Le « statut » quo de Penaud avec les Bleus

  • Forfait lors des trois premières journées, le Clermontois revient dans la peau d’un titulaire. Place de choix qui n’a jamais été fragilisée malgré sa blessure.
    Forfait lors des trois premières journées, le Clermontois revient dans la peau d’un titulaire. Place de choix qui n’a jamais été fragilisée malgré sa blessure. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Forfait lors des trois premières journées, le Clermontois revient dans la peau d’un titulaire. Place de choix qui n’a jamais été fragilisée malgré sa blessure.

Il aurait pu être le grand perdant de ce début de Tournoi. Damian Penaud, prévu titulaire contre l’Angleterre pour la première rencontre des Bleus dans la compétition, avait dû mettre un terme prématuré à l’entraînement du capitaine la veille de la rencontre, fusillé par un mollet gauche douloureux. C’était alors un immense coup dur, pour lui d’abord, pour le staff ensuite, tant Penaud s’avançait comme une des grandes certitudes de ce XV de France.

Meurtri et forfait, le joueur avait laissé sa place dans le XV de départ à Vincent Rattez qui, au pied levé, était dans l’obligation d’assumer. Auteur d’un essai et d’une performance globale aboutie, ce dernier avait saisi l’opportunité. Au point d’être reconduit la semaine suivante face à l’Italie puisque, de toute façon, Penaud n’était pas remis à temps, celui-ci étant attendu pour le déplacement au pays de Galles. Et le Rochelais a, à son tour, rejoint l’infirmerie pour plusieurs mois à l’issue de la victoire face aux Transalpins. Mais, franchement et même sans cela, le statut du Clermontois n’a jamais été remis en question en interne. Le sélectionneur espérait donc son retour pour Cardiff… Il était annoncé mais, finalement, les deux semaines de répit ne suffirent pas à le remettre sur pied et l’ailier ne fut pas en mesure de prendre part aux séances à Marcoussis. Voilà pourquoi Galthié et ses adjoints ont été contraints de se passer de ses services. Était-il, cette fois, en danger ? Pas du tout. La preuve : malgré le magistral succès de Cardiff, la hiérarchie au poste n’a pas changé dans l’esprit des décideurs.

Thomas pas convaincant, fickou en intérim

Pourquoi une telle immunité envers Damian Penaud, disparu des écrans internationaux depuis la Coupe du monde ? Est-ce parce que le Racingman Teddy Thomas, rappelé à la grâce de ses coups d’éclat en club mais coupable de trop nombreuses errances défensives avec les Bleus et carrément sorti sur coaching à l’heure de jeu au Principality Stadium quand il s’est agi d’assurer le résultat, n’a pas suffisamment convaincu ? Cela peut évidemment y participer. Ou est-ce plutôt parce que Gaël Fickou, propulsé patron de la défense par Shaun Edwards mais déplacé à l’aile contre le XV du Poireau pour les besoins de la patrie, n’évolue pas à son poste de prédilection et ne poursuivra pas la pige ad vitam aeternam ? C’est bien sûr une explication. Mais ces deux facteurs, pas plus d’ailleurs que le manque d’expérience à très haut niveau des Gabriel N’Gandebe, Gervais Cordin ou Lucas Tauzin, ne suffisent à justifier la position de choix qu’occupe Penaud dans l’esprit de l’encadrement actuel, même s’il n’a pas encore eu l’occasion de s’illustrer depuis l’entame officielle de l’ère Galthié.

Galthié l’a toujours apprécié

Voilà, cette fois, Penaud aura l’opportunité de s’exprimer dans ce Tournoi. Enfin remis de sa blessure, il sera aligné d’entrée à Mur-rayfield, en lieu et place de Teddy Thomas, poussé en tribunes. Une évidence que l’intéressé doit avant tout à ses qualités naturelles. Malgré ses récents pépins, Penaud sort d’une saison où il fut (avec Antoine Dupont et Grégory Alldritt) le Bleu le plus en vue. Ce qui n’était pas passé inaperçu aux yeux de Galthié, bien avant qu’il ne devienne l’adjoint "comme les autres" de Jacques Brunel. À la fin du Tournoi 2019, juste derrière un succès miraculeux en Italie acquis grâce à un sauvetage incroyable du Clermontois puis un essai de ce même Penaud dans les cinq dernières minutes, le technicien l’avait érigé au rang de "grande satisfaction" de la compétition. En clair, l’ancien demi de mêlée a toujours apprécié son profil et cela n’a fait que se confirmer au Japon. Surtout, si lui aussi connaît des déboires défensifs, il reste un talent offensif unique et hors normes, un soliste de la trempe des Dupont ou Vakatawa, tellement précieux sur ces ballons de récupération dont raffolent les Français. Voilà pourquoi le staff compte s’appuyer sur lui pour apporter une plus-value à cette équipe sur la route du grand chelem. Penaud a sa confiance absolue, ce qui explique qu’aucun risque n’a été pris avec lui. À Penaud, désormais, d’en être digne.

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