Nyanga : « Il existe un vrai marché pour le Fantasy rugby »

  • Yannick Nyanga, grand amateur de jeux vidéos, explique pourquoi le rugby est si difficile à retranscrire de façon virtuelle.
    Yannick Nyanga, grand amateur de jeux vidéos, explique pourquoi le rugby est si difficile à retranscrire de façon virtuelle. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Yannick Nyanga, grand amateur de jeux vidéos, explique pourquoi le rugby est si difficile à retranscrire de façon virtuelle. Le directeur sportif du Racing 92 revient aussi sur l’application « Mes Petits Potos », le jeu de fantasy rugby qu’il avait lancé avec Marc Andreu il y a deux ans...

En 2008, vous faisiez la couverture du jeu vidéo « Rugby 08 » édité par EA Sports. Que retenez-vous de cette expérience ?

En tant que fan de jeu vidéo, ce fut pour moi une très belle aventure. J’étais très bien noté dans le jeu, je faisais partie des joueurs dotés de « super-pouvoirs » et c’était chouette. (rires) En gros, nous étions quelques-uns à jouer avec une étoile sur la tête : on plaquait plus fort que les autres ou on courait plus vite. […] C’est drôle, mais certaines personnes me parlent encore de cet épisode de ma carrière, comme s’il parlait d’un Bouclier de Brennus avec le Stade toulousain, d’une sélection en équipe de France ou de mes pleurs, à l’occasion de ma première Marseillaise...

Pourquoi aimez-vous les jeux vidéos ?

J’ai moins le temps d’y jouer, désormais... J’ai des enfants, un job qui occupe beaucoup de place dans ma vie... Mais j’aime la convivialité propre au jeu vidéo de sport : tous ensemble dans une même pièce et en avant, on se lance des défis, ça chambre, ça rigole... Pour l’anecdote, j’avais aussi prêté mon corps à la campagne de promotion du jeu « Crysis 3 », en 2013. Les concepteurs cherchaient des corps athlétiques pour incarner le héros. On avait donc fait du « body painting » sur mon corps. C’était plutôt amusant.

Pourquoi est-il si difficile de retranscrire la réalité du rugby en jeu vidéo ?

Le « Rugby 08 » a très bien marché et à mon sens, c’est le dernier bon jeu de rugby qui soit sorti. C’était le plus complet, en tout cas. Mais en termes d’utilisation ou de manipulation, on n’a finalement jamais fait plus simple et efficace que le jeu « Jonah Lomu », lequel date pourtant de 1995, soit une éternité...

On revient à notre question initiale : pourquoi est-il si difficile de reproduire la réalité rugbystique à l’écran ?

Le rugby compte énormément de gestes impliquant beaucoup d’intervenants. Le moindre ruck concerne par exemple une foule d’attitudes : est-ce que le joueur tombe de face, de côté, ou sur le dos ? Combien y a-t-il de participants à la mêlée ouverte ? Au foot, il y a la technique individuelle balle au pied et puis basta..

C’est à dire ?

Vous voyez bien que les coachs de skills sont de plus en plus nombreux dans le rugby moderne. Parce que la technique individuelle touche le maniement du ballon, le jeu au pied, la réception de jeu au pied, le lift en touche, la liaison en mêlée, le déblayage... Vous rendez-vous compte de la diversité de paramètres que cela implique ? C’est très difficile de ramener ces milleirs de données à l’échelle d’un jeu ou d’un algorithme. Mais pourquoi ne pas essayer de développer le rugby à 7, plutôt ? Ce serait probablement plus simple. Ce sport, depuis son intégration aux JO, possède aussi une bonne visibilité internationale.

Il y a quelques années, vous avez lancé avec votre ancien coéquipier au Racing Marc Andreu un jeu de « fantasy rugby » comme l’est aujourd’hui « La Grande Mêlée ». Cela a-t-il fonctionné ?

On a été victimes de notre succès, en quelque sorte... L’application « Mes Petits Potos », le jour de son lancement, a accueilli 35 000 personnes en quelques heures alors qu’on en attendait 20 000 inscrits sur l’année et le serveur a explosé. On était une petite structure, on n’avait pas vu aussi large et on n’a pas pu tenir. Mais cela prouve qu’il existe un vrai marché pour le « fantasy rugby ». 
 

Midi Olympique
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