Les quatre survivants

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Sur les vingt-trois joueurs alignés samedi, seuls Fickou, Leroux, Chat et Vakatawa ont déjà connu l’enfer du Millennium. C’est peu, très peu même...

Il paraît que le Millennium Stadium (pardonnez de préférer ce nom à celui officiel du Principality Stadium) est un fabuleux enfer. L’enceinte à l’ambiance la plus impressionnante en Europe. La plus chaude en tout cas. Ils sont nombreux les adversaires à y avoir laissé des plumes avant même que le coup d’envoi ne soit donné. Parlez-en à la bande de Philippe Saint-André en 2014, quand les joueurs français avaient patienté trois longues minutes au milieu du terrain, sous un toit fermé permettant au rock craché par les haut-parleurs de résonner de façon assourdissante et dans un noir complet seulement trahi par les flammes projetées ici et là, pendant que les Gallois attendaient dans le couloir.

Et vous savez quoi ? Les Bleus avaient encaissé un essai au bout de quatre minutes d’un match rapidement plié. Le scénario n’est plus possible aujourd’hui, puisque les deux équipes doivent entrer sur la pelouse en même temps mais, de ce funeste souvenir, il n’en reste qu’un aujourd’hui : Gaël Fickou, alors 19 ans et remplaçant ce jour-là. Il vivait là sa première en ces lieux. Sacré baptême du feu, si l’on peut dire… N’empêche, si le trois-quarts centre (ou ailier !) du Stade français, désormais propulsé patron de la défense tricolore derrière, a déjà évolué à trois reprises à Cardiff (à chaque fois face aux Gallois), ils ne sont que quatre joueurs, sur les vingt-trois présents sur la feuille de match samedi, à avoir déjà visité le Millennium !

Un total extrêmement faible. D’autant que, si Bernard Leroux s’est lui aussi illustré à trois reprises en cet endroit, il n’y a affronté qu’une seule fois le XV du Poireau. Les deux autres, c’était lors de la Coupe du monde en 2015, face à l’Irlande et la Nouvelle-Zélande. Quant aux Racingmen Camille Chat et Virimi Vakatawa, ils ont également connu une expérience au Principality Stadium. Et pour le reste ? Personne.

Manque de vécu ou insouciance salvatrice ?

Ce manque d’expérience, pour ce qui s’annonce comme le déplacement le plus bouillant de Tournoi devant un adversaire que les Bleus ne battent plus (sauf miracle en 2017) depuis des lustres, est-il préjudiciable ? Oui, en un sens. Mais cette statistique - assez affolante de premier abord - n’est que la résultante d’un parti pris assumé lors de la prise de pouvoir de Fabien Galthié, à savoir un large renouvellement autant qu’un important rajeunissement de l’effectif. Cela ne pouvait s’accompagner que d’une carence de vécu à très haut niveau.

Certains, à l’inverse, défendront que cette génération, si fraîche et décomplexée, n’est justement pas marquée par ce triste passé récent. La grande majorité des troupes n’a pas subi les limbes de Cardiff. Et si c’était finalement sa principale qualité ? Vierge de tout stigmate et fort d’une insouciance salvatrice, elle se pointera samedi avec ses faiblesses mais aussi - et peut-être surtout - avec ses atouts. Ceux de garçons enthousiasmants dans le jeu et excités à l’idée de découvrir ce stade mythique, obsédés également par l’envie d’y écrire leur propre histoire. Et les Fickou, Leroux, Chat et Vakatawa seront là pour leur rappeler combien il faudra être grand pour y parvenir.

Jérémy FADAT
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