• Les Irlandais de Keith Wood, ici contre l’Italie, avaient dû jouer la « finale » du Tournoi des 6 Nations 2001 en automne contre l’Angleterre.
    Les Irlandais de Keith Wood, ici contre l’Italie, avaient dû jouer la « finale » du Tournoi des 6 Nations 2001 en automne contre l’Angleterre. Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport
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Histoires de rugby

La fièvre aphteuse et la variole

Des matchs du Tournoi repoussés pour cause d’épidémie, on en a connus à deux reprises dans l’histoire avant l’irruption du coronavirus.

Les raisons sanitaires ont plusieurs fois chamboulé le Tournoi des 5, puis des 6 Nations. À notre connaissance, le premier cas se présenta en 1962. Cette année-là, une épidémie de variole s’abattit le pays de Galles, surtout sur sa côte sud. 45 personnes furent infectées et 17 succombèrent dans le district de Cardiff. 900 000 personnes furent vaccinées en urgence. Le match entre le pays de Galles et l’Irlande fut déplacé du 24 février au 17 novembre. Il se termina sur le score de 3-3, l’Irlande évita ainsi la cuillère de bois. Elle attendit donc neuf mois pour vivre ce soulagement.

Une deuxième affaire survint en 2001, le rugby était devenu professionnel et les enjeux économiques, médiatiques et commerciaux étaient devenus énormes. Une épizootie de fièvre aphteuse, sévissait au Royaume-Uni. Elle décimait le cheptel des éleveurs de porcs et de moutons. Elle n’était pas mortelle pour l’homme, mais le virus pouvait être véhiculé par l’être humain via ses vêtements ou ses moyens de locomotion. Le déplacement de milliers de supporters inquiétait alors les autorités. Le match Galles - Irlande est le premier à être repoussé, puis on décide ensuite de reporter Irlande - Angleterre et écosse - Irlande.

2001, un grand chelem en jeu à l’automne

La situation est très sensible en Irlande, pays très agricole, le ministère de l’Agriculture prend des mesures drastiques dans le but d’éviter les voyages de supporters entre la Grande-Bretagne et son pays.

On pense à fin avril, et début mai, mais les phases finales du championnat anglais empêchent ce choix. On opte finalement pour septembre-octobre. Le match France - Galles est un temps menacé et en plus des cas de fièvre aphteuse sont signalés en Mayenne. On évoque des… pédiluves pour les supporters et les joueurs gallois, mais l’affaire en reste là. Et le match se déroule dans des conditions normales, victoire des Gallois 43 à 35 (ils sont alors entraînés par le Néo-Zélandais Graham Henry).

Trois matchs sont ainsi programmés à l’automne, cas unique. On en parle d’autant plus que l’Angleterre de Jonny Wilkinson et l’Irlande de Keith Wood sont encore en course pour le grand chelem avec la perspective d’une "finale" entre les deux nations à Lansdowne Road le 20 octobre.

Mais le 22 septembre, les Irlandais de Warren Gatland se font surprendre par l’écosse 32 - 10 à Murrayfield, score assez inattendu car l’écosse de Ian McGeechan semblait en perte de vitesse. Fini les rêves de grand chelem. Les Verts se reprennent à Cardiff le 13 octobre en écrasant les Gallois 36 à 6 et retrouvent donc les Anglais de Clive Woodward pour ce qui reste un match au sommet. Ceux-ci baissent pavillon, personne ne réalise le carton plein mais les Anglais terminent quand même à la première place grâce au goal-average. On a parfois dit que la tournée des Lions de l’été 2001 (avec Graham Henry comme coach) avait fatigué les joueurs britanniques, ce qui avait joué sur les performances de l’automne.

Avec le recul, ces mesures semblent assez pusillanimes, signes d’un principe de précaution exacerbé. Et ce d’autant plus que pas mal de supporters anglais avaient fait quand même le déplacement du 24 mars à Dublin. Ils avaient leurs billets d’avion et leur chambre d’hôtel.

Trois matchs du Tournoi joués à l’automne en 2001, on pensait alors avoir vécu un apogée. Il y aura donc dorénavant le cas de 2020 et ce satané coronavirus qui lui, est dangereux pour l’homme.

Notre Top 14 aussi a été perturbé par quelques épidémies. Entre 2008 et 2010, l’épidémie de grippe H1 N1 avait conduit au report de plusieurs matchs Castres - Montauban, Castres - Albi, Bayonne - Perpignan.

Celle des oreillons a frappé dans les années 2011-2012-2013. Plusieurs joueurs furent placés en quarantaine, quelques rencontres furent reportées (on se souvient d’un Lyon - Montpellier, d’un UBB - Lyon ou d’un Biarritz - Bayonne) en 2011-2012. Certains clubs firent aussi vacciner en urgence leurs joueurs.

Cette saison, le Pro D2 a dû déplacer des matchs à cause d’un problème de staphylocoque doré. Trois rencontres ont été différées : Montauban - Aix-en-Provence, Aurillac - Montauban et Nevers - Béziers.

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