• Bernard Le Roux a été l’un des Français les plus actifs. Le deuxième ligne du Racing s’est comme toujours démené en défense mais s’est aussi beaucoup proposé en attaque. François Cros a été le Français le plus recherché en touche avec cinq prises de balle en l’air. Un secteur toutefois en difficulté ce dimanche. Derrière Gaël Fickou n’aura pas trouvé la faille dans la défense italienne.
    Bernard Le Roux a été l’un des Français les plus actifs. Le deuxième ligne du Racing s’est comme toujours démené en défense mais s’est aussi beaucoup proposé en attaque. François Cros a été le Français le plus recherché en touche avec cinq prises de balle en l’air. Un secteur toutefois en difficulté ce dimanche. Derrière Gaël Fickou n’aura pas trouvé la faille dans la défense italienne. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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    La vita è bella* Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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    La vita è bella* Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
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Tournoi des 6 Nations

La vita è bella*

Auteur d’une deuxième période assez brouillonne, le XV de France a néanmoins rempli sa mission contre l’Italie. Deux matchs, deux victoires et une première place : elle est pas belle, la vie ?

On est toujours soumis au même débat, après un France-Italie. Le XV de France a-t-il livré un match honnête ? Ou alors, cette équipe italienne est-elle aujourd’hui d’une si grande faiblesse qu’on ne peut dignement tirer le moindre enseignement de ce dernier affrontement ? La vérité, elle, se trouve probablement à mi-chemin entre ces deux interrogations fondamentales. Que Tommaso Allan, un demi d’ouverture qui n’aurait sa place dans aucune équipe du Top 14, compte 55 sélections avec la "squadra azzurra" est déjà révélateur du niveau actuel du rugby italien, quand les relances hasardeuses de cet arrière malhabile (Jayden Hayward) nous laissent encore sans voix, au moment de clore le deuxième chapitre de ce Tournoi des 6 Nations. Compte tenu de la qualité du sparring-partner, les errements français peuvent donc être considérés comme préoccupants et s’avéreront autrement plus coûteux, quand s’avanceront tour à tour le pays de Galles, l’écosse ou l’Irlande. C’est vrai, quoi ! Comment peut-on à ce point surjouer ? Comment peut-on tomber dans un tel délire de passes et de courses, quand les résidus de la tempête Ciara incitaient plutôt à occuper le camp adverse et s’appuyer, in fine, sur un pack plutôt dominateur ? En vrac, nous reviennent ici plusieurs images : la sinistre relance, en infériorité numérique, d’Anthony Bouthier en première période, celle-là même qui conduisit, trois temps de jeu plus loin, au premier essai des Italiens ; ou bien sa petite sœur, menée par Romain Ntamack une poignée de temps plus tard et qui offrit, piteusement, trois autres points à ce rival certes très accrocheur, mais bien trop dépourvu de puissance, de talent et d’organisation pour espérer autre chose de son récent déplacement à Saint-Denis…

Que dire, alors ? Que cette équipe de France, bien qu’en tête du vieux Tournoi, possède une marge de progression colossale et qu’en l’état, la victoire face à l’Italie n’a su effacer les quelques réserves émises la semaine dernière, après le crunch. En tout état de cause, la sélection bâtie par Fabien Galthié possède moins de coffre qu’on aurait pu le croire au départ et, passé ce deuxième match, on s’étonne encore de voir cette équipe baisser de pied de telle manière, en seconde période. Est-ce la seule faute du banc de touche ? Toujours est-il que dimanche soir, le constat fut peu ou prou le même que huit jours plus tôt, face à la Rose : Mohamed Haouas et Cyril Baille sortis du terrain, la mêlée tricolore est en souffrance et en substance, on se demande bien si Demba Bamba ou Jefferson Poirot, que l’on considérait il y a peu comme des titulaires en puissance, pourront un jour pousser les premiers choix de Fabien Galthié à se faire du mouron.

Where is Teddy ?

Aussi inoffensifs furent Poirot et Bamba à leur entrée en jeu, ils ne sont en revanche pas responsables des lacunes du rideau tricolore dans les couloirs, un endroit du terrain où les attaquants italiens eurent assez de temps et d’espace pour jouer sur du velours, transperçant même quatre fois dans cette zone. À ce sujet, Teddy Thomas nous confiait avant que le Tournoi ne commence comment il avait travaillé en défense et de quelle façon, bonne mère, il avait appris à ne plus se désolidariser de sa ligne. Alors, on a beau trouver à "TT" un talent exceptionnel, sa prestation en défense fut simplement hors sujet face à l’Italie et, si d’aventure Vincent Rattez ne s’était pas blessé à la cheville en fin de match, on aurait pu s’inquiéter de l’avenir à court terme du "facteur X" du Racing en équipe de France, Damian Penaud étant partant certain face au pays de Galles, dans dix jours.

On pinaille, hein ? Probablement. Après tout, cette équipe de France en est encore aux prémices de son aventure, son état d’esprit et sa fraîcheur restent en tout état de cause inattaquables et, qu’on le veuille ou non, elle offre à des joueurs que l’on pensait perdus pour la sélection une chance de nous donner tort. En ce sens, la retraite anticipée de Sébastien Vahaamahina a permis au Montpelliérain Paul Willemse de prouver au rugby français que ses premiers pas en bleu, sous le règne de Jacques Brunel, n’étaient rien d’autre que des premiers pas : lui si lourdaud, si pataud lorsqu’il fut appelé en Bleu l’an passé à la même époque, s’est transformé physiquement (il a perdu 15 kilos), court beaucoup, plaque énormément et constitue désormais un point d’ancrage fondamental pour la mêlée tricolore. Au sein du paquet d’avants français, Cyril Baille a lui aussi montré en deux matchs qu’il était redevenu le meilleur "gaucher" français, autant pour sa capacité à manier les ballons qu’à un talent certain pour secouer ses adversaires en mêlée. Quant à Grégory Alldritt, sa régularité dans l’excellence contraste avec la nonchalance de son prédécesseur en équipe de France (Louis Picamoles), dont la force de frappe n’eut finalement d’équivalent que la versatilité…

Devant nous, le défi gallois

Et maintenant, alors ? On est en droit de penser que le plus dur commence et, passé les mises en bouche du Stade de France, le prochain déplacement à Cardiff aura pour la bleusaille de Fabien Galthié le goût étrange de la découverte. Dans la principauté, ce XV de France encore au début de son existence s’apprête ainsi à plonger dans l’atmosphère la plus brûlante du Tournoi des 6 Nations, un contexte hostile où la sélection n’a plus gagné depuis 2010, face à un adversaire qu’elle a battu une seule fois lors de ces neuf derniers matchs. Pour Galthié, présent à Oita lorsque les Bleus ont croisé la route des Diables Rouges pour la dernière fois, le Galles-France du 22 février est beaucoup plus qu’une revanche. C’est l’occasion de voir si ces mômes, seuls ou presque dans l’enfer au toit fermé, seront suffisamment "burnés" pour claquer le bec d’Alun-Wyn Jones, conserver la pole du Tournoi et hurler à la gueule du monde que cette fois, ça ne blague pas…

* La vie est belle

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