Jordan Michallet : "À l’heure de jeu, on a commencé à y croire…"

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    Jordan Michallet (Rouen) peut exulter. Icon Sport / Maxime Le Pihif / Icon Sport
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Bon animateur et précis face aux perches (5/6), Jordan Michallet a contribué à faire tomber Oyonnax à domicile vendredi, notamment en passant une dernière pénalité excentrée de plus de 40 mètres. L’ouvreur de 27 ans revient sur ce match, la manière dont les Normands ont réussi à l’emporter Et sur la mission qui les attend désormais : confirmer et aller chercher le maintien.

Comment s’est passée la semaine précédant cet exploit ?

Il y avait pas mal d’excitation, nous revenions d’une semaine de vacances. On sentait l’envie de bien faire. Avec quatre espoirs qui entraient dans le groupe, aussi, donc nous voulions tout faire pour bien les encadrer. L’idée de base était de prendre du plaisir et de faire un gros match.

Vous l’avez préparé avec une équipe remaniée, avez-vous craint de prendre une sévère défaite dans l’Ain ?

On s’attendait à un match très, très compliqué. Nous savions que, dans la tête des joueurs d’Oyonnax, l’objectif était de prendre 5 points contre nous, on ne va pas se le cacher. Nous n’avions rien à perdre et en même temps, c’est en faisant de gros matchs contre des équipes comme celle-là que l’on peut construire une saison. C’était aussi important pour réaliser un enchaînement de matchs.

Aviez-vous préparé quelque chose de spécifique pour contrer Oyonnax ?

Dans la semaine, nous avions parlé du fait qu’ils jouent sur un terrain synthétique et mettent beaucoup de vitesse. Nous voulions leur ralentir les ballons, que ce soit en faisant de bons plaquages ou dans les rucks pour limiter leur vitesse et nous permettre d’être en place en défense. C’était l’objectif de la semaine et cela a été un point clé du match.

Qu’est-ce que cela représente de gagner au stade Charles-Mathon d’Oyonnax ?

Nous avons fait un exploit, nous le savons. Nous y allions sans complexe et avec beaucoup d’envie. Le plus important, c’était de ne pas les regarder jouer et c’est ce que nous avons fait.

Comment avez-vous vécu ce match ? D’abord en difficulté en mêlée puis en infériorité numérique, vous avez réussi à ne pas lâcher…

À la mi-temps, il y a 13-3. Nous voulions d’abord revenir dans le bonus défensif. Puis nous marquons deux essais rapidement. à l’heure de jeu, on a commencé à y croire et eux, à douter. Et dans les vingt dernières minutes, tout était possible. Nous y avons cru et c’est ce qui nous permet de l’emporter à la fin.

J’ai hésité un peu avant de choisir de jouer la gagne

À quoi avez-vous pensé au moment de taper la dernière pénalité ? Avez-vous hésité à la prendre, vu la distance et son aspect excentré ?

J’ai réfléchi au fait de la jouer en touche ou la tenter. J’ai hésité un peu avant de choisir de jouer la gagne sur cela. C’était important de la réussir pour nous récompenser du travail réalisé depuis quelques semaines et pour lequel nous n’avions pas forcément été payés sur certains matchs. Là, c’est top pour l’équipe et le groupe.

Est-ce que ce succès à l’arraché compense un peu les fins de matchs cruelles que vous avez pu vivre ces dernières semaines ou, au contraire, est-ce que cela attise les regrets ?

Nous avons laissé au moins 6 points en route entre Colomiers et Béziers, c’est dans un coin de nos têtes. Il faut transformer cette frustration de manière positive. Cela nous a servis pour battre Oyonnax. Les points de ce match, nous ne les avions pas cochés sur notre carnet de route. Donc c’est vrai que cela compense un peu.

Avez-vous le sentiment que ce match peut changer le cours de votre saison ?

Il y a beaucoup de matchs que nous avons perdus dans les cinq dernières minutes. Il ne nous manquait qu’un petit déclic pour gagner sur les fins de match. Vendredi, nous l’avons eu et j’espère qu’on le gardera pour les prochaines rencontres de championnat. Nous avons fait une très bonne partie et j’espère que nous allons continuer sur les prochains matchs.

Qu’est-ce qui a fait la différence à Oyonnax: l’abnégation à ne pas céder en défense uo le réalisme sur vos offensives ?

C’est vrai que nous ne sommes pas venus beaucoup de fois dans leurs 22 mètres en tenant la balle. Sur le peu de ballons que nous avons eus, nous avons réussi à marquer deux essais. Et de l’autre côté, notre défense n’a rien lâché. Dès qu’il y avait un coéquipier qui ratait un plaquage, d’autres revenaient derrière. Ce fut un travail d’équipe pendant quatre-vingts minutes en défense.

Ce match peut-il changer les regards sur vous ?

Oui. Ce championnat est tellement compliqué qu’il faut se méfier de toutes les équipes. Après, quand les grosses écuries jouent les promus, les 5 points sont dans leur tête.

Que vous a dit Richard Hill à la fin du match ?

Qu’il était content, que cette victoire récompensait le travail en amont et ce que nous avions fait pendant quatre-vingts minutes. Puis on a parlé entre joueurs pour savourer ce succès.

Comment envisagez-vous désormais la suite de la saison désormais ?

Nous savons que cela sera compliqué jusqu’à la fin du championnat, pour se maintenir. Nous n’allons rien lâcher et nous verrons bien à la fin…

L’équipe avait débuté par trois défaites cette saison, y a-t-il eu doute à ce moment-là ?

Pas forcément des doutes car nous avons un bel effectif avec de bons joueurs, un mixte de jeunes et de joueurs avec de bonnes expériences. C’était plus une crainte sur le fait de s’adapter le plus rapidement possible à ce championnat.

À titre personnel, on vous revoit très performant en Pro D2, après une parenthèse en Fédérale 1 à Strasbourg puis à Rouen. Que vous a apporté cette expérience à l’échelon inférieur ?

Cela m’a renforcé au niveau mental. Redescendre de niveau m’avait impacté. J’avais l’idée de retrouver la Pro D2 le plus rapidement possible. Pour cela, il fallait que je sois vachement rigoureux et que je bosse encore plus pour récupérer un bon niveau de jeu.

Est-ce que le championnat de Pro D2 est conforme avec ce que vous aviez connu quand vous l’aviez quitté ?

Je trouve qu’il y a encore eu une évolution, au niveau du volume de jeu. Pas au niveau des impacts mais au niveau des temps de jeu. Il y a plus de rythme et c’est plus intéressant.

Quel va être le discours à l’entraînement ce lundi : "On a fait un super exploit mais pour que l’histoire soit vraiment belle, il faut valider le maintien à la fin" ?

Oui, cela va être cela, c’est clair. Il faut valider en s’accrochant à l’extérieur mais aussi en remportant à tout prix nos six matchs qu’il nous reste à domicile !

 

Julien Veyre
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