Le patron a parlé

  • Remplaçant au coup d’envoi, Morgan Parra a fait basculer la rencontre. Photo Icon Sport.
    Remplaçant au coup d’envoi, Morgan Parra a fait basculer la rencontre. Photo Icon Sport. Icon Sport - Romain Biard
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Morgan Parra - demi de mêlée de Clermont Sévère mais lucide sur le niveau actuel de son équipe, le capitaine a changé le match en sortant du banc. Et conforté, encore une fois, son influence.

Il a débarqué en salle de presse après ce succès qu’il serait excessif de qualifier de miraculeux. Mais le vice-champion de France fut encore mal embarqué dans une rencontre qu’il a trop souvent subie, avant de finalement renverser la vapeur. Une aubaine, qu’il convient d’apprécier autant que d’accueillir avec le recul qui s’impose. Morgan Parra, fidèle à ses principes, n’a pas cherché à éluder : "Aujourd’hui, nous ne sommes pas au niveau pour jouer le haut de tableau et les six premières places." Voilà qui a le mérite de la clarté. Beaucoup le pensent, Parra le clame. Un appel au réveil des troupes ? D’abord un constat froid et lucide, qu’il a développé : "Notre équipe ne prouve pas qu’elle peut largement jouer les premiers rôles. Parce qu’on ne maîtrise pas et qu’on n’est pas dans l’initiative." Une analyse partagée par son manager Franck Azéma. Il faudrait d’ailleurs ne pas avoir assisté au match de samedi pour affirmer le contraire.

Parra : "Il faut bien plus"

Clermont bafouille, Clermont tousse mais Clermont gagne. Ce qui lui offre de rester au contact du bon wagon. "Oui, mais il faut bien plus dans le jeu, la conquête et tous les secteurs pour exister au-dessus, reprend Parra. On est poussifs mais on gagne… On s’est dit qu’il fallait retenir la victoire. C’est important. Le point positif, c’est qu’on aurait pu s’écrouler mais on ne s’écroule pas." Une merveille de résumé, concis, sévère mais exact. Si Parra peut se permettre de dresser un état des lieux si perspicace, c’est que sa parole porte plus que les autres dans ce vestiaire. Qu’on le veuille ou non, il en est le patron et l’a prouvé dans le Béarn. En conférence de presse et sur la pelouse. Remplaçant, comme son compère Camille Lopez, il est apparu à la 47e et la rencontre a basculé. "C’est un garçon qui a une emprise sur le jeu et sur le groupe, se félicite Azéma. Il n’est pas capitaine de cette équipe pour rien. On l’a senti dans ce qu’il a fourni, mais également dans ce qu’il génère autour de lui, dans l’impact psychologique." Mais quand on le fait remarquer à l’intéressé, lui balaie : "Je n’ai jamais aimé retirer des individualités. Il y en a qui sortent du lot, qui marquent des essais mais c’est anecdotique." Lui fut pourtant décisif. " Si vous le jugez, c’est vous qui voyez…" Ou les faits : essai d’Iturria deux minutes après son entrée, celui de la victoire au bout d’une récupération sur son interception, sans compter son occupation au pied et ses deux tentatives converties.

Azéma : "Si j’ai besoin de les piquer, je le ferai"

Parra a fait du Parra : maîtrise, efficacité, autorité. Trois semaines après un succès contre Paris qui l’avait vu sortir (comme Lopez) au début du second acte pour laisser Laidlaw et McIntyre prendre les choses en mains. "Nous sommes 23 sur la feuille, le Top 14 est long et on a besoin de tout le monde, se contente-t-il. Sur le banc, on doit être en éveil et concentré." Était-ce une sanction alors que, comme Lopez encore, il était moins fringant récemment ? Azéma catégorique : "Non. Pour moi, ils n’avaient pas fait un mauvais match. Je leur ai demandé de jouer systématiquement sur les neuf ou dix week-ends précédents car ils ont un impact nécessaire sur le groupe. À mes yeux, ils sont loin d’être poussifs. Je savais que je ferais rentrer Greg et Jake qui ont aussi fait du très bon boulot. C’est parfois dur pour eux car ils sont souvent sur le banc et rongent leur frein. Je n’ai rien à redire, je suis content de l’état d’esprit de Morgan et Camille, de ce qu’ils amènent. Pour les juger, il faut avoir connaissance de tout ce qu’il se passe à l’intérieur." C’était au moins une façon de les piquer ? "Si j’ai besoin de leur dire quelque chose, je leur dirai. Si j’ai besoin de les piquer, je le ferai." Chacun s’en tiendra donc à la version du technicien. En attendant, tout Clermont sait qu’il aura besoin d’un Parra de gala pour nourrir des ambitions cette saison. Dès samedi face au leader bordelais. "Quand je parle d’équipe qui maîtrise son sujet, je pense à elle, souffle le demi de mêlée. Elle est où elle mérite d’être. La recevoir sera l’occasion de voir si on peut être dans les six." Difficile, encore une fois, de le contredire.

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