La clé du sol écossaise

  • Hamish Watson, l’homme du match, maître gratteur et pas si mauvais porteur.
    Hamish Watson, l’homme du match, maître gratteur et pas si mauvais porteur. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Les Écossais ont infligé une humiliante "fanny" à l’Italie avec trois essais. Ce ne fut pas le match du siècle, c’est sûr. Mais les Écossais ont fait merveille au grattage avec un énorme Hamish Watson.

L’Écosse s’est forcément ragaillardie avant de retrouver la France, mais ce succès de Rome, trois essais à zéro quand même, n’offre pas tant de garanties. Tout est tellement désespérant pour ces Italiens, dépourvus de talent. Ils ont terminé "fanny" pour la deuxième fois dans le même tournoi. Ça, ils ne l’avaient encore jamais fait… À se demander jusqu’où ils vont creuser leur propre tombe à l’image de la pauvreté de leurs deux demis de mêlée, Callum Braley et Guglielmo Palazzani.

Mais on a bien senti que Greg Townsend, a fini le match avec un peu plus d’oxygène dans ses poumons. Il a démontré qu’il pouvait offrir une victoire à son pays, même sans son mauvais génie Finn Russell.

Mais on n’ira pas jusqu’à affirmer que son remplaçant, Adam Hastings, a prouvé quoi que ce soit. Le pauvre ouvreur de Glasgow n’a pas fait une grande partie, même si, ironie du sort, il a marqué le dernier essai, presque en marchant sur quarante mètres. Son deuxième ligne Scott Cummings venait de grappiller un dernier ballon au sol après un mauvais choix de… Palazzani. Les Italiens, pris à revers, n’avaient plus les jambes pour se replier. Coup de poignard cruel, mais pas illogique. L’Écosse a mérité son succès car elle joue mieux au ballon, c’est tout, malgré quelques couacs. Et si l’on devait trouver un secteur clé de sa supériorité, ce serait le jeu au sol. Treize turnovers en cinquante minutes selon les chiffres de France Télévisions, mais les stats officielles du Tournoi affichaient une autre statistique : onze turnovers contre six en 80 minutes. Chacun choisira mais l’avant-aile Hamish Watson n’a pas volé son titre "d’homme du match".

Cette fois, Hogg a bien aplati

Notre perception fut bien celle-là : les Écossais ont très souvent gratté des munitions au sol, qui ont privé l’Italie de toute possibilité d’asseoir une domination. Le score a gentiment gonflé à partir de là. On se souviendra que Stuart Hogg a marqué le premier essai sur un exploit personnel au large ; grâce à sa vitesse et que, cette fois, il a bien aplati dans l’en-but.

On retiendra aussi la patience presque énervante des Écossais devant la ligne adverse. Une quinzaine de temps de jeu "petit bras" avant que Chris Harris ne surgisse, lancé pour le dernier coup de reins. Oui, c’était énervant, mais c’était bien joué. Comme l’essai de Price refusé à la vidéo pour une passe en-avant de Watson, capable aussi de percer plein champ. "Je pense quand même que ce succès nous permettra de jouer nos deux derniers matchs avec moins de pression. Nous n’avons pas joué avec beaucoup de fluidité je l’admets, sans doute à cause de l’adversaire et de tout ce qui pesait sur nos épaules", argumenta Townsend, qui en profita aussi pour rendre hommage à son nouvel adjoint Steve Tandy, responsable de la défense. Homme de l’ombre qui cherchera à perturber les Français, à son niveau.

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