Entre joie et colère...

  • Nicolas Sanchez et ses partenaires célébrant, avec rage, l’essai de la victoire.
    Nicolas Sanchez et ses partenaires célébrant, avec rage, l’essai de la victoire. Icon Sport / Sandra Ruhaut / Icon Sport
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Malgré une victoire arrachée grâce à un très bel état d’esprit, paris demeure fragile dans la gestion de ses matchs. Samedi, le bonheur des joueurs était aussi fort que la colère d’Arias.

Même Hans-Peter Wild, milliardaire de 79 ans et homme d’affaires toujours tiré à quatre épingles, a pris la pose, flanqué de cette barbe postiche rousse posée sous le nez en hommage à Rémi Bonfils. Le bras droit en l’air et le sourire en taille XXL, le propriétaire du Stade français était un homme heureux à l’instant d’immortaliser la soirée au milieu de ses joueurs. Autour de lui, les Soldats roses arboraient tous cette même postiche, provoquant rires et moqueries. Et aussi quelques démangeaisons… Dans l’intimité du vestiaire parisien flottait alors un sentiment de légèreté, de bonheur intégral. Déjà après le succès probant obtenu face au Stade toulousain, Thomas Lombard, le nouveau Directeur Général, avait ouvert le vestiaire aux médias. Un "one shot" pensait-on pour redorer l’image d’un club salement amochée après le passage des anciens dirigeants. Raté. Samedi soir, les médias ont encore eu droit de pénétrer au cœur du sanctuaire. Un succès obtenu à l’arraché quasiment cinq minutes après les cloches de Notre-Dame de Paris, ça se fête. Et ça se partage. Même l’ancien président Hubert Patricot, dont le passage à la tête du club parisien ne restera pas dans les mémoires, avait été convié à prendre part à ce moment de liesse.

Le visage de Thomas Lombard, une bière à la main et le teint hâlé de celui qui rentre de quelques jours passés au soleil, tranchait alors radicalement avec celui qu’il affichait quelques instants plus tôt au bord de la pelouse. Que serait-il advenu du Stade français si Jules Plisson n’avait pas eu la mauvaise idée de plaquer Nicolas Sanchez trop haut, dans cette dernière minute de jeu ? Sans ce carton jaune attribué à l’ancien gamin de l’ACBB, l’ouvreur international argentin aurait-il trouvé l’espace nécessaire dans la défense rochelaise pour inscrire cet essai salvateur ? Se poser la question, c’est déjà y répondre un peu… "Malheureusement, on joue parfois un peu comme des cadets, s’est lamenté le capitaine Yoann Maestri. Avant la rencontre, on dit qu’on ne joue pas dans notre camp, surtout si on mène au score et finalement on le fait quand même. Ce soir (samedi), ça nous sourit après une série de mêlées où c’était chaud, mais ça ne nous sourira pas toutes les semaines. Il faut qu’on soit plus froids, plus "tueurs". Je pense que lundi, les coachs vont être sévères avec nous. "

Le bonheur des joueurs, la colère de Julien Arias

Sur l’instant, Yoann Maestri ne pensait sans doute pas si bien dire. Parce que si dans le vestiaire, l’ambiance était à la fête, un étage au dessus, dans le bureau des coachs, Julien Arias ne parvenait pas à décolérer. Sans doute en voulait-il à ses joueurs de ne pas avoir respecté les consignes d’avant-match et d’avoir joué avec le feu. Au point de risquer la brûlure au troisième degré. Arias n’a donc pas profité de l’allégresse régnant dans le vestiaire, préférant s’isoler pour exorciser son courroux et ne pas gâcher l’instant. Laurent Sempéré non plus, trop occupé à essayer de calmer l’ancien ailier international. Aucun des deux coachs ne s’est exprimé devant la presse. Au fond d’eux, ils ont probablement préféré garder les premiers mots pour leurs joueurs. Ce lundi, le débriefing, malgré une victoire plus que symbolique d’un nouvel état d’esprit remarquable, s’annonce épicé. Quelques oreilles risquent de siffler. Et Maestri de prévenir : "ils auront raison. On s’est mis en danger alors qu’on tenait le score et le ballon, sans faire des choses exceptionnelles. Il faut qu’on tape en touche quand il faut taper en touche, qu’on sorte bien de notre camp sans penser qu’on a besoin de marquer huit essais." Un constat qui prendra tout son sens le week-end prochain. "On va aller à Bayonne en sachant qu’on est l’équipe qui encaisse le plus de points à l’extérieur" rappelle le capitaine.

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