• Omniprésent dans le combat (quinze plaquages réussis, 88 % de réussite) mais aussi dans le jeu offensif des Bleus, notamment une percée pleine d’à-propos en première période, Paul Willemse a réussi un match plein.
    Omniprésent dans le combat (quinze plaquages réussis, 88 % de réussite) mais aussi dans le jeu offensif des Bleus, notamment une percée pleine d’à-propos en première période, Paul Willemse a réussi un match plein. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Tournoi des 6 Nations

La réponse de Willemse

Après la retraite "surprise" de Sébastien Vahaamahina, les interrogations s’étaient faites nombreuses sur le nom de son éventuel successeur. En deux matchs, le Montpelliérain, Paul Willemse, a apporté une belle réponse.

Le sujet a longuement agité le staff de l’équipe de France dès sa prise de fonction. Peut-être même dès ce 21 octobre où un véritable coup de tonnerre s’est abattu sur le XV de France. Au lendemain de l’élimination en quarts de finale de la Coupe du monde, quelques minutes avant de monter dans l’avion pour rentrer en France, le deuxième ligne Sébastien Vahaamahina annonçait dans sur Rugbyrama sa retraite internationale. Sans cette décision brutale, le Clermontois aurait été, à seulement 28 ans, un des hommes de bases du système Galthié. Au poste de deuxième ligne droitier, il était déjà un titulaire quasi exclusif depuis début 2017 (24 titularisations au poste ces trois dernières années). Son profil physique (2,03 m pour 125 kg), rare en France, conjugué à une capacité de déplacement immense, plaidait en sa faveur. Las, Galthié a pris acte. Et fait, contre mauvaise fortune bon cœur.

Quelle percée !

Avant le début du Tournoi, les interrogations se sont donc multipliées. Qui pour succéder à "Vahaa" ? Et avec quelles garanties ? Finalement, Galthié et son staff ont tranché. Paul Willemse a été intronisé. À 26 ans, le Montpelliérain est apparu comme le successeur logique. Il est un pur numéro 5, massif et puissant dans le combat ou l’exercice de la mêlée fermée. Et avait déjà connu le fonctionnement de l’équipe de France puisqu’il était de la préparation du Mondial avant de déclarer forfait sur blessure. Sauf que ses cinq apparitions en bleu n’avaient pas franchement convaincu. Tant s’en faut.

Dimanche, au soir de ce deuxième match remporté face à l’Italie, Fabien Galthié a sans doute été rassuré sur la capacité de Willemse à se fondre dans un système de jeu très exigeant physiquement. Déjà auteur d’une performance jugée correcte face à l’Angleterre, répondant notamment au combat proposé par le XV de la Rose, le natif de Pretoria est apparu encore très à son aise face à l’Italie. "Il a été impressionnant, juge l’ancien deuxième ligne international Jérôme Thion (54 sélections). Il est dans la droite lignée de ce que pouvait faire Vahaamahina. Il a eu beaucoup d’activité tout en assurant son boulot dans les zones de ruck et en mêlée fermée." Avec quinze plaquages, il figure aussi juste derrière Bernard Le Roux (17) dans le secteur de la défense, quand ce dernier a joué quasiment une demi-heure de plus. En attaque, il s’est montré précieux. Un exemple ? Servi par Charles Ollivon au milieu de terrain, il a littéralement renversé son vis-à-vis Nicolo Cannone avant de jouer une passe après contact pour Antoine Dupont. Deux défenseurs éliminés sur une même action, ça vous place la qualité d’un deuxième ligne. Surtout quand l’action suivante amène l’essai de Grégory Alldritt (39e).

Neuf kilos en moins

En quarante-trois minutes de jeu, Paul Willemse a affiché une activité qu’on ne lui soupçonnait pas. "Après la dernière préparation physique avec les Bleus et la dernière saison en Top 14, j’ai vu qu’il n’y avait pas beaucoup de deuxième ligne à plus de 130 kg, déclarait l’intéressé avant la rencontre dans le quotidien L’Equipe. Pour moi et mon futur avec le XV de France, il fallait que je fasse tomber mon poids. Pour mes premières sélections, il y a un an, je pesais 135 kg." Un atout en Top 14, un handicap à l’échelle international. Et ce dernier d’ajouter, comme pour mieux souligner ses efforts : "Aujourd’hui, je suis à 126 kg. La dernière fois que j’ai pesé ce poids, j’avais 15 ans et j’étais moins grand (rire)." À tel point qu’il a même été sollicité dans le secteur de la touche. Avec une franche réussite.

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