L’Italie vers un nouvel "anti-trophée"

  • Jake Polledri est capable de faire illusion par moments au sein d’une équipe hélas fantomatique. Les vrais amoureux du Tournoi le regrettent.
    Jake Polledri est capable de faire illusion par moments au sein d’une équipe hélas fantomatique. Les vrais amoureux du Tournoi le regrettent. LaPresse / Icon Sport / LaPresse / Icon Sport / LaPresse / Icon Sport
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Ceux qui militent pour un Tournoi le plus équilibré possible n’auraient pas été fâchés par un succès des Italiens. Une petite voix laissait entendre que c’était possible. Après tout, les Azzuri avaient construit quelques bons mouvements au Stade de France.

L’Écosse est historiquement, la sélection qui réussit le mieux aux "autres" Tricolores. Combien de temps a-t-on cru l’exploit possible ? À vu de nez, 23 minutes. Une action énorme de Mattia Bellini fit remonter le ballon sur plus de cinquante mètres avec un relais de Jayden Hayward (un peu isolé). Le public romain s’était levé. Mais le mouvement fut mis en échec par la défense adverse, l’Écosse répliqua illico par un essai magistral de Stuart Hogg (victoire finale 17-0).

La chance de l’Italie était passée, encore une fois, et nul ne sait quand elle se représentera. Le dernier invité dans le Tournoi est donc bien parti pour une nouvelle "cuiller de bois"* cet anti-trophée qui stigmatise celui qui a tout perdu. Ce serait la cinquième consécutive, une série noire que personne n’a jamais connue dans le passé. L’Écosse s’est "limitée" à trois dans les années cinquante et la France débutante n’en avait subi que deux dans les années 1910.

Qu’est ce qui manque à l’Italie ? Un peu de tout, tout simplement. De la puissance, du talent, de la maîtrise, de la profondeur d’effectif, de l’efficacité dans les tirs au but. Il manque même de la force en mêlée, un ancien point fort. Le pilier droit Giosue Zilocchi fut remplacé dès la demi-heure de jeu.

Polledri, quelques statistiques comme un radeau

On se raccroche alors à certains signes, comme les statistiques du troisième ligne Jake Polledri par exemple. Il figure dans les trois meilleurs "casseurs" de plaquage du Tournoi, dans les trois meilleurs gratteurs aussi.

Il a fait illusion vers la demi-heure de jeu, une percée toute en puissance qui aurait pu amener un essai… sauf qu’il fit une passe à l’adversaire qui remonta le terrain jusqu’à un essai (finalement refusé). Les statistiques ne disent pas toujours la vérité, et en plus Jake Polledri est aussi l’un des trois joueurs les plus pénalisés du Tournoi 2020.

Cette équipe peut-elle menacer l’Irlande et l’Angleterre ? Ça relève presque du fantasme où d’un coup du sort extraordinaire (des cartons rouges précoces pour l’adversaire). On a de la peine à l’écrire, par les temps qui courent, cette équipe entre plutôt dans l’Histoire par le bas. Jamais encore, elle n’avait vécu deux "fannys" dans le même Tournoi. C’est désormais chose faite…

* Nous appelons "cuiller de bois" un tournoi à zéro victoire. Certains étendent cet anti-trophée à une simple dernière place.

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