Vendredi, 14 heures, Cardiff se résigne

  • Vue generale du Millennium Stadium.
    Vue generale du Millennium Stadium. Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

CORONAVIRUS - Les Gallois ont cru jusqu'au bout que le match face à l'Ecosse allait se dérouler. Mais la WRU s'est rendue à l'évidence. A Cardiff, la nouvelle a sûrement plus d'impact qu'ailleurs.

On ne peut pas dire que l'épidémie de coronavirus a troublé   les habitudes des habitants de Cardiff. Vendredi les rues et les parcs de la capitale du pays de Galles était aussi animées que d'habitude. Et le beau temps aidant, on ne ressentait aucune psychose particulière. Quelques supporteurs... français avaient même fait le déplacement, croisant des visiteurs écossais vêtus de la panoplie habituelle. Kilt et casquette flanquée de faux cheveux roux.

Jusqu'à vendredi matin, on ressentait une certaine fierté galloise à abriter le seul match du Tournoi maintenu pour la dernière journée. Pourtant les mauvaises nouvelles s'amoncelaient mais le rugby gallois a tenté jusqu'au bout de faire figure de forteresse imperméable. Vendredi matin encore, la WRU maintenait l'affiche avec un communiqué laconique, se réfugiant derrière le fait que les autorités n'avaient pas explicitement interdit les grands événements sportifs. Boris Johnson avait parlé la veille et un conseiller spécial du gouvernement avait expliqué que les risques de transmission étaient moins forts dans un stade que dans un bureau ou dans une réunion de famille. Et puis la nouvelle est tombée vendredi en tout début d'après-midi. Le match pays de Galles-Ecosse a été finalement reporté. En moins de deux heures, la fédération galloise avait donc fait volte face. La pression était trop forte. Dans un pub du centre ville, une jeune femme confiait : « Ecoutez, tout le monde pensait que la décisions serait prise jeudi. A partir du moment où vendredi matin le match était maintenu, tout le monde s'était fait à l'idée qu'il allait se jouer. Ca semblait trop gros de l'annuler une journée avant. »

Un impact économique très fort

Nigel, un étudiant nuance « On s'y attendait un peu. Ca semblait incroyable que notre match soit le seul grand événement à persister. Mais il faut comprendre une chose, Cardiff est la ville pour qui le Tournoi a le plus d'influence.  Nous ne sommes pas Paris, Londres, Rome ou Dublin, ni même Edimbourg. »

On peut imaginer que la fédération galloise a aussi fait le maximum pour ça, le rugby et le Millenium Stadium sont un atout majeur pour l'économie locale.

Pour une cité plus réduite et moins touristique que ses homologues, l'impact de la compétition est énorme pour les commerces notamment. Les débits de boisson et les hôtels. Une étude a récemment montré que les matchs de rugby avait sur une année un effet massif sur le trafic ferroviaire de la gare de Cardiff. Les années de Coupe du Monde, sans rendez-vous automnaux sont des potions amères pour les compagnies ferroviaires, privées en grande-Bretagne.

Une jeune étudiante en art, Lara poursuit : « Je devais recevoir des gens chez moi en R b and B. Ils sont déjà en train de m'appeler pour voir s'ils peuvent se faire rembourser. Ou si moi je vais être remboursée. Vous le savez vous ? » A l'hôtel Ibis du centre-Ville, les jeunes employés ne voulaient pas commenter la situation. « On ne peut rien dire sans l'aval de notre manageur... ». Mais on sait que le coup sera rude, les établissements sont bourrés les week-end du Tournoi et les prix sont « musclés » en conséquence. A priori, les clients risquent d'en être pour leurs frais. Autour de nous quelqu'un prononce le mot « assurance ». Un client marmonne : « Ils font ch..., ils auraient pu le dire plus tôt. » On comprend aussi que pour beaucoup de jeunes, étudiants ou pas, les week-end de tournoi sont un vivier de petits emplois de serveurs. Autant de « piges » en moins. Autant de courses en moins pour les chauffeurs de taxis, habitués à se déployer en vraie noria pour transporter les noctambules.

Lara, la jeune étudiante croisée un peu plus tard nous affranchit : « Je me suis renseignée. Pour le R b and Be, c'est moi de décider, mais je trouve normal de renoncer à l'argent que j'aurais dû toucher. Une amie à moi a plus de chance, les gars vont quand même venir pour passer le week end à Cardiff .  Un vendredi soir ou un samedi soir ici, c'est quand-même un truc à vivre.»    

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir