Questions sans réponse

  • Pierre Mignoni en pleine réflexion
    Pierre Mignoni en pleine réflexion Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Le dauphin était venu se tester et conforter sa deuxième place. Il repart avec des interrogations à la pelle et une copie très insuffisante.

"Les vacances attendront. Ils vont se reposer deux ou trois jours et on va réattaquer." Samedi soir, le Lou de Pierre Mignoni n’a pas seulement perdu un match et des points sur la concurrence en Corrèze. Le dauphin a aussi érodé son capital confiance, quelques-unes de ses certitudes et une partie de ses congés. L’intervention franche et sincère du manager restera sans aucun doute la meilleure action lyonnaise de ce déplacement : "Nous n’avons pas été dignes. L’équipe ne mérite pas d’être deuxième sur ce match. Ce soir, on a un peu honte de nous. Je veux m’excuser auprès des supporters, des partenaires et des actionnaires." Faute avouée, à moitié pardonnée, paraît-il…

Lyon n’a pas été à la hauteur, loin de là, sur la pelouse du promu : "Nous avons bien démarré mais sans marquer. Puis nous avons été pris sur le jeu au sol, les impacts, les duels. Et j’ai vu des essais en deuxième main… Autant de faits qui montrent que nous n’étions pas présents." Voilà pour le constat, clair et net. Les raisons de cet effondrement restaient en revanche un mystère pour le manager et ses hommes. À première vue en tout cas : "Je n’arrive pas à comprendre la différence de visage que l’on a entre les soixante-et-onze premières minutes à Bordeaux, le bon match du Racing et cette copie… Je suis surpris je ne comprends pas. Pour moi, c’est un gros point d’interrogation. Pourquoi avons-nous montré ce visage-là ? Je me questionne." Alors, cherchons, à ses côtés… La fatigue ? Le Lou concluait, samedi, un mini-bloc de trois journées. Les choix des hommes ? Il alignait un XV de départ tout à fait compétitif, même sans Wisniewski, Cretin ou Bamba. La motivation ? Les intéressés jurent s’être présentés à Brive avec la ferme intention de se tester et de conforter leur deuxième place. "Nous avons zéro excuse, j’ai zéro excuse", coupe Pierre Mignoni. L’énigme reste donc entière. En attendant de la résoudre, le technicien avance des hypothèses. à commencer par son management : "J’ai peut-être loupé un truc dans la semaine… Je l’ai demandé aux joueurs. Certainement, d’ailleurs que j’ai manqué un truc, vu le match que nous avons livré. J’assume complètement."

"Ça ne me convient pas du tout"

Mais que s’est-il passé ? Qu’a-t-il manqué ? Du côté des joueurs, aussi, les questions ne trouvaient pas de réponse, au coup de sifflet final : "C’est dur à expliquer, soufflait Mickaël Ivaldi. Nous sommes vraiment déçus de cette prestation. Il y a tout qui n’allait pas." À commencer par la défense, la meilleure du Top 14 d’après les statistiques, et l’alignement, secteur traditionnellement fort du côté de Gerland. Le talonneur grince des dents : "On cafouille des touches, on manque de concentration, on ne saute pas. Ça ne me convient pas du tout. Pareil pour notre défense : sur deux temps de jeu, ils nous ont pris. Ce sont des choses que l’on ne voit jamais." Des attitudes individuelles, comme ces en-avant sans pression sous les chandelles ou cette transformation dropée et manquée par Patricio Fernandez, ont interpellé aussi.

Ce cinquième revers en championnat, le plus désolant sûrement, ne compromet pas pour autant la suite de la saison de Mickaël Ivaldi et de ses partenaires, toujours deuxièmes avec sept points d’avance sur le Racing 92. Mais il appelle une remise en question sincère et un travail d’introspection : "Nous devons nous remettre dans la peau d’une équipe qui joue le maintien, mentalement parlant." Le calendrier va fournir au Lou l’occasion de se racheter magistralement. Ou de s’enliser… "On va encore gagner des matchs mais il va vraiment falloir bien s’entraîner car nous allons enchaîner Toulouse et Clermont à la reprise." V. B.

Midi-Olympique
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