Plus aucun match jusqu'au 15 avril ? L'hypothèse tient désormais la corde

  • Top 14 - Juan Imhoff (Racing 92) contre Pau
    Top 14 - Juan Imhoff (Racing 92) contre Pau Icon Sport / Icon Sport
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CORONAVIRUS - INFORMATION MIDI OLYMPIQUE - Alors qu'une réunion des présidents se tient ce mardi soir, pour décider de la tournure que prendront le Top 14 et le Pro D2 ces prochaines semaines en raison de l'épidémie de Coronavirus, l'hypothèse d'une suspension de toutes les compétitions jusqu'au 15 avril prend de l'épaisseur. Voici tous les détails de la négociation.

Au départ, tous les présidents du rugby français étaient d'accord. Il y a dix jours puis une seconde fois le week-end dernier, ils avaient validé la ligne directrice proposée par Paul Goze et la LNR, résumée ici en substance : « On joue coûte que coûte, même s'il faut en passer par des huis clos ». Une option qui rentrait dans le cadre des souhaits du diffuseur, Canal +, mais aussi des recommandations du ministère des sports qui a transmis ce message, ce mardi matin en réunion de crise dans ses locaux face aux nombreux acteurs du sport français : « Trois solutions s'offrent à vous: huis clos, reports ou annulations. Ensuite, chacun est maître en sa demeure et choisit celle qui lui convient. » Avec une préconisation, toutefois : celle des huis clos systématiques, décrétés jusqu'au 15 avril. Une ligne sur laquelle la LFP (Ligue de football professionnelle) vient de s'aligner pour ses championnats, Ligue 1 et Ligue 2.

Nouvelle réunion d’information et de coordination au ministère des Sports avec l’ensemble de l’écosystème du sport français pour évoquer les mesures à adopter afin de participer à l’effort national contre la propagation du coronavirus pic.twitter.com/2PIsqx1gLl

— Ministère des Sports?‍\u2642\ufe0f (@Sports_gouv) March 10, 2020

Le rugby français des clubs, donc, allait également s'engager sur la voie des huis clos, actée ce mardi soir en réunion extraordinaire ? C'est ce qui a d'abord filtré, lundi.

Depuis, certains président ont pourtant fait demi-tour et réclament désormais des reports. A la tête de cette « fronde », le duo Lacroix/De Cromières. Et ils sont visiblement convaincants, au fil des conversations privées et des jeux d'influence précédent la grande réunion, ralliant à leur cause de nombreux alter ego. Au point que, selon nos informations, l'hypothèse d'une suspension des compétitions jusqu'au 15 avril est désormais largement privilégiée par une majorité de présidents.

Obligations de remboursement

Certains ne cachent pas opter pour cette solution, comme le président de Clermont, Eric de Cromières, de Bayonne Philippe Tayeb, Bernard Pontneau à Pau ou François Rivière à Perpignan. Et les raisons de ce volte-face sont évidemment financières. Explications :

  • En plus du manque à gagner direct sur la billetterie, des huis clos engageraient les clubs à rembourser au prorata du nombre de matchs tous les engagés à l'année. En clair: un club qui aurait deux huis clos sur sa pelouse devrait alors rembourser ses abonnés, ses partenaires loges, ses partenaires panneautique... à hauteur de 2/16e de la somme annuelle engagée en Top 14 (puisque les clubs vendent des packages annuels de 16 matchs et que 2 ont été rendus inaccessibles) et 2/15e en Pro D2. Or, cet argent, les clubs l'ont déjà encaissé. Et comme, dans ce cas de figure, les assurances ne pourraient pas être activées, la note pourrait être salée pour les clubs, bien au-delà du manque à gagner direct créé par des tribunes vides. De l'ordre de 4 millions de perte, par exemple, pour Clermont et Toulouse.
  • Pour contrer ce phénomène, la LNR a un temps avancé la possibilité de dégager des fonds exceptionnels, pour compenser les pertes et aider les clubs à amortir la période de crise. Ce dispositif avait d'abord convaincu lesdits clubs de suivre la Ligue sur le terrain des huis clos. Or, la LNR ne dispose pas de fonds de réserve, un dispositif un temps défendu par Paul Goze et rejeté alors par une majorité des présidents. Pour venir en aide aux clubs face au Coronavirus, la Ligue envisageait donc de contracter emprunt. Un dispositif contre lequel, après étude de la proposition, des présidents se sont élevés pour dénoncer un montage financier peu viable à leurs yeux, puisque les engageant directement par le prisme de la Ligue.

Un axe Toulouse-Clermont

Face à cette situation, une partie des présidents a donc changé donc son fusil d'épaule pour aller contre la Ligue, estimant la solution des huis clos intenable financièrement. Cette voix était notamment portée par le duo Lacroix/De Cromières, qui a fait du lobbying pour convaincre les autres de la nécessité des reports. Avec une nouvelle ligne directrice : "On joue dans des stades ouverts... ou on ne joue pas!". Une position qui emporterait, ce mardi, l'adhésion très majoritaire des présidents de Pro D2 et Top 14.

Si leur proposition l'emportait, on se dirigerait donc vers le schéma suivant :

  • Suspension des compétitions jusqu'au 15 avril, a minima. Soit 3 journées de Top 14 qui seraient rattrapées plus tard, par des matchs en semaine.
  • Quarts de finale de Coupe d'Europe joués le week-end du 17 avril (en même temps qu'une journée de Top 14). Pour les six clubs concernés (Clermont, Toulouse, Racing, Toulon, UBB, Castres) ainsi que leurs adversaires éventuels, cela nécessitera un quatrième match en semaine.
  • Si le calendrier demeurait problématique selon ce scénario, les présidents « pro-report » ont posé sur la table la suppression des barrages (pour gagner une semaine), invoquant un cas de force majeure.

Entre les deux positions, celle "officielle" de la Ligue et celle désormais majoritaire des présidents, la réunion de ce mardi s'annonce musclée.

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