Si près de l’exploit

  • Yoann Maestri.Photo Julien Poupart
    Yoann Maestri.Photo Julien Poupart / Julien Poupart
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Courageux et agressif, le Stade français a montré un état d’esprit remarquable et une défense quasiment sans faille. Las, l’indiscipline a encore coûté cher.

Le Stade français a flirté avec l’exploit. Un "quasi-exploit" que les Parisiens ont peut-être construit dans la nuit bayonnaise. Flash-back. Une semaine plus tôt, le club de la capitale, qui avait beaucoup misé sur ce déplacement au Pays basque pour affronter l’Aviron, en lutte également pour le maintien, s’incline logiquement (28-17). Ce soir-là, les Stadistes affichent dans le combat un visage apathique. Et une indiscipline coupable. Deux cartons jaunes presque coup sur coup et quelques minutes jouées à treize contre quinze. Un handicap payé lourdement. Un peu plus tard, dans l’intimité de leur hôtel, le Directeur Général Thomas Lombard réunit les joueurs pour leur dire tout le mal qu’il a pensé de leur performance. Selon plusieurs témoins, les murs n’ont pas tremblé, mais les mots choisis par l’ancien consultant de Canal + ont résonné dans les têtes durant toute la semaine de préparation.

Dimanche, sur la pelouse du stade Mayol, c’est donc dans un tout autre état d’esprit que les joueurs du duo Sempéré-Arias se sont présentés. Avec l’aide du vent en première période, ils ont souvent malmené les Toulonnais. La raison ? Un engagement de tout instant. De l’agressivité dans les rucks, de l’envie sur les contre-rucks permettant de récupérer quelques munitions précieuses et des plaquages souvent gagnants en défense, les Stadistes ont su mettre les ingrédients nécessaires pour réaliser l’exploit. Du haut de la tribune, l’entraîneur des trois-quarts Julien Arias n’a pas pu d’ailleurs s’empêcher de pester. Sur un nouveau contre-ruck positif de ses joueurs, il lâchait : "Mais pourquoi, ils n’ont pas fait ça à Bayonne ? Pourquoi ils attendent d’être à Toulon pour le faire ?"

Foutue indiscipline

Las, si le Stade français a su réagir dans le combat, il n’a pas réussi à corriger son indiscipline. Encore une fois, le capitaine Yoann Maestri a été contraint de se présenter devant l’arbitre de la rencontre pour voir ce dernier infliger deux cartons jaunes à l’un de ses partenaires. Une première fois à Tala Gray (42e), une seconde à Sami Mavinga (58e). Si le premier n’a pas eu d’incidence au score, c’est sur la deuxième période d’infériorité numérique que les Stadistes ont fini par céder. Parce que soyons clairs : la défense parisienne a affiché une organisation sans faille et un cœur énorme. Seulement, vingt minutes en infériorité numérique, ça use les organismes.

Toutefois, si le Stade français a tutoyé l’exploit, c’est parce qu’il a trouvé les ressources dans les dix dernières minutes pour reprendre l’avantage au score. Avec un panache qui tranche franchement avec son statut de lanterne rouge. À dix minutes de la fin de la rencontre, l’essai inscrit par Lester Etien a d’abord redonné de l’espoir (16-13). En témoignent les propos de Julien Arias, toujours haut perché dans la tribune. Ce dernier hurlait dans son micro : "Jean-Marc, dis-leur qu’on va gagner ce putain de match." Jean-Marc Samanos, ostéopathe du club, relié par radio, faisait passer le message. Cinq minutes plus tard, Hamdaoui pensait alors offrir la victoire à son équipe. En vain. L’indiscipline allait encore frapper le club de la capitale. La seizième pénalité concédée dans les arrêts de jeu condamnait Paris à demeurer lanterne rouge, malgré un point de bonus défensif largement mérité.

Arnaud BEURDELEY
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