• Jordan Joseph difficilement plaqué par les jeunes italiens
    Jordan Joseph difficilement plaqué par les jeunes italiens Icon Sport / Alpha 9 mark II lover / Icon Sport
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Tournoi des 6 Nations U20

Sans l’ombre d’un doute

Bousculés et menés au score par de surprenants Italiens durant 70 minutes, les Bleuetsont su aller chercher avec patience et conviction une victoire ornée du point de bonus offensif.

Il y aurait deux manières, tout à fait antinomiques, d’analyser le match livré par cette équipe de France U20 face à l’Italie. La première, brute de décoffrage, se bornerait à constater que les Bleuets ont souffert mille morts pour s’imposer face à un adversaire peu huppé. La seconde, plus nuancée, n’hésiterait pas à souligner la valeur d’un adversaire dont on est prêt à parier que de nombreux joueurs intégreront à (très) court terme leur équipe nationale. Et il va évidemment sans dire qu’en optimiste patenté, on optera franchement pour cette dernière, d’autant que ce match sentait depuis le début le piège pour les Bleuets. Parce que le staff avait, comme prévu, procédé à un large turnover en écartant neuf titulaires du match contre l’Angleterre. Parce que le forfait de Grégoire Bazin au matin du match n’augurait rien de bon, pas plus que les douze points concédés en contre en autant de minutes. Alors, ajoutez à cela un échec 22 mètres face aux poteaux de Cheick Tiberghien sur sa première tentative et la sortie précoce de l’ouvreur Thomas Dolhagaray (béquille), et vous conviendrez avec nous que tous les ingrédients semblaient réunis pour une soirée de cauchemar… "Comme contre l’Angleterre, nous avons connu une entame catastrophique, déplorait l’entraîneur des trois-quarts Fabrice Estebanez. Il va falloir que tout le monde, staff et joueurs, se remette en question avant le pays de Galles car on ne pourra pas toujours se sortir de situations comme celle-là."

Tiberghien : "Une belle force mentale"

Pourtant, et ce n’est pas là le moindre de leurs mérites, les Bleuets y sont encore parvenus. Sans brillance certes mais au prix d’une méthode et d’une patience épatantes de maturité pour de si jeunes joueurs. "Les Italiens nous avaient battus lors de notre stage à Naples, et on savait à quoi s’attendre avec eux, pointait l’arrière Cheikh Tiberghien. C’est une équipe de guerriers à qui il ne faut surtout pas permettre de faire la course en tête. Et certains faits de jeu nous ont malheureusement obligés à courir après le score… Alors, oui, bien sûr qu’il y a eu du doute. On ne passe pas 70 minutes derrière au score sans douter un peu… Mais on a tout de même fait preuve d’une belle force mentale. Même lorsque nous avons obtenu cette pénalité quand les Italiens poussaient sur notre ligne à 2 minutes de la fin, nous sommes restés lucides. Tout le monde avait envie d’aller chercher le bonus." "Non, à ce moment-là, l’objectif n’était pas d’aller chercher le bonus mais de faire les choses dans l’ordre, précisait de sa voix douce le capitaine Jordan Joseph. D’abord, bien sortir du camp. Ensuite, les mettre à la faute. Et si nous y parvenions, oui, on pouvait se permettre d’aller chercher le bonus…"

Joseph, un phare dans la tempête

Un résultat que les Bleus doivent pour beaucoup à leur capitaine, d’une lucidité à toute épreuve dans la tempête. "À la pause, les coachs ainsi que certains leaders de jeu comme Jordan ont pris la parole", soufflait Tiberghien. "Je ne suis pas du genre à m’exciter ou à élever la voix, souriait ce dernier. Le constat était que sur les 10, 15 dernières minutes de la première période, nous étions parvenus à trouver les solutions pour les mettre à mal. On s’est simplement dit qu’il fallait continuer dans cette stratégie, de ne pas paniquer et qu’à la longue, ça devait passer." Des mots auxquels les Bleus et leur staff ont joint des actes, à l’image d’un coaching volontairement retardé au niveau du pack, pour laisser œuvrer des titulaires plus expérimentés. "C’est important d’avoir dans l’équipe des éléments comme Jordan, qui ont vécu deux Coupes du monde et ont suffisamment d’expérience pour gérer ces situations, affirmait le local de l’étape Adrien Warion. Quand il parle, on marche tous derrière lui. Il nous a permis de ne pas douter." Tout bonus pour ces Bleuets qui devront tout de même franchir un cap en matière de liant entre avants et trois-quarts d’ici la fin du Tournoi, et peuvent au moins se satisfaire d’avoir trouvé en la charnière Le Garrec-Debaes la formule qui leur manquait.

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