• Gonzalo Quesada, toujours souriant, a fixé des objectifs élevés pour les Jaguares. Les Argentins sont bien décidés à tourner la page après un mondial raté.
    Gonzalo Quesada, toujours souriant, a fixé des objectifs élevés pour les Jaguares. Les Argentins sont bien décidés à tourner la page après un mondial raté. Icon Sport / Dave Lintott / Icon Sport
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Super Rugby

Prêts à rugir de nouveau

Finalistes en 2019, les argentins, toujours entraînés par gonzalo quesada, n’ont pas revu leurs ambitions à la baisse et visent, une nouvelle fois, la phase finale.

Il est bien sûr trop tôt pour s’inquiéter mais la défaite sur le fil, la semaine passée à Buenos Aires, contre les Hurricanes (23-26) est un petit signal d’alerte. Après des débuts probants et un succès sans anicroche contre les Lions (38-8), déjà à domicile, les Jaguares ont connu un premier coup d’arrêt. Qui ne remet en rien en cause bien sûr le management de Gonzalo Quesada, l’homme fort de la franchise argentine, nommé entraîneur en chef à son retour au pays à l’été 2018. Figure publique et chérie des médias argentins, dont l’immense expérience en tant que joueur international (38 sélections, deux Coupes du monde au poste de demi d’ouverture) puis entraîneur en France auréolé de réussites (champion de France en 2015 avec le Stade français) plaide pour, Quesada a réussi son arrivée. Rallier la finale de la compétition sudiste dès sa première saison et conduire les Jaguares à défier les Crusaders - la référence du Super Rugby et l’équipe la plus titrée - n’était pas donné à tout le monde.

Un nouveau cycle à démarrer

Bénéficiant aussi de la politique de la Fédération argentine mise en place et ayant les meilleurs joueurs à sa disposition (hormis les quelques rares européens, Santiago Cordero, Juan Imhoff, Facundo Isa, Ramiro Herrera et Juan Figallo), Quesada a construit son succès sur une volonté de pratiquer un rugby fluide et de cohésion. Un rugby qui s’est toutefois heurté sur un écueil majeur durant la Coupe du monde au Japon, ratée et décevante de la part des Argentins. On ne pourra jamais savoir à ce sujet quels furent l’influence et le poids de la décision de Mario Ledesma, le sélectionneur en poste de ne pas emmener Quesada dans les valises des Pumas au Japon mais le fait est que cela a fait du bruit en Argentine. De retour au travail avec ses Jaguares, Gonzalo Quesada est reparti sur un nouveau cycle. Il doit faire sans certaines figures, comme le troisième ligne et capitaine Pablo Matera, parti vendre à prix cher ses services au Stade français, ou encore le deuxième ligne Tomas Lavanini, figure de proue du recrutement de Leicester. Durant la présaison, le travail sur l’aspect mental fut important : il fallait régénérer un groupe fatigué et marqué par l’échec au Japon.

Soutenu par un public, qui ne s’est pas encore totalement habitué à voir une saison de Super Rugby démarrer aussi tôt, mais qui commence à se rendre de plus en plus fréquemment au stade José-Amalfitani, les Jaguares ont fixé des objectifs élevés : à savoir atteindre au minimum les demi-finales. Leur départ canon contre les Lions a été perçu comme encourageant. Il a notamment montré de belles qualités de fluidité et de vitesse dans le jeu et non une dépendance exclusive tournée sur le jeu d’avants pour franchir le premier rideau défensif adverse. La blessure du demi d’ouverture Joaquin Diaz Bonilla, absent des débats au Japon, et joker Coupe du monde du Racing, a permis au jeune Domingo Miotti (23 ans) de briller et d’être élu meilleur joueur de la première journée de Super Rugby. Pressenti comme futur conducteur du jeu des Pumas dans les mois à venir - Nicolas Sanchez étant toujours au Stade français - Miotti symbolise le renouveau et le sentiment de résilience des Jaguares qui affronteront ce samedi les Queensland Reds, toujours à Buenos Aires.

Frankie DEGES, correspondant
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