Double effet kiss cool

  • Le jeune ouvreur toulonnais Louis Carbonel a, sur cette dernière pénalité, libéré tout le stade Mayol. Photo Julien Poupart
    Le jeune ouvreur toulonnais Louis Carbonel a, sur cette dernière pénalité, libéré tout le stade Mayol. Photo Julien Poupart / Julien Poupart
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Et d’une pénalité de Carbonel, la peur a fait place à la joie, dans un stade Mayol en fusion... Bousculés et menés jusqu’à la 83e minute, les Toulonnais ont fini par arracher un succès (19-18) qui sera on ne peut plus précieux dans la course au Top 6.

Quelle ne fut pas la déception varoise quand, une semaine plus tôt, Ludovic Cayre renvoyait les trente acteurs aux vestiaires, scellant le revers toulonnais (17-12) en terres rochelaises. Sur la rade, certains se voulaient optimistes et fervents défenseurs du "un bonus à l’extérieur face à un concurrent au top 6, ce n’est pas rien". Et comptablement, difficile de leur donner tord… Pour autant, les autres -Patrice Collazo en tête- ne voulaient se contenter d’un petit point. Trop dominateurs en mêlée fermée et globalement solides, les joueurs toulonnais ne pouvaient accepter cette courte défaite. "On aurait pu enclencher une dynamique positive avec ce match. On n’a pas été capables de sécuriser la victoire dans les cinq dernières minutes. Nous avons besoin de points pour rester dans le haut du classement. Et il n’y aura pas de points pour tout le monde contre Paris, donc c’est à nous de savoir ce que l’on veut." Alors pour relancer cette fameuse "dynamique" positive -et surtout une série de victoires- les coéquipiers d’un Emerick Setiano omniprésent ce dimanche soir, avaient bien compris qu’ils n’avaient d’autre choix que de s’imposer, face à un mal classé. Les enjeux pour Toulon étaient donc clairs : terminer sur une bonne note ce bloc court (trois matchs), prendre leur revanche d’un match aller perdu à la dernière seconde (33-30) mais surtout rester sérieux pour conforter leur place parmi les qualifiables. Si on rajoute à tout cela que le soleil avait remplacé la pluie annoncée à la dernière minute, ainsi que tout le romantisme qui entourait les premières retrouvailles entre Sergio Parisse et le Stade français, et tous les éléments semblaient réunis pour voir une rencontre ouverte.

Dridi et Ory sonnent la révolte…

Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu dans le "théâtre des rêves", et les Parisiens -puissants à souhait- marquaient immédiatement Toulon. Vaillants au sol, opportunistes en touche et bien aidés par un système défensif ultra-agressif, les joueurs de la capitale faisaient déjouer le RCT. Première mi-temps ? Un ensemble de maladresses, de manque d’attention et de ballons perdus, pour un miraculeux 6-3 (trois pénalités manquées par Segonds). La deuxième ? Un peu de mieux, mais pas de quoi mettre à l’amende une équipe parisienne jouant sa survie. Pire, la rencontre jusqu’alors décevante mais qui permettait aux Toulonnais d’arracher quatre points tournait à la cata’à la 75e minute, quand Hamdaoui inscrivait le deuxième essai parisien, dans un stade Mayol devenu muet. Le coup de grâce ? Que nenni, puisqu’on le répète : rien ne se passe jamais comme prévu à Mayol ! Et menés, les Varois semblaient enfin prendre conscience que la claque qui semblait désormais inévitable serait terrible. Cinq minutes pour un exploit ? Mission acceptée, et derrière un Parisse transfiguré, les Toulonnais mettaient enfin la main sur le ballon. Les attitudes devenaient positives et emmenés par un banc euphorique (Dridi, Soury et Ory apportant la fraîcheur qui manquait jusqu’alors) et l’espoir renaissait. Une charge de Savea par-ci, une percussion de Dakuwaqa par-là, et Toulon obtenait une pénalité à quarante mètres dans l’axe des perches.

…Carbonel en sauveur

Anthony Belleau, habituel buteur sorti, c’est Louis Carbonel qui acceptait d’enfiler le costume de sauveur. Conscient du quitte ou double qui se présentait à lui, dans un Mayol éteint, qui n’osait respirer de peur de souffler le ballon. D’un œil on pouvait également observer Sergio Parisse seul, au niveau de sa ligne des 40 mètres. Allongé, le géant italien ne voulait regarder son jeune coéquipier. Par peur ? Peut-être, et par superstition, sans le moindre doute. "Carbo", qui n’a jamais caché aimer les responsabilités s’est alors élancé. Et de son habile pied droit, le double champion du monde U20 a libéré les 12 354 spectateurs venus assister à la rencontre. La joie d’une victoire faisait alors oublier d’un claquement de doigts 82 minutes d’une longueur infinie. Et si c’est un euphémisme que d’affirmer que tout n’a pas été parfait ce dimanche à Mayol, les Toulonnais ont su assurer l’essentiel ; à la force de sueur, de plaquages appuyés et de sang-froid, certes, mais cette victoire permet à des Varois dans un jour sans, de revenir à un point du podium. Et finalement, c’est bien tout ce qui comptait, alors que Toulon retrouvait petit à petit sa quiétude, de longues minutes après ce succès arraché au bout du bout du suspens.

Pierrick Ilic-Ruffinatti
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