Rémi sans famille

  • Les Girondins de Rémi Lamerat ont marqué les esprits samedi soir en dominant Clermont, bonus offensif à la clé.
    Les Girondins de Rémi Lamerat ont marqué les esprits samedi soir en dominant Clermont, bonus offensif à la clé. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Après trois saisons sous le maillot clermontois, Rémi Lamerat a effectué un retour tonitruant au Michelin, où il s’est rappelé au bon souvenir de ses anciens supporters en apportant son écot à la victoire bonifiée du leader, aux côtés d’un Radradra des grands soirs.

C’est Christophe Urios qui, de par son art consommé de la formule, résuma le mieux la situation samedi soir. "Je crois qu’on a marqué des points et les esprits. " Ceux des Clermontois, en tout cas, s’ils n’étaient pas encore totalement convaincus par le caractère de cette UBB new-look… Auteurs d’un véritable récital offensif derrière, les Girondins se sont surtout permis le luxe de dominer l’ASM à l’usure là où elle ne s’y attendait pas, c’est-à-dire dans les collisions et le combat de la ligne d’avantage, notamment en la bousculant sur son point fort du milieu de terrain. Où un homme s’est rappelé au bon souvenir d’un club qui, voilà quelques mois, ne lui offrait qu’une reconversion au poste de troisième ligne… "J’ai évolué aux côtés de beaucoup de centres dans ma carrière mais Rémi, quand il est libéré et qu’il est en confiance, il n’est vraiment pas drôle à jouer, soufflait avant la rencontre Wesley Fofana. Il est affûté, il a fini une bonne partie de ses études donc il est focalisé sur sa saison avec l’UBB et il montre qu’il n’est pas juste là-bas pour préparer sa reconversion. Son petit côté animal, de foncer sans réfléchir pour faire avancer son équipe, sûrement que cela nous manque cette saison… On essaye de réveiller ça mais c’est vrai que ce style de joueur, ce style de mec, manque toujours à un club. "

"On a eu du c… sur deux actions "

Des propos qui se sont avérés des plus prémonitoires, tant Lamerat a pesé sur les débats. Pour autant, fidèle à son image de gentil garçon, le Girondin ne fanfaronnait pas, conscient que le contexte de la rencontre jouait à plein pour son équipe. "Nous sommes dans des spirales différentes… C’est dur d’en parler pour moi, car je suis du bon côté. On travaille beaucoup et on est payé de nos efforts, mais je suis persuadé que Clermont travaille tout autant, et ne l’est pas. Ça me fait bizarre de les voir comme ça et pourtant, même si on s’y attendait, ils nous ont secoués… Honnêtement, s’il y avait eu 20-0 au bout de vingt minutes, il n’y aurait rien eu à redire ! On était dominé sur chaque ruck, sur chaque collision, ils prenaient systématiquement la ligne d’avantage… Honnêtement, à la mi-temps, on n’avait rien à se dire. Mais on a eu assez de cul en faisant carton plein sur deux actions qui nous ont permis de rester collés au score. " Du cul, ouais… Et du talent, aussi. La modestie de Rémi Lamerat en souffrira peut-être mais il en fallait tout de même un peu, pour échapper à Nanai-Williams puis Morgan Parra de deux crochets intérieur et marquer entre les poteaux un essai rageur, à l’intérieur du magicien Semi Radradra…

Avec Radradra, la meilleure paire du championnat

Au sujet du Fidjien, auprès de qui on peut sans doute affirmer qu’il forme aujourd’hui la meilleure paire de centres du championnat, Lamerat ne se privait d’ailleurs pas de lui tresser quelques lauriers. "C’est quand même un joueur à part, souriait Lamerat. Il rend le rugby simple et quand on est à côté, ça rend les choses plus faciles. On se prend peut-être un peu moins la tête sur telle ou telle combinaison. Quand on est dans la merde, on lui fait la passe, et voilà… " "Pour avoir une grande équipe, il faut de grands joueurs, pointait le plus justement du monde Christophe Urios. Et en ce moment, Semi est incroyable, déterminé à bien finir son aventure en France et à Bordeaux. À l’image de l’équipe, il a été bon dans l’agressivité, comme sur cette dernière action où il nous permet d’aller chercher le bonus. Il a tout pris au Clermontois : le ballon, son portefeuille, la clé de sa voiture…" De quoi déclencher la colère d’un public clermontois qui, tout au long de la partie, n’eut de cesse de réclamer un carton sur chacune des interventions défensives de Radradra, il est vrai parfois à la limite, dont l’une valut notamment un spectaculaire KO à Rémi Grosso. Reste qu’on ne prête qu’aux riches, et que l’UBB de Rémi Lamerat en est incontestablement un nouveau cette saison, quand l’ASM sombre petit à petit vers le ventre mou, et se voit désormais arbitrée comme n’importe quelle équipe. Difficile d’y voir un hasard…

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