Si chers gallois

  • Quart de finale de Coupe du monde à Oita au Japon et dernièredésillusion tricolore pour l’équipe de France qui laisse filer 19 à 20une rencontre qu’elle aura pourtant dominée. Serin, Ollivon, Lerouxet Fickou seront de la revanche attendue ce samedi.Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Quart de finale de Coupe du monde à Oita au Japon et dernièredésillusion tricolore pour l’équipe de France qui laisse filer 19 à 20une rencontre qu’elle aura pourtant dominée. Serin, Ollivon, Lerouxet Fickou seront de la revanche attendue ce samedi.Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
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    Si chers gallois
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Bête noire depuis la demie victorieuse lors du mondial 2011, les Bleus n’ont battu les gallois qu’une fois en neuf confrontations. Cardiff le Principality stadium, si bouillant, est l’antre qui a souvent précipité la chute du XV de France dans le tournoi lors de la dernière décennie. Inexpérience la jeune équipe concoctée par Fabien Galthié ne comporte que peu de joueurs ayant connu l’enfer de Cardiff. espoir le quart de finale perdu au Japon il y a cinq mois face au XV du Poireau, après avoir dominé durant une heure, laisse augurer des jours meilleurs.

"Ce sont eux les deuxième mondiaux ? Sérieusement ? Ils se sont c*** au froc tout le match." Le cri du cœur, ce cri de rage, résonne encore dans le vestiaire du Oita Bank Dome et dans un coin des têtes tricolores. En ce 20 octobre 2019, Guilhem Guirado livre son ultime discours de capitaine, quelques instants après le coup de sifflet final d’un quart de Coupe du monde remporté contre le cours du jeu par les Gallois. Entre deux promesses d’un avenir radieux, le talonneur libère toute sa frustration du jour quand, de l’autre côté de la cloison, Warren Gatland reconnaît volontiers la supériorité de l’adversaire : "La France aurait mérité de gagner." Merci Gats mais le tableau d’affichage indiquait bel et bien le contraire : 19-20.

Le cauchemar était encore devenu réalité : les Galles-France sont toujours des matchs serrés et, à chaque fois ou presque, le Poireau domine le Coq à la fin. Drôle de fable. Sur les neuf dernières confrontations, Alun-Wyn Jones et ses partenaires se sont imposés à huit reprises. Et encore, la seule victoire tricolore a été décrochée après cent minutes de jeu, une interminable séance de mêlées et une filouterie réglementaire, à domicile, en mars 2017. Depuis la demi-finale du Mondial 2011, les Gallois sont devenus les ennemis les plus redoutables des Bleus. Pas les plus forts ni les plus dominateurs. Mais aucun autre adversaire n’a su autant mettre en lumière les manques et les errements des hommes de "PSA", Novès puis Brunel, dans la stratégie et la maîtrise. La rétrospective des confrontations entre les deux nations pourrait d’ailleurs donner lieu à un vidéo gag. On en rit ou en pleure, selon son camp : souvenez-vous de la collision Dulin-Doussain ayant offert un essai sur un plateau à George North en 2014, de la "passe décisive" au pied de Jules Plisson pour ce même ailier en 2016, des maladresses en série de François Trinh-Duc en 2018 et du festival de boulettes de l’an dernier, de la glissade de Yoann Huget aux craquages de Sébastien Vahaamahina.

Les précédents "PSA" et Novès

Entre moments de déconcentration et gestion calamiteuse des temps faibles, Guilhem Guirado et ses coéquipiers ont régulièrement précipité leur chute face à la troupe de Gatland, réputée, elle, pour son rideau de fer défensif et le pragmatisme de son rugby. Le réalisme, parlons-en justement. à l’exception du non-match de 2014 (27-6), jamais les joueurs de la principauté ne l’ont emporté par plus de dix points d’écart. Deux des trois derniers revers ont même été concédés sur la plus courte des marges. Un rien sépare les deux équipes. Mais ce rien change tout. Jusqu’à présent…

Le XV de France version Galthié va-t-il voir son élan se fracasser au Principality Stadium (ou Millennium Stadium pour les plus nostalgiques), comme celui de Guy Novès en son temps ? En 2016, le technicien toulousain avait débuté son mandat par deux succès à l’arraché à Saint-Denis, contre l’Italie et l’Irlande, avant de se rendre à Cardiff où les bribes de promesses d’un renouveau s’étaient consumées… La spirale négative née ce jour-là avait ensuite tout ravagé sur son passage. Déjà, deux ans plus tôt, ce troisième match dans le Glamorgan avait trucidé "PSA" et sa bande, précédemment vainqueurs de l’Angleterre et de l’Italie et donc en lice pour la victoire. Le pays de Galles, briseur d’espoirs officieux du rugby français.

Pour les Bleus nouvelle génération, ce détour dans l’arène galloise, au cœur même du Tournoi, constitue donc un examen de passage o combien révélateur. Alors, Charles Ollivon et ses associés possèdent-ils le cran et le mental nécessaires pour s’imposer là où plus aucune équipe de France ne l’a emporté depuis maintenant 2011 ? Guilhem Guirado avait émis ce vœu pieux depuis Oita : "On a bouffé le pain noir, maintenant, c’est fini." De l’enfer au paradis, il reste un pas de géant à franchir, samedi, dans le brasier de Cardiff.

Vincent BISSONNET vincent.bissonnet@midi-olympique.fr
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