Ses derniers impératifs

  • Julien Tisseron et les Bayonnais sont face à un immense défi en recevant l’ogre toulousain.
    Julien Tisseron et les Bayonnais sont face à un immense défi en recevant l’ogre toulousain. / Pablo Ordas
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Après sa victoire aux dépens du Stade français, une première depuis quatre mois, l’Aviron rêve d’un doublé. Face à Toulouse, le polyvalent basque s’emploiera à mettre Bayonne sur le chemin du maintien avant de rejoindre Montpellier.

Larressore, ce village du Pays basque dont la réputation s’est fait grâce au makhila, ce bâton de marche basque qui y est fabriqué, cache aussi des joueurs de rugby célèbres qui ont pris la route de l’Aviron bayonnais. Le premier d’entre eux est Jean Iraçabal, 34 sélections, la référence des piliers basques, le roc qui ne reculait jamais, celui que les All Blacks surnommaient l’indomptable. Aujourd’hui ce sont les trois-quarts qui ont pris la relève. Julien Tisseron a fait ses classes dans ce club d’"Inthalatz" où il a débuté à l’âge de 6 ans, avant de rejoindre Bayonne en cadets. "Il y a aussi Thomas Dolhagaray (demi d’ouverture, international moins de 20 ans, N.D.L.R.), s’empresse-t-il de préciser. On est deux du village. Ça fait plaisir."

Il goûtera à pratiquement tous les postes derrière, sauf celui de demi de mêlée, jusqu’en espoirs où il se fixe à l’arrière. Cette saison, avec la venue de Djibril Camara, il sera décalé à l’aile. Peu importe. "Si je peux avoir plus de temps de jeu en glissant à l’aile, commente-t-il, j’en suis très content. Mais j’ai davantage de repères à l’arrière, j’affectionne ce poste." Face à Toulouse et sûrement pour le reste de la saison, en raison de la blessure de l’ancien Parisien, il endossera le numéro 15. Yannick Bru s’appuiera sur sa polyvalence et pas seulement… "Julien a fait un excellent match face au Stade français. Ça nous ouvre des perspectives pour remplacer Djibril."

Comme toute l’équipe, Julien Tisseron est en plein renouveau depuis deux matchs. Un regain de fraîcheur bien salutaire après la contre-performance à domicile face à Agen. "On démarre un nouveau championnat. La trêve a fait du bien dans nos têtes. Maintenant, il n’y a plus de matchs à domicile ou à l’extérieur. Il faut prendre des points partout, sans calcul. Ces deux derniers matchs ont montré notre motivation, notre implication. Même celui de Montpellier nous laisse des regrets."

être opportunistes

Alors que se profile Toulouse, le match le plus craint par Yannick Bru (voir "à suivre"), Bayonne peut-il venir à bout des champions de France ou même prendre des points comme il l’a fait lors de ses deux derniers rendez-vous ? "Il faudra une grosse performance collective, insiste l’arrière bayonnais. Un exploit. Pour rivaliser avec Toulouse, il faudra que tous les voyants soient au vert, trouver les failles, faire un gros match sur tous les points, s’engager à 100 %, être complet partout. Avec trois secteurs primordiaux : la défense, la discipline et la réussite. Arriver à saisir les opportunités, s’ils nous en laissent. Et espérer qu’ils soient dans un jour moyen…" Et même avec sept joueurs retenus avec l’équipe de France, l’efficacité de Toulouse impressionne toujours et encore Julien Tisseron. "En face moi, s’il n’y a pas Ramos, il y a Kolbe, s’il n’y a pas Kolbe, il y a Médard… " Le goût de la victoire revenu, l’arrière aborde néanmoins la venue du champion de France avec moins d’appréhension. "En fait, la victoire n’a rien changé. Il faut continuer à y croire. En revanche, si on avait perdu, là, ça aurait changé beaucoup de choses." À 24 ans, avec déjà une solide expérience du championnat, il débuté voici cinq ans et en est à sa deuxième saison de Top 14, Julien Tisseron va prendre une autre direction, celle de Montpellier, sujet sensible qu’il ne veut pas aborder. À ses yeux, seul le présent compte, le destin de Bayonne. Il sera bien temps de reprendre plus tard son bâton de pèlerin… qui est aussi un bâton de défense. Seule fonction utile en ce moment.

Edmond LATAILLADE
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