À cœur vaillant, rien d’impossible

  • Lancé à pleine vitesse dans la défense oyonnaxienne, Bastien Vergnes-Taillefer n’a pas levé le pied dans le défi physique. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Lancé à pleine vitesse dans la défense oyonnaxienne, Bastien Vergnes-Taillefer n’a pas levé le pied dans le défi physique. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Colomiers, portés par un inoxydable volonté d’avancer, et aidés par l’apport d’un banc en acier trempé, les haut-garonnais ont surmonté l’obstacle oyonnaxien avec générosité.

Colomiers a confirmé son nouveau statut de gaillard du Pro D2. Au cours d’une rencontre de bruit et de fureur, où chaque contact fut âpre, où chaque ballon fut sévèrement disputé, la troupe columérine n’a pas lâché un pouce de terrain, montrant qu’elle tenait plus que bien le choc, notamment en conquête directe, face à un cador de la division. Il y avait pourtant quelques absents de marque dans le huit de devant et notamment Beka Sheklashvili qui faisait défaut sur le flanc droit. Mais c’est la force de Colomiers cette saison : même sans certains maillons forts, la Colombe ne panique pas. Mieux même, elle s’en remet à ses grognards (Béco, Bézian toujours inoxydables mais aussi Gori, Dubois et Granouillet), à des revanchards en quête de temps de jeu, en train de franchir un cap, (Thomas, Fontaine et Soulan) et enfin à sa jeunesse, incisive et tranchante. Ils étaient cinq (Barlot, Vergnes-Taillefer, Moro, Delas et Tartas) issus du centre de formation et inscrits sur la feuille de match au coup d’envoi.

Quand la colombe fait plus que front

Il fallait notamment voir les Gaëtan Barlot et Bastien Vergnes-Taillefer, 22 ans chacun, symboles de la génération 1997, partir au ras des rucks et s’y engouffrer goulûment. Les deux joueurs, pas encore sous contrat professionnel - Barlot est en dernière année de contrat espoir et devrait rejoindre le Top 14 la saison prochaine et Castres, Vergnes-Taillefer est sous convention du centre de formation - ont mis constamment leur équipe dans l’avancée. "Ça ne m’étonne plus trop", avançait Fabien Berneau, l’entraîneur des avants qui les a vu de près en tant que directeur du centre de formation pendant quatre saisons.

Pour sa neuvième titularisation, Bastien Vergnes-Taillefer, déjà en vue à Grenoble lors de la 1re journée, a montré toutes ses qualités et son appétence pour ce rugby de défi. À la 57e, c’est lui qui, aidé par Hugo Pirlet puis Thomas Dubois, réussissait une merveille de contre-ruck, dans l’axe et donc à la régulière. Ce même Pirlet, droitier de formation, reconverti gaucher cette saison, qui bien aidé par Manukula qui poussait derrière montra également à la régulière sa bonne tenue en mêlée fermée quelques instants plus tard. À droite, une fois n’est pas coutume. Auteur de sa deuxième réalisation en force, le joueur prêté par le Stade toulousain pour la deuxième année savourait, lucide : "Que l’on soit titulaire ou remplaçant, chacun amène sa pierre à l’édifice. En tant que remplaçant, la durée de nos rentrées importe peu, que ce soit dix, vingt ou trente minutes. Tant qu’on est efficace, c’est ce qui compte." Avec cet état d’esprit, Colomiers n’en a pas fini d’en étonner plus d’un.

Enzo DIAZ
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