L'Aviron sur le chemin du renouveau

  • Les Bayonnais de Bathélémy ont renoué avec la victoire face au Stade français. Prochain objectif : vaincre Toulouse à Jean-Dauger.
    Les Bayonnais de Bathélémy ont renoué avec la victoire face au Stade français. Prochain objectif : vaincre Toulouse à Jean-Dauger. Midi Olympique / Pablo Ordas / Midi Olympique
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Après avoir laissé échapper des points précieux à Jean-Dauger, lors d’une période de disette de quatre mois, Bayonne a battu une équipe de référence. Et dans un match à huit points.

"C’était le match de la mort et on est encore vivant !" Les propos de Guillaume Ducat qui a vécu une semaine sur un nuage, étaient révélateurs d’une angoisse que les Bayonnais ont su chasser. Repris d’une autre manière par un Julien Tisseron métamorphosé comme tous ses coéquipiers : "C’est une fierté d’avoir gagné. On l’attendait depuis un moment. On voulait les quatre points quelle que soit la manière. C’est chose faite." Avant toute analyse, Yannick Bru retenait en premier lieu les sourires revenus dans le vestiaire. "C’est important pour la dynamique de groupe. Notre état d’esprit, le destin, les cartons jaunes, l’indiscipline du stade français, les faits de jeu, ont fait qu’on a pu basculer du bon côté."

Alors, qu’y a-t-il de changé pour que Bayonne aujourd’hui soit en mesure de vaincre enfin une équipe concurrente pour le maintien après avoir été battue par Pau, Agen et tenue en échec par Brive à Jean-Dauger ? Pour faire mettre un genou à terre à une formation qui n’a pas le profil de son classement et qui avait amorcé un redressement manifeste ? Beaucoup de paramètres qu’ils soient mentaux ou techniques, les deux étant liés de toute manière.

Cette courbe qui s’inverse a pris son essor à Montpellier. "Douze matchs, douze finales", avait décrété Yannick Bru qui a mis ses troupes devant ses responsabilités après le fiasco d’Agen. Un discours qui porte ses fruits pour le moment. Un point pris dans l’Hérault, quatre ce samedi. Contraste avec cette période de quatre mois sans victoire. "On s’est dit des choses après le match d’Agen, expose Julien Tisseron. La dynamique, c’est vrai, s’est rallumée après les vacances. Jusque-là, on avait vécu une période compliquée avec des coupures, des matchs à enjeu sous la pluie, des circonstances pas en notre faveur. Maintenant, il ne faut plus qu’on doute." Ces incertitudes ont été levées en deux matchs. Pourtant enfoncées comme un coin par les conjonctures et qu’il fallait balayer d’abord par le côté technique. Face au Stade français, ces aspects stratégiques ont été bien abordés. "On a pris le score, souligne Julien Tisseron, grâce à Max (Lafage), notre buteur. C’est ce qu’il nous a manqué quelques fois. On a su aussi les laisser chez eux en fin de match, ce que l’on n’a pas su faire contre Agen. On a chassé les vieux démons." Le deuxième ligne bayonnais convoqué chez les Bleus, lui, voulait y ajouter un autre paramètre, l’efficacité recouvrée des avants. "On a retrouvé la conquête et un buteur. Ça fait du bien. En mêlée, et malgré leur grosse mêlée, on a réussi à prendre un peu le dessus. En touche, ça a été très propre. On a avancé sur les ballons portés."

Un banc à la hauteur

Le banc aussi a pris sa part dans cette efficacité retrouvée. Avec des joueurs polyvalents qui peuvent se repositionner au gré des entrées. "On savait qu’ils avaient un banc moins qualitatif que les joueurs qui débutaient, explique Yannick Bru. Je savais que cela se jouerait sur la deuxième mi-temps. Ça a fonctionné à plein. Mais il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans." Tout ce que l’on a coutume de nommer "détails" a donc tourné en faveur de l’Aviron bayonnais. Mais pas d’étonnement de la part de Yannick Bru. Pas d’exaltation, pas plus qu’il n’y avait eu vraiment tourment. "Beaucoup de matchs ont basculé sur pas grand-chose. Aujourd’hui, "ce pas grand-chose" était avec nous. Il ne faut surtout pas s’emballer."

Tous ces éléments mis bout à bout ont permis à Bayonne de, tout simplement, se relancer. Le plus dur est-il fait ? L’aviron a-t-il réussi à forcer le destin et à trouver les composants pour se remettre dans le droit fil de son début de saison ? En tout cas, il rebondit. "Tout le problème est là pour nous, continue le manager. Arriver à respecter notre ADN qui passe par le jeu et accepter cette pression qui fait que l’on joue gros à chaque rencontre. Trouver cet équilibre n’est pas facile. Vous (la presse) êtes là pour nous rappeler qu’on avait enchaîné beaucoup de défaites dans des matchs à pression. Ça rajoute de la pression à la pression. Ce qui n’est compatible avec l’épanouissement dans le jeu. Mais c’est le chemin que l’on devra emprunter."

Le prochain obstacle sur la route du renouveau sera Toulouse, samedi prochain, à Jean-Dauger. "Il faudra envoyer des camions de mecs à Lourdes pour gagner… explique l’ancien toulousain. C’est pourquoi je savais que ce match face au Stade français avait une importance double. Parce que ce sera un véritable exploit que de battre Toulouse ici." À vérifier…

Edmond Lataillade
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