conserver la possibilité pour les seniors de s’entraîner 7 fois par semaine sans aucune rémunération. Tous travaillent ou étudient. On leur offre la possibilité de progresser grâce à notre belle structure. Leur niveau doit leur permettre de se qualifier et d’atteindre la Fédérale 2. C’est l’objectif car c’est leur niveau et c’est là qu’ils se feront plaisir." Cela dit, le club ne montre aucune impatience, mais les jeunes joueurs ont hérité pour beaucoup de leur culture des phases finales une âme de compétiteurs. Ils sont aussi portés par l’engouement visible autour du SNO et de ses 450 licenciés. Romain Gressier-Monard a été le manager de l’équipe en Elite amateur, il est aujourd’hui le président d’un SNO qui s’est ouvert de très bonnes perspectives : "Nos relations avec la municipalité sont excellentes, elle est très présente, d’ailleurs nous avons le projet de recevoir une nation pour la Coupe du monde 2023. Nous voulons stabiliser le fonctionnement et mettre en place une politique qui dure sur la base de quatre salariés et d’un modeste budget de 230 000 €." Trois ans d’existence c’est très peu mais en termes de structuration et de développement, la dynamique qui a été impulsée est prometteuse. Les capitaines Thomas Merlin et Thomas Letexier et leurs coéquipiers ne voudront pas gâcher l’occasion qui leur est offerte de redorer le blason du rugby nazairien.

Gérard Piffeteau
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