Insubmersibles

  • Le demi de mêlée Edoardo Gori, balle en main et auteur d’un essai tout en filouterie, prend de plus en plus d’épaisseur dans un collectif  columérin que rien ne semble pouvoir faire dérailler.
    Le demi de mêlée Edoardo Gori, balle en main et auteur d’un essai tout en filouterie, prend de plus en plus d’épaisseur dans un collectif columérin que rien ne semble pouvoir faire dérailler. / Photo Stéphanie Biscaye
Publié le / Mis à jour le

Auteurs de leur cinquième bonus offensif à domicile, les haut-garonnais poursuivent leur détonnant parcours. rien ne semble pouvoir les perturber.

C’est peut-être le genre de matchs qui prouve explicitement que Colomiers a bien grandi et a définitivement changé de statut cette saison. Opposés à un adversaire venu sans pression, mais pas sans intentions, avec certains seconds couteaux qui entendaient montrer à leur staff et à leurs coéquipiers restés au bercail qu’ils étaient bien plus que de simples sparring-partners, les Columérins ont réussi, sous des trombes d’eaux et avec un vent glacial qui vous congèle sur place, à se sortir du match piège par excellence.

Et dire que ce ne fut pas simple dans un premier temps ne relève pas de l’euphémisme, ni de l’exagération. Pour contrer des Provençaux agressifs à souhait, les joueurs à la Colombe ont dû faire preuve de patience. Mais aussi de contrôle, éloignant toute forme de stress malvenu.

La vista bienvenue de gori


« Il a fallu corriger à la mi-temps tout ce qui n’allait pas. C’est-à-dire les petites maladresses, l’indiscipline… Il fallait remettre de l’avancée dans notre jeu et rester sur des choses basiques car les conditions étaient vraiment très difficiles. Je crois qu’en seconde mi-temps, nous avons remis de l’ordre. Nous avons repris le contrôle en mêlée et sur les ballons portés. Derrière, il y a eu plus de vitesse, nous avons pu mieux circuler et nous avons mis les Aixois beaucoup à la faute. Nous avons réussi à concrétiser », confiait Fabien Berneau, l’entraîneur des avants qui saluait aussi la très bonne prestation défensive des siens-une habitude cette saison- ainsi que le bon comportement au niveau de la discipline (dix pénalités) et enfin l’utilisation d’un jeu au pied de pression « bénéfique ».
Dans ce dernier registre, il faut saluer la performance du demi de mêlée italien Edoardo Gori. L’expérimenté international (30 ans depuis le 5 mars, 69 capes) s’est régalé dans des conditions climatiques peu arrangeantes. Le Toscan a fait parler toute sa science et son coup d’œil pour trouver les espaces libres et faire cavaler les Provençaux, repoussant ainsi leurs assauts. Sa filouterie d’essai sur sa pénalité vite jouée à la main a aussi montré qu’il restait un demi de mêlée opportuniste. « Bon, j’ai eu de la chance après coup parce que pendant le trajet du bus qui nous a amené au stade, j’ai regardé une vidéo où on voyait Danny Care jouer vite une pénalité à la main comme ça durant le Tournoi des 6 Nations (avec l’Angleterre face au pays de Galles le 9 mars 2014, N.D.L.R.). Je me suis dit que si l’occasion se présentait, j’allais faire pareil ce soir. Je regarde encore le 6 Nations mais pas l’Italie parce qu’on ne va pas jouer avant un moment », délivrait l’Italien dans un sourire, rayon de soleil d’une soirée pluvieuse mais heureuse. 

Enzo DIAZ
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