L’Irlande démolie

  • À l’image des deuxième ligne Maro Itoje et James Ryan, l’Angleterre et l’Irlande se sont empoignés. Mais privée d’une charnière performante, l’Irlande a fini par craquer. Photo Icon Sport
    À l’image des deuxième ligne Maro Itoje et James Ryan, l’Angleterre et l’Irlande se sont empoignés. Mais privée d’une charnière performante, l’Irlande a fini par craquer. Photo Icon Sport PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

Deux semaines après sa victoire poussive remportée dans des conditions dantesques face à l’Ecosse, l’Angleterre a fait taire les critiques en démolissant l’Irlande. Un XV du Trèfle qui a vu sa charnière passer totalement à côté de son match. Une donnée que les Bleus, qui termineront leur Tournoi par une réception de l’Irlande feraient bien de garder en tête…

Avant cette rencontre, tous les regards étaient tournés vers le centre Owen Farrell, qui affrontait à distance son père Andy, devenu sélectionneur de l’Irlande. Mais rapidement on a tourné la tête vers les Irlandais, et surtout vers leur ouvreur Jonathan Sexton qui a signé une première mi-temps proprement catastrophique. Son calvaire débuta dès la huitième minute, quand il ne put se saisir d’un ballon dans l’en-but que son adversaire direct George Ford aplati aussitôt. Quelques minutes après, l’ouvreur du Leinster essayait de se rassurer en tentant sa "spéciale" : une grande diagonale pour son ailier Andrew Conway qui appelait la balle dans le champ profond. Sauf que la balle n’atteignit jamais sa cible : tapée à plat, la supposée diagonale cloua l’ailier sur place qui dût négocier une réception sous la pression défensive anglaise… Peu avant le quart d’heure de jeu, Sexton touchait le fond en manquant une pénalité facile, à trente mètres en face des poteaux. Mais ce n’était pas fini : à la demi-heure de jeu, le Leinstermen perdait sa chaussure et tombait comme un minime en faisant une passe. Dans la foulée, il refusait de courir et délaissait ainsi le champ profond qu’atteignait aussitôt l’arrière anglais Elliott Daly d’un coup de pied précis. Autant de bourdes indignes du standing de Sexton qui laissaient l’Irlande sans maître à jouer. Le pire, c’est que Conor Murray ne paraissait pas en meilleure forme que son part. Dans ces conditions, le XV du Trèfle se trouvait incapable de sortir de son camp. Sauf qu’au sol, les Irlandais se montraient incapables de répondre à la puissance anglaise. Une puissance incarnée par Manu Tuilagi, auteur de véritables ravages au centre du terrain, ainsi que Sam Underhill et Courtney Lawes, plus percutants que jamais au plaquage, mais aussi Maro Itoje, qui fut une véritable plaie pour les Irlandais.

Itoje, ce poison…

On se demande même si le deuxième ligne des Saracens n’avait pas mis un contrat sur James Ryan et CJ Stander, (deux des meilleurs Irlandais sur le terrain avec le flanker Peter O’Mahony), tant il les malmena toute l’après-midi. Même Owen Farrell ajouta son grain de sel pour agacer encore Stander, à l’image de cette séquence où l’ouvreur s’entêta à s’accrocher à la jambe de Stander derrière un ruck…

Mais le grand vainqueur de la journée s’appelle Eddie Jones. Conspué Outre-Manche pour sa composition d’équipe, il fait taire tous ces détracteurs. Jonathan Joseph a brillé à l’aile, Courtney Lawes a été nommé homme du match, Ben Youngs s’est superbement repris à la mêlée et Tom Curry, maintenu contre vents et marées au poste de numéro huit a poursuivi son apprentissage au poste.

En face, l’Irlande a vu ses rêves de Grand Chelem se briser sur la défense anglaise. Sans charnière et incapables de se défaire des montées défensives adverses, les Irlandais n’avaient nulle part où aller, jusqu’à l’heure de jeu et l’entrée des remplaçants qui ont redonné un coup de fouet à leur équipe. On pense notamment au demi de mêlée de l’Ulster Cooney qui, en une vingtaine de minutes, a filé un sacré coup de vieux à Conor Murray. Le sélectionneur Andy Farrell osera-t-il lancer sa jeune garde dans quinze jours face à la faiblarde Italie ? On l’ignore, mais pour tout dire on en doute. Car Sexton est aussi capitaine, ce qui le rend encore plus intouchable. Et puis même sur une jambe, la charnière irlandaise devrait pouvoir facilement triompher de cette Italie qui n’en finit plus de décevoir. Mais si de telles contre-performances de la charnière irlandaise venaient à se répéter, la question viendrait assurément à se poser.

Voir les commentaires
Réagir