• Mathieu Belie (Nevers)
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Pro D2

Nevers en mode mammouths

Grâce à la performance titanesque de son pack et une défense farouche, l’Uson a vaincu le leader grenoblois avec la manière pour conforter sa place dans les six premiers.

À la 80e minute, la septième pénalité récoltée par la mêlée neversoise éponge la sueur au front d’un Pré-Fleuri bouillonnant de bonheur. Le risque de voir les Grenoblois, remontés de 3-18 à 24-18, planter une ultime flèche assassine dans les flancs jaunes et bleus s’envole dans une bourrasque de clameurs. Zack Henry passe sa cinquième pénalité de l’après-midi, celle qui donne un peu plus d’ampleur à un succès (27-18) que ses coéquipiers et lui sont allés chercher avec une rage froide, une fureur maîtrisée.

Inarrêtables une semaine plus tôt face à Provence Rugby, les avants de l’Uson ont haussé le curseur pour clouer au sol la fusée iséroise. Les minutes inaugurales sont éloquentes : première mêlée, première pénalité, pénaltouche récupérée par l’albatros irlandais Frank Bradshaw, et groupé pénétrant conclu dans l’en-but isérois par le talonneur Hikawera Elliot, encore épatant hier après-midi. "Franchement, c’est un plaisir de jouer avec des mecs de devant aussi conquérants. C’est grâce à eux qu’on gagne parce qu’ils ont fait le plus gros du boulot", rayonne le demi de mêlée Joris Cazenave, cornac inspiré dont l’essai de furet sur une pénalité jouée à la main a confirmé à la 20e minute la domination des siens. Impérial dans les airs, Frank Bradshaw retouche terre à l’heure d’analyser une performance encore ombrée de défaut : "On a encore des choses à travailler. Parfois, on a été trop impatients. On s’est peut-être endormis un peu en deuxième période, mais on a bien réagi. On n’a pas fait un match parfait, il faudra être encore plus forts si on veut gagner à Colomiers, qui est monstrueux en ce moment."

Un pack de qualité

En gardant sur ce début 2020 le même tempo que sur le bloc de novembre-décembre, en écartant avec style un leader grenoblois qui l’avait châtiée à l’aller, l’Uson conforte le sentiment général d’une équipe qui s’est endurcie dans les traumas des premiers mois. "Le collectif a pris conscience de sa valeur, souligne Joris Cazenave. Maintenant, il va falloir confirmer."

Forcément ravi de la démonstration du pack, l’entraîneur des avants Sébastien Fouassier insiste surtout sur "l’état d’esprit" manifesté durant le match : "De l’humilité, du respect de l’adversaire. On ne se déconcentre pas, et on reste sérieux jusqu’au bout." La marque d’un collectif qui sait aussi garder son niveau de performance, quelle que soit sa configuration. Ainsi en première ligne, où les piliers Mataradze et Kaikatsishvili ont fait souffrir la mêlée grenobloise avec la même efficacité que Curie et Philippart huit jours plus tôt face aux Aixois : "L’objectif, c’est de réussir à retirer un ou deux joueurs et garder la même qualité. On veut compter sur tout le monde." Il le faudra pour maintenir le cap sur les phases finales.

Sébastien Chabard
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