O'Gara : « Le diable est dans le détail »

  • Jules Plisson et les Rochelais ont dominé les vingt premières minutes avant de voir les Toulonnais de Sergio Parisse et Raphaël Lakafia les mettre en difficulté. Ce sont tout de même les Maritimes qui l’ont emporté…
    Jules Plisson et les Rochelais ont dominé les vingt premières minutes avant de voir les Toulonnais de Sergio Parisse et Raphaël Lakafia les mettre en difficulté. Ce sont tout de même les Maritimes qui l’ont emporté… / Xavier Leoty
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La réaction était attendue, elle a eu lieu. Après leur défaite au Stade français, les Rochelais se sont remis à la tête à l’endroit contre Toulon et conservent une position confortable au classement.

"The devil is in the detail. Tu comprends cette expression ? Le diable est dans le détail." Ronan O’Gara est plus que bon dans l’exercice des conférences de presse. En débarquant tout sourire alors que plus personne ne l’attendait, l’Irlandais s’est réjoui de la victoire sur le fil face à Toulon (17-12), importantissime à défaut d’être rassurante. Car les Toulonnais étaient plus forts physiquement. Meilleurs en conquête. Moins indisciplinés que leurs adversaires. Et ont mieux terminé la rencontre. Mais à la fin, c’est La Rochelle qui gagne. "Chaque lundi, j’ai des statistiques et en les regardant je me demande : "Mais c’est quel match ça ?" Elles peuvent être hyper dangereuses." Le rugby ne s’explique pas en stats mais elles peuvent parfois confirmer des bons dires. Comme la supériorité en conquête des hommes de Patrice Collazo avec un 3 sur 8 pour les Rochelais en mêlée et 4 sur 7 en touche.

Alors c’est grave docteur ? Sans blouse blanche mais avec des mots toujours très vrais, Jérémy Sinzelle répondait : "C’est la base du rugby… C’est l’arbre qui cache la forêt. Il faut rester positif, mais au bout d’un moment, attention. Positiver pour positiver, ça va cinq minutes. Il n’y a pas que les avants. On fait un sport collectif. Il faut que la semaine tout le monde soit mobilisé. Là j’ai l’impression que ce sont les trois-quarts d’un côté et les avants de l’autre. Il va falloir qu’on soit tous ensemble pour avancer et en ce moment ce n’est pas le cas." Et l’un des intéressés, qu’est-ce qu’il en pense ? Facundo Bosch, le talonneur aux 80 minutes contre Toulon, était le seul bougre du pack présent en conférence de presse d’après-match. Questionné sur la mêlée, l’Argentin répondait sans langue de bois. "Je pense que c’est plus sur la première mi-temps. Il faut continuer à travailler, si on veut être le 26 juin à Paris (comprenez en finale), il faut rectifier la conquête. On a un pack qui n’est pas très lourd et je pense qu’il faut jouer plus collectivement. Parfois, les première ligne nous ne sommes pas ensemble, les deuxième et troisième ligne on ne pousse pas ensemble. On a de bons joueurs et on va la retrouver."

Sans mêlée donc, mais aussi avec une indiscipline chronique (13 pénalités concédées) et une touche intermittente du spectacle, les Rochelais ont quand même gagné. Les statistiques n’ont qu’a bien se tenir, la force de cette équipe réside peut-être dans un état d’esprit conquérant. Et si pour Jérémy Sinzelle, ce n’est "que le Smic au rugby", La Rochelle prouve une nouvelle fois que le groupe semble hermétique même dans les moments difficiles. "Même lorsqu’on reculait en fin de match, le langage du corps était positif, tout le monde s’encourageait et c’est pour ça que tu arrives à gagner, expliquait Jules Plisson, auteur d’un 4 sur 5 au pied. C’est un groupe super soudé, qui a envie de faire de belles choses et petit à petit on avance."

Pas de place pour le doute

Ce La Rochelle - Toulon s’est davantage joué dans un combat de tous les instants. "On n’a jamais été en danger de concéder un essai, c’est une bonne après-midi, se réjouissait Ronan O’Gara. Le plus important ce sont les hommes. On en a vu aujourd’hui. Et c’est pour ça que le stade est plein chaque samedi. Je suis fier de mon équipe." Depuis le 21 décembre dernier et un match contre l’UBB, les Rochelais avaient toujours au moins inscrit un essai. Contre le RCT, c’est une nouvelle fois Arthur Retière qui a fait la différence sur son aile, après une longue action de plus de dix temps de jeu dans les 22 mètres toulonnais. Comme les joueurs l’ont confirmé, la frustration de la défaite au Stade français était encore présente dans toutes les têtes cette semaine.

Le doute aurait pu s’installer. Il n’en fut rien. "On savait que Toulon venait avec l’envie de gagner. On s’est dit qu’il fallait qu’on garde le ballon. Le problème c’est qu’on a joué vingt minutes et après on s’est fait pénaliser, ils sont revenus et le rythme du match était saccadé, regrettait Plisson. Il faut qu’on retienne les vingt premières minutes et l’envie de ne rien lâcher. Sincèrement, il y a 16 000 personnes, et c’est juste incroyable de les entendre tout le temps. S’ils ne sont pas là, ce n’est pas sûr que tu gagnes le match à la fin." À la Paris-La Défense-Arena, il faudra faire sans. À moins que…

Paul Arnould
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