• Jules Plisson s’offre une seconde carrière à La Rochelle pour le bien des Maritimes, actuels troisièmes du championnat.
    Jules Plisson s’offre une seconde carrière à La Rochelle pour le bien des Maritimes, actuels troisièmes du championnat. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Plisson, la renaissance

Depuis son arrivée à La Rochelle le 15 novembre dernier, Jules Plisson semble renaître de ses cendres sous ses nouvelles couleurs. Le week-end prochain, l’ouvreur international va retrouver ses anciens coéquipiers du Stade Français. Un match où il voudra montrer son retour en grande forme.

Jules Plisson va bien. Il va même très bien. Et ce constat, somme toute banal, est loin de l’être quand on se souvient d’où il vient. En conflit ouvert avec son entraîneur et totalement mis de côté par Heyneke Meyer en début de saison, avec seulement une titularisation et quatre petits matchs joués avec le Stade Français (94 minutes de temps de jeu), Plisson a connu un début de saison famélique. Et malgré le fait que, une semaine avant son départ, l’entraîneur sud-africain ait été débarqué pour être remplacé par des historiques du club (Julien Arias et Laurent Sempéré), le joueur de 28 ans a tout de même décidé de partir du Stade Français après quatorze années passées dans le club de la capitale.

Dès son arrivée à La Rochelle, Jules Plisson a pu s’appuyer sur des joueurs qu’il a déjà côtoyés dans le passé comme Jérémy Sinzelle, Geoffrey Doumayrou ou Dany Priso. Surtout, il enchaîne les matchs. Hormis la première rencontre, il a toujours été titularisé par Jono Gibbes et montre à chaque reprise qu’il est de retour à un très haut niveau. D’ailleurs, dans nos colonnes, les bonnes prestations de l’ouvreur ont été remarquées puisqu’il a reçu à plusieurs reprises 3 étoiles et a été élu Oscar de la semaine après sa prestation XXL contre Agen (40-8), le 29 décembre dernier. Un match lors duquel le joueur a montré toute sa classe avec deux gestes incroyables. Une passe façon chistera de plus de 15 mètres, permettant à Vincent Rattez d’inscrire un essai. Puis, quelques minutes plus tard, une passe au pied depuis ses 22 mètres pour son ailier Jules Favre. Un choix audacieux mais payant, puisque cette passe amena un essai d’Aguillon quelques secondes après.

Dans l’exercice des tirs au but, la réussite est également au rendez-vous. Après cinq matchs disputés avec le Stade Rochelais, l’ouvreur international de 28 ans est à 83,3 % de réussite (25/30). C’est notamment ça qui a motivé la décision de le recruter comme l’a confié l’entraîneur des arrières Ronan O’Gara le 24 janvier dans les colonnes de L’Equipe : "Une de ses principales qualités, c’est son jeu au pied. Il est énorme et précis. J’ai découvert un joueur sérieux et ouvert, qui souhaite progresser malgré son expérience. C’est idéal pour un entraîneur."

En Bleu, l’horizon bouché

Jules Plisson fait partie de ces ouvreurs souvent critiqués pour sa défense. O’Gara poursuit, pointant effectivement ce secteur : "Sa défense, elle a souvent été bêtement critiquée. Mais il doit l’accepter. Il doit avoir conscience qu’il sera une cible à chaque match. C’est impossible de gérer son match en attaque, d’y être très performant, et de gérer tout le trafic dans son couloir [en défense]. Mais il y a certains moments où il doit plaquer, c’est non négociable ! Il a accepté tout ça. Il sait qu’il doit prouver." Ses faiblesses défensives ont aussi été déjugées par l’entraîneur de Clermont, Franck Azéma. Il y a un an, l’ASMCA espérait recruter Plisson. Interrogé au sujet de la défense du Parisien, Azéma rétorquait : "Les joueurs qui ne défendent pas, ça n’existe pas. Tout dépend de ce qu’on leur demande et de ce qu’on met en place autour d’eux." Avec les belles prestations réalisées depuis son arrivée au Stade Rochelais, Plisson pourrait-il revenir dans la discussion autour du XV de France ? Cela paraît encore bien tôt. "Si j’arrive à enchaîner et à être performant, on ne sait pas ce qu’il peut se passer. Mais je suis très bien ici et je ne pense pas du tout à ça", confirme le joueur. Avec l’émergence des Ntamack, Jalibert et Carbonnel, le poste de demi d’ouverture en équipe de France est actuellement encombré.

Damien Souillé
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