La lumière au bout du tunnel

  • À Lyon, le demi de mêlée toulonnais Anthony Méric a enfin refoulé les pelouses de Top 14 après près de dix mois sans jouer. Photo Icon Sport
    À Lyon, le demi de mêlée toulonnais Anthony Méric a enfin refoulé les pelouses de Top 14 après près de dix mois sans jouer. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport
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Remis d’une seconde rupture des ligaments du genou droit (octobre 2016, avril 2019), Anthony Méric - qui soufflera sa 25e bougie samedi - veut retrouver le plaisir, et montrer qu’il peut toujours "apporter une plus-value à l’équipe".

Son retour à la compétition

"Quand on revient juste d’une grave blessure au genou ce serait malhonnête de se prétendre à 100 %. Je pense être à 90 % ; les sensations reviennent progressivement. J’appréhendais donc un peu mon retour, d’autant que les Lyonnais savaient que je revenais alors je pensais être visé… Mais une fois le coup d’envoi donné j’ai senti que j’étais dans le rythme. Je suis heureux d’avoir repris. Ce n’est pas facile de revenir d’une blessure aussi longue, surtout que c’est ma deuxième rupture des ligaments croisés du genou droit. Je suis fier de n’avoir rien lâché. J’ai énormément travaillé : gainage, muscu, kiné, piscine 2-3 fois par semaine… Désormais je vais reprendre confiance : en mon genou dans un premier temps, en mon rugby dans un second."

Les critiques autour de ses blessures

"Certes j’ai connu deux longues blessures au genou droit, mais je n’ai jamais eu de souci musculaire au niveau des chevilles, des épaules, des ischios, rien ! On me colle l’image d’un mec souvent blessé, mais tu n’es en rien responsable sur une rupture des ligaments… C’est important pour moi de le noter, car c’est frustrant. À la blessure qui est ce qu’il peut arriver de pire à un sportif, on rajoute des critiques injustifiées qui finissent de te mettre la tête sous l’eau. J’ai dû apprendre à prendre sur moi. Les on-dit énervent mais permettent d’avancer et de grandir : la première fois tu lis et écoutes tout ce qui se dit. La deuxième tu t’en détaches et tu te concentres uniquement sur ton retour."

L’arrivée de Serin...

"La donne a énormément changé entre ma blessure et mon retour. Mais ne comptez pas sur moi pour voir d’un mauvais œil la présence de Baptiste. Nous avons joué ensemble en équipe de France moins de 20 ans, nous avons fait le pôle France ensemble et c’est cool qu’il ait signé à Toulon. Il arrive avec un statut différent de celui qu’il avait à l’époque : c’est un grand joueur. Il fait un énorme début de saison et nous apporte énormément. C’est un concurrent, mais on s’entend parfaitement. Avant le match à Lyon il m’a envoyé un sms pour me souhaiter bonne chance et m’a appelé après le coup de sifflet final. Il va me tirer vers le haut."

… Le départ de Webb

"Le malheur des uns, le bonheur des autres…" Vous connaissez la chanson ! Forcément, c’est bon à prendre quand on évolue au même poste. Je vais tenter d’en profiter pour saisir ma chance, ce que je n’ai pas su faire depuis quelque temps. Je me sens déterminé. Je pense que j’ai mieux géré ma blessure la deuxième fois. J’ai été plus positif, je suis allé de l’avant, j’ai travaillé avec une psychologue et je me sens aujourd’hui bien plus posé dans la tête que ça ne pouvait être le cas par le passé. J’ai éliminé deux-trois stress, et j’espère que ça va se sentir sur le terrain. Une blessure c’est un contretemps, et il ne faut pas pour autant baisser les bras. La vie est courte, et une carrière de rugbyman pro encore plus, donc il faut profiter, se donner la possibilité de jouer le plus possible."

Son avenir

"Je suis en fin de contrat et je n’en ai pas encore parlé avec le club. Comme tout joueur, surtout quand on revient de dix mois de blessures, on aspire à enchaîner sans pépin. Si je veux être conservé je dois faire mes preuves, montrer que l’on peut compter sur moi et que je suis toujours capable d’apporter une plus-value à l’équipe. Donc la prolongation ce n’est pas ma priorité aujourd’hui ; ce qui compte c’est de retrouver le terrain, de reprendre du plaisir et d’en donner aux supporters."

Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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