• Les internationaux sont les victimes collatérales de la bisbille entre le président de la Fédération du Maroc et World Rugby. Photo DR
    Les internationaux sont les victimes collatérales de la bisbille entre le président de la Fédération du Maroc et World Rugby. Photo DR
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International

Le maroc dans la crise

La confédération africaine et World rugby ont frappé. Le président de la fédération marocaine est suspendu pour cinq ans. la fédération est elle aussi suspendue, jusqu’à nouvel ordre.

La Fédération marocaine de rugby (FRMR) s‘est vu notifier de lourdes sanctions par World Rugby. Les équipes nationales ne peuvent plus jouer jusqu’à nouvel ordre. Un dénouement qui était devenue inéluctable avec la crise de gouvernance qui s’est fait jour depuis l’automne dernier. Elle aboutit sur une situation assez ubuesque avec un président Tahar Boujouala visiblement isolé. Celui-ci arrivait de toute façon au bout de son deuxième mandat et n’a plus théoriquement le droit de se représenter.

Toute la crise est partie d’une assemblée générale prévue le 30 novembre dernier. Le 21, date limite du dépôt, une seule liste avait été constituée autour d’un opposant, Abdenasser Bougja. Dans la foulée, le président Boujouala ferma le siège de la Fédération et interdit aux employés d’y accéder. Bougja déposa sa liste en présence d’un huissier alors que la FRM affichait portes closes. Le président Boujouala s’est donc retrouvé seul, sans liste, comme si il avait du mal à trouver des soutiens à la base du rugby marocain. Le 21 novembre donc, il décida de reporter sine die l’assemblée générale sans motif valable. Ses adversaires l’ont accusé de vouloir gagner du temps.

Quel imbroglio !

Ils ont alors dépose un recours auprès du ministère et du comité national olympique marocain, recours resté sans réponse. Dans la foulée, le 30 novembre, deux tiers des membres du bureau fédéral (onze membres) ont alors démissionné, ce qui déboucha sur une vacance de la gouvernance. Le président s’est retrouvé obligé de demander une AG extraordinaire pour gouverner Ses adversaires l’ont accusé de relancer des compétitions pour ressusciter des clubs qui étaient forfaits et ainsi trouver de nouveaux électeurs (rapport moral et sportifs déjà envoyés). Devant ce constat de blocage, Word Rugby, alerté par Khaled Babou, le président de Rugby Afrique, la confédération continentale, demanda alors la tenue d’une assemblée générale avant le 1er mars.

Mais entre-temps, l’opposant Bougja avait réussi à obtenir le vote des deux tiers des clubs pour la convocation d’une AG qui s’est finalement déroulée le 29 février, mais sans le quorum. Boujouala contre-attaqua avec une autre AG, samedi 7 mars, qui déboucha sur l’élection à la présidence de son propre frère, Driss Boujouala. Cette AG s’est déroulée avec le vote des fameux "nouveaux clubs". L’imbroglio est tel que Rugby Afrique et World Rugby ne pouvaient qu’intervenir. La commission juridique de l’instance africaine a donc pris une décision, entérinée par son comité exécutif. Et World Rugby est venu soutenir ce verdict. Résultat : Tahar Boujouala est suspendu pour cinq ans et les activités de la Fédération sont suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Première conséquence de cette exclusion : le Maroc ne peut plus prétendre à disputer le match de qualification pour le Mondial 2023 en France qui devait avoir lieu en juin face à la Côte d’Ivoire. Par ailleurs, le versement de la dotation annuelle de World Rugby de 56 000 €, destinée au développement du rugby masculin et féminin, est interrompu ainsi que les 300 000 € destinés au déplacement des équipes nationales. Les arbitres marocains et les éducateurs ne pourront plus également suivre les programmes de formation de Rugby Afrique et de World Rugby. Mais la FRMR peut encore faire appel de cette décision.

Jérôme Prévôt
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