Première pierre

  • Il peut célébrer. Pour sa première sous les couleurs du XV de France, Anthony Bouthier a livré un match plein. Ciblé par les chandelles anglaises, le Montpelliérain a répondu présent et à mis son vis à vis George Furbank sous l’éteignoir.
    Il peut célébrer. Pour sa première sous les couleurs du XV de France, Anthony Bouthier a livré un match plein. Ciblé par les chandelles anglaises, le Montpelliérain a répondu présent et à mis son vis à vis George Furbank sous l’éteignoir. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Qui d’autre que Jean-Noël Spitzer pouvait juger de la qualité de la première sélection d’Anthony Bouthier ? L’ancien maçon, qui a passé cinq ans à Vannes sous les ordres du manager breton, était attendu. Pour son ancien coach, l’arrière des Bleus a su construire son match.

La veille de la rencontre, Jean-Noël Spitzer avait prévenu : "J’aurais du mal à être totalement objectif." Et pour cause. Anthony Bouthier en équipe de France, il y est un peu pour quelque chose, le manager du RC Vannes. Ce dernier se souvient encore de ce dimanche-là où, pour la première fois, il a vu jouer le futur arrière des Bleus. "Au retour d’un match à Saint-Jean-de-Luz, je m’étais arrêté voir les espoirs de Dax car on m’avait dit qu’il y avait un bon ouvreur." Ce jour-là, Anthony Bouthier ne tape pas franchement dans l’œil du Breton. "Mais nous l’avons quand même fait signer et je ne l’ai jamais regretté, souffle Spitzer. Les deux premières années en Fédérale 1, c’était un bon arrière. Mais dès sa première année en Pro D2, j’ai senti qu’il irait plus haut."

Dimanche, le Finistérien a quitté son fief pour suivre au plus près les débuts de son ancien joueur sous le maillot bleu. Excité et serein à la fois. "Je ne fais aucun souci pour lui, confiait-il sous la pluie avant le début de la rencontre. Les Anglais vont le tester énormément sur des ballons hauts et comme ils savent que c’est un contre-attaquant, ils vont essayer de le contraindre à des relances suicidaires." Et d’ajouter : "Son défaut, c’est de vouloir parfois tenter le coup gagnant, de manquer de patience." Spitzer a vu juste. Le match n’avait pas débuté depuis une minute que George Ford balançait une immense chandelle pour jauger le Montpelliérain. Une première intervention impeccable qui en appellera plusieurs autres. À deux reprises seulement, il échouera dans cet exercice du duel aérien (30e et 75e). Deux ballons ratés, aucune conséquence. "Globalement, il s’est montré très propre, a jugé Spitzer à l’issue du match. La communication dans la couverture du fond de terrain a été très bonne entre Anthony et Rattez, un peu moins avec Teddy Thomas. Avec Rattez, qui a l’habitude de jouer à l’arrière, ils ont eu des codes non verbaux pour bien se placer. C’était très efficace."

En revanche, le manager du RCV, qui craignait la relance de trop, n’a pas été déçu. L’ancien maçon n’a pas pris de risque inconsidéré. "Une seule fois, il a tenté une relance qui ne s’imposait peut-être pas (à la 50e, N.D.L.R.) ", note son ancien entraîneur. Sans conséquence. En revanche, Spitzer souligne encore combien Anthony Bouthier est capable du meilleur. "Pour moi, son coup de pied de 80 mètres (27e) alors que l’équipe de France est dans un temps faible, qu’il récupère un ballon un peu merdique après un turnover, c’est un des gestes du match." L’autre situation à l’avantage de l’ancien Vannetais, c’est l’intelligence dont il a fait preuve sur un nouveau coup de pied anglais (59e). Au lieu de se précipiter pour réceptionner le ballon, il a choisi de le laisser rebondir et filer jusque dans les panneaux publicitaires pour récupérer une mêlée juste devant les 22 mètres anglais. Bien joué.

Objectif, Jean-Noël Spitzer l’a finalement été. Spontanément, il a tout de même souligné le comportement de Bouthier sur le premier essai de Jonny May (57e). "J’ai le sentiment à vitesse réelle qu’il ferme un peu vite, mais globalement il n’a jamais été pris à défaut." Et de conclure : "Même s’il a peu été sollicité en attaque, il a vraiment rendu une copie très propre sur ce qu’il avait à faire."

Arnaud BEURDELEY
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