Le triomphe de Townsend

  • Exaltation de joie après l’essai de Sean Maitland (à gauche) et celui de Stuart McInally (en haut à droite). Les Écossais remportent le match et par la même occasion le trophée Auld Alliance (en bas à droite).
    Exaltation de joie après l’essai de Sean Maitland (à gauche) et celui de Stuart McInally (en haut à droite). Les Écossais remportent le match et par la même occasion le trophée Auld Alliance (en bas à droite). PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Le coach écossais pouvait savourer ce succès qui valide tous ses choix, celui de son nouveau staff comme celui de compter sur Adam Hastings à l’ouverture, convainquant comme jamais.

Évidemment, Greg Townsend est venu s’exprimer avec le sourire. Pour lui, cette victoire face aux Bleus s’apparente à un triomphe total. Son équipe a battu un adversaire censé (on dit bien censé) être plus fort que lui, tout en se passant de deux joueurs majeurs : Jonny Gray, le deuxième ligne infatigable et bien sûr Fin Russell, sont talent le plus éclatant, avec qui il est en conflit personnel. Impossible de ne pas déceler dans le sourire du coach de dimanche soir, cette fierté d’avoir surmonté cette mini crise qui aurait pu miner tout le rugby écossais. L’Écosse a gagné brillamment avec Adam Hastings à l’ouverture, décisif sur le premier essai de Maitland par une belle percée pleine d’autorité. Le jeune ouvreur annoncé si prometteur nous avait un peu laissé sur notre faim lors des matchs précédents. Contre les Français, il a poussé le curseur vers le haut, c’est une certitude : "Oui, sa performance a été magnifique. J’espère que vous l’avez remarqué", a expliqué son capitaine Stuart Hogg. Pas la peine d’insister, on l’avait remarqué, comme le réalisateur de la télé qui zooma sur la joie de de son père Gavin et de sa mère Diane en tribunes, et même de leurs tendres effusions. Etre un "fils de" vous expose à ce genre d’images presque intimes, il a dû les savourer à leur juste mesure même si elles frisaient l’impudeur. "Oui, il s’améliore de match en match et l’essai qu’il a su créer juste avant la mi-temps fut le tournant du match. Vous ne pouvez pas imaginer la confiance qu’il nous a donnés." Townsend a ainsi démontré qu’il avait un demi d’ouverture de rechange plus que crédible, ça comptera forcément dans le futur même s’il devait se réconcilier avec Russell. Cette victoire est aussi celle de son nouveau staff, Pieter de Villiers a su préparer une mêlée qui tient la route et Steve Tandy, l’adjoint de la défense a su composer une ligne défensive qui, tout compte fait, encaisse assez peu d’essais. "Je pense que nous sommes devenus une équipe difficile à battre. Nous avions bien résisté face à l’Irlande et l’Angleterre, ne l’oubliez pas. Et c’est à notre défense que nous le devions ces performances."

Hogg : "On n’a pas eu peur de leur rush défense"

On a aussi remarqué que les choix de Townsend au centre ont été également validés : on s’est demandé parfois, pourquoi il ne faisait pas jouer Huw Jones, si fort dans les années 2018-2019, on a eu la réponse avec la performance de Chris Harris, le joueur de Gloucester, rude plaqueur (ce qui expliquerait d’abord sa présence) mais attaquant inspiré sur le deuxième essai de Maitland. "Oui, après, vous allez me demander si le carton rouge nous a aidés. Je ne sais pas vraiment car je crois que nous avons mieux jouer à quinze contre quinze, qu’en supériorité numérique. Notre première mi-temps fut de très bonne qualité et j’ai fini le match avec quelques regrets. Je pense qu’on aurait pu faire mieux car, par moments, j’ai senti les Bleus vraiment sur les talons." Townsend ne peut s’empêcher de faire une autre remarque sur la discipline : "J’ajoute que les Bleus auraient aussi bien pu être 14 plus tôt, lorsque François Cros a fait retomber Grant Gilchrist sur la tête. c’était une décision discutable. Mais est arrivé, ce qui devait arriver." À ses côtés, Stuart Hogg avait le triomphe modeste, même si on l’a senti soulagé d’avoir réussi son match, lui qui avait coûté en grande partie les défaites de Dublin et de Murrayfield face aux Anglais. Qui d’autre que lui aurait pu "allumer" la relance qui aboutit au second essai de Maitland. "On a toujours eu foi en notre système, on n’a pas eu peur de leur rush défense. L’essentiel pour nous était de ne pas nous couper de nos soutiens. On a su le faire et quand il le fallait on a tapé dans le dos de leurs ailiers. Même avec des mauls, on a su les menacer. Oui, ce match est une vraie fierté."

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