La saison du cauchemar

  • Les Sunwolves affronteront samedi les Crusaders au Suncorp Stadium de Brisbane. Photo Icon Sport
    Les Sunwolves affronteront samedi les Crusaders au Suncorp Stadium de Brisbane. Photo Icon Sport
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Pour sa dernière année, les nippons doivent composer avec les nombreuses perturbations qu’occasionne le coronavirus. une véritable galère.

On savait que la saison 2020 serait particulière pour les Sunwolves puisque la franchise japonaise vit sa dernière saison d’existence. Après avoir perdu pratiquement tous ses joueurs à l’intersaison, les dirigeants nippons avait tout de même réussi le tour de force de reconstruire à la hâte une équipe avec des joueurs revanchards cherchant à se mettre en valeur pour gagner un contrat en vue de la saison prochaine. Mais ça, c’était avant que le Coronavirus ne les frappent de plein fouet. La propagation du Covid-19 a forcé la Sanzaar à prendre des mesures draconiennes pour éviter de perturber le déroulement du Super Rugby en délocalisant les matchs des Sunwolves. Avec la décision du gouvernement japonais de suspendre toutes les manifestations sportives pour au moins deux semaines, la Confédération sudiste a rapidement pris la décision de faire jouer les deux matchs des Sunwolves programmés à Osaka (Brumbies) et Tokyo (Crusaders) en Australie. Une décision prise en cohérence avec l’agenda des Sunwolves puisqu’il était prévu que ces derniers partent ensuite pour deux matchs sur l’île-Continent.

Schatz : "Triste pour nos supporters"

Mais comment les joueurs vivent-ils cette situation ? Pour le capitaine et le troisième ligne australien Jake Schatz, ils font front : "Le management s’occupe de ces questions. Nous, les joueurs, savions que l’on passerait pas mal de temps en voyage, donc ce temps est simplement allongé. Il nous faut juste nous concentrer sur notre rugby et donner le meilleur de nous-mêmes jusqu’à la fin de la saison. On nous met dans les meilleures conditions pour que nous pensons qu’au rugby."

Pour la Sanzaar, il a fallu trouver des stades et des arrangements avec les autres équipes impliquées, ainsi qu’avec le diffuseur télé Fox Sport qui retransmet les matchs. Au niveau familial, l’encadrement des Sunwolves fait tout son possible pour que les joueurs puissent passer du temps avec leurs proches : "Très peu de familles sont au Japon car la saison était trop courte pour leur imposer un tel déplacement alors c’est plus facile pour les voir et il n’y a pas de risque. Pour les Japonais, leurs familles vont venir les rejoindre en Australie", expliquait Schatz.

Du coup, les plus touchés sont finalement les supporters, parmi les plus fidèles du Super Rugby malgré l’annonce de la disparition de leur équipe. Ils sont régulièrement plus de 20 000 au Prince Chichibu Memorial Stadium de Tokyo pour soutenir leur équipe : "Je suis triste pour nos supporters car ils aiment ce sport et nous encouragent en toutes circonstances. Ils achètent les maillots du club, ils viennent au stade… on ne peut pas leur en demander plus. Et ne pas pouvoir jouer devant eux est triste mais il faut penser à la santé de tout le monde. à nous les joueurs d’être le plus performants possible pour les rendre fier." Pour les joueurs, il n’y a aucun doute qu’ils donneront tout car ils jouent leur futur comme le rappelle Jake Schatz : "Je venais de passer deux saisons en Angleterre, aux London Irish, et je cherchais à revenir dans la région quand cette opportunité avec les Sunwolves s’est présentée. Alors, à moi de la saisir pour accrocher un autre contrat, que ce soit au Japon ou en Super Rugby."

Jacques Broquet, correspondant (avec Simon Valzer)
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