• Peato MAUVAKA, lors de la rencontre France-Angleterre.
    Peato MAUVAKA, lors de la rencontre France-Angleterre. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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XV de France

Le chantier des « défensives »

En difficulté sur les lancers qu’elle a eu à négocier près de sa ligne d’en-but, la conquête aérienne tricolore devra régler une multitude de petits détails. Car si la qualité de certains lancers a évidemment laissé à désirer, les Bleus ont tout autant manqué de lucidité et de simplicité…

C’est peu dire que la conquête tricolore fut le principal point négatif dans la belle victoire acquise par le XV de France contre l’Angleterre. Parce que la mêlée d’abord, subit beaucoup en deuxième mi-temps après la sortie de l’axe droit titulaire Haouas-Willemse, et que seules les fulgurances d’un duo Alldritt-Dupont en feu derrière cet édifice vacillant évita de plus amples conséquences. Mais surtout parce que l’alignement en touche laissa à désirer, de manière plus inquiétante puisque constante, les Bleus terminant même le match dans ce secteur comme ils l’avaient entamé, par une perte de balle dans leurs propres 22 mètres. Pourquoi ? On va justement chercher à y voir plus clair…

Le point positif : une défense des portés efficace

Et tout d’abord, il conviendra de noter que tout ne fut pas à jeter dans la prestation de la touche tricolore. D’abord, sur lancers anglais, on signalera que les Bleus ont très bien su contrer l’arme favorite des touches à 4 du XV de la Rose (au point de les contraindre à un faible 1/4, avec notamment un bon contre de Cros sur Itoje) et surtout leurs ballons portés (secteur où les Anglais avaient inscrit 6 essais et se targuaient d’un 95% de réussite durant la dernière Coupe du monde),qui a vu les Bleus se sont montrés remarquablement organisés pour déstructurer les initiatives anglaises, au point de ne concéder aucune pénalité ! Tout sauf anodin, puisqu’il s’agissait d’un des principaux points faibles du XV de France pendant la dernière Coupe du monde…

Par ailleurs, les Bleus se sont montrés plutôt efficaces sur leurs touches "offensives", dans le camp anglais, avec un joli 7/8. Mieux, ces prises de balle ont rapporté indirectement pas moins de 17 points, à savoir l’essai de Rattez et le deuxième d’Ollivon, ainsi qu’une pénalité de Ntamack ! Les rares petites approximations des Bleus se retournant même en leur faveur, une mésentente entre Ollivon et Cros débouchant finalement en essai de la gagne après une improvisation de Dupont dans le fermé…

Trois fautes de lancer en zone critique

Ces points positifs posés, on peut ensuite passer au négatif. Le constat ? Il est qu’à l’inverse des touches offensives, les "défensives" des Bleus se sont avérées d’une grande faiblesse, avec un piteux 3/7. Pire ? Sur les touches raccourcies, à trois ou à quatre joueurs, situées dans leurs propres 22 mètres, les Tricolores ont réalisé un terrible 0/3. Un constat qui doit en premier lieu à des mauvais lancers puisque sur ces trois situations, les bras de Marchand et Mauvaka ont clairement tremblé, lobant leur sauteur qui était pourtant démarqué. Mauvaise gestion du stress dans un contexte sulfureux ? Certainement en grande partie…

Trop "scolaires", ces Bleus ?

Toutefois, pour ce qui est des autres touches (notamment des alignements en 6+1, réalisés au-delà des 22 mètres), on ne saurait incriminer les seuls lanceurs. Mais bien des problèmes d’annonce où les Bleus ont semble-t-il manqué de simplicité, en refusant de viser en première intention le premier bloc (celui de François Cros) qui était systématiquement laissé libre par les Anglais. Les principaux griefs que l’on pourra adresser aux Bleus étant de s’être trompés dans leurs annonces (un rôle dévolu au capitaine Charles Ollivon, à qui on ne peut décemment demander de tout faire à la perfection), et surtout de s’être montrés un peu trop "scolaires" en voulant réciter coûte que coûte leurs combinaisons plutôt que d’aller au plus simple, ou de passer par un ou deux mouvements supplémentaires en plusieurs occasions. Rien qui ne puisse pas se travailler et être corrigé rapidement, heureusement… Et c’est bien pour cela que dimanche face à l’Italie, la réponse des hommes de Karim Ghezal constituera un des principaux centres d’intérêt de la partie. Car, en cas de nouvelle contre-performance, la question de doter l’alignement français d’un sauteur supplémentaire (notamment en deuxième ligne) pourrait se poser…

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