Chat, l’impact player

  • Camille Chat, lors du match face au Pays de Galles.
    Camille Chat, lors du match face au Pays de Galles. Midi Olympique / Patrick Derewiany / Midi Olympique
Publié le / Mis à jour le

Décisif lors de son entrée à cardiff, le racingman, qui possède le profil idéal pour changer le cours d’un match, a permis de muscler le banc français.

Est-ce vraiment un hasard si, à l’ultime seconde de jeu à Cardiff et alors que la victoire française ne tenait plus qu’à un fil après un énorme franchissement de Nick Thompkins, c’est Camille Chat qui est allé gratter ce dernier ballon salvateur sur ses 22 mètres ? Forcément, ça ne l’est pas. Ils sont rares les talonneurs à posséder le gaz nécessaire pour revenir en catastrophe lorsque toute une défense semble destabilisée et à être capable de poser les mains avec force dans le ruck. Le Racingman est de cette trempe-là et, rien que pour ça, son "come-back" gallois, après ses forfaits contre l’Angleterre et l’Italie, fut grandement réussi. Lui qui était promis à une place de titulaire avant le début du Tournoi des 6 Nations et qui avait dû passer le relais à Julien Marchand à cause d’un mollet douloureux. Ceci à la grâce d’une Coupe du monde japonaise où il fit plus que jeu égal dans l’esprit du staff avec son capitaine d’alors, Guilhem Guirado, derrière une longue période de doublure, tel que Chat s’en réjouissait en janvier : "J’ai senti que le vent commençait à tourner par rapport aux quatre dernières années où j’étais assigné au rôle de remplaçant. J’en étais ravi et c’est toujours motivant de sentir que l’on a la confiance des coachs. [...] Je ne suis plus en confiance avec le capitaine, c’est un gros changement. Une place s’est libérée." Le hic ? C’est qu’il est désormais en concurrence avec Marchand, revenu de sa grave blessure au genou qui l’avait privé du Mondial.

Complémentarité avec Marchand

Et, en son absence, le Toulousain a largement assuré. Cité parmi les nouveaux leaders du groupe, ce dernier fut aussi performant sur le terrain. Alors il semble aujourd’hui prématuré d’imaginer Fabien Galthié bousculer sa hiérarchie actuelle. Chat devrait donc, sauf accident, s’asseoir sur le banc jusqu’à la fin du Tournoi avant d’espérer mieux par la suite. Mais est-ce réllement un problème ? Aux yeux des entraîneurs, pas forcément. Parce que Marchand et Chat, qui se partageaient déjà le numéro 2 dans les sélections jeunes, possèdent des profils complémentaires. Le premier, rassurant dans tous les secteurs de jeu, est le joueur complet par excellence, idéal pour débuter. Quand le deuxième, par sa puissance et son explosivité, peut faire des ravages au moment d’entrer quand les adversaires baissent physiquement. Certes, cela revient à enfermer encore l’intéressé dans une fonction d’impact player qui lui colle à la peau depuis longtemps. Mais chacun sait combien les techniciens construisent un groupe en ne basant plus sur quinze titulaires mais sur vingt-trois hommes selon leurs qualités intrinsèques. Et il est évident que Camille Chat a sacrément musclé la liste des "finisseurs" français , point faible du début de la compétition.

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir