Les Tops et les Flops du recrutement

  • Maxime LUCU (Bordeaux-Bègles), lors du match face au Racing 92 en novembre dernier.
    Maxime LUCU (Bordeaux-Bègles), lors du match face au Racing 92 en novembre dernier. Icon Sport
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Aux deux tiers du championnat, l'heure est venue d'un premier bilan des recrues du Top 14. Alors, qui a brillé ? Qui a surpris ? Qui a déçu ?  Midi Olympique s'est livré au jeu et propose son classement des meilleures et des moins concluantes pioches de la saison. Une revue subjective, évidemment... 

Les Tops :

1. Anthony BOUTHIER Arrière - Montpellier

Quelle ascension ! Voilà encore quelques mois, Anthony Bouthier évoluait en Pro D2, sous les couleurs de Vannes. Encore plus fort, il y a cinq ans, l’intéressé - maçon à côté de sa passion - foulait les pelouses de Fédérale 1. Cela ne l’a pas empêché, à 27 ans, de connaître ses quatre premières sélections en équipe de France dans ce Tournoi des 6 Nations et même de s’offrir un essai à Cardiff. Histoire merveilleuse, née d’un début de saison flamboyant à Montpellier, où il a débarqué l’été dernier. Recruté par Vern Cotter, le garçon a connu un apprentissage express pour briller sous la direction de Xavier Garbajosa, lequel le suivait aussi depuis des années. En quelques semaines, Bouthier s’est imposé comme un élément incontournable de la ligne de trois-quarts du MHR. Propulsé à l’arrière la plupart du temps, là où il a surpris par son audace et son assurance, ce dernier a également et régulièrement dépanné à l’ouverture, jusqu’à prendre le jeu en mais en cours de match parfois pour sauver les meubles. Garbajosa avait soufflé (avec insistance) son nom à Fabien Galthié. Il ne doit pas regretter : il en a fait son 15 titulaire.

2. Maxime LUCU Demi de mêlée - Bordeaux-Bègles

Côté bordelais, il est la grande et bonne surprise du recrutement. Les faits parlent d’eux-mêmes : un joueur qui n’avait connu que le Pro D2 et qui se retrouve dans le groupe élargi du XV de France dès sa première saison d’élite. Christophe Urios l’apprécie pour la propreté de son jeu et sa justesse. Il a aussi la particularité d’être un buteur fiable. Il a été huit fois titulaire en Top 14, presque à égalité avec Yann Lesgourgues (neuf fois) plus aguerri au Top 14.

3. Jean MONRIBOT Troisième ligne - Bayonne

Son retour à Bayonne, là où il avait passé quatre saisons sous l’ère Christian Lanta, lui a fait le plus grand bien. Jean Monribot a retrouvé à l’Aviron un environnement propice à son épanouissement même si beaucoup de choses ont changé pendant ses deux années toulonnaises. Pourtant, il a rapidement retrouvé ses repères et son rôle de capitaine avec douze matchs pour autant de titularisations. C’est bien simple, il compte déjà un plus grand temps de jeu en Top 14 que lors de ses deux dernières saisons au RCT. Le troisième ligne a retrouvé toute son efficacité aussi bien dans les tâches offensives que dans les actions plus ingrates, à l’image de ses nombreux grattages lors de la victoire face au Stade toulousain. Avec l’énergie et l’enthousiasme d’un junior, mais s’appuyant sur l’expérience d’un trentenaire qui a souvent joué la course au maintien avec Agen et Bayonne, Jean Monribot est un rouge essentiel du collectif basque et son temps de jeu aurait pu être encore plus conséquent s’il n’avait pas été touché par les oreillons qui l’ont privé de quelques feuilles de matchs.

4. Jules PLISSON Ouvreur - La Rochelle

Voilà ce qu’on appelle une magnifique renaissance. Perdu au Stade français, son club de cœur dans lequel il ne faisait plus que de la figuration depuis de très longs mois, Jules Plisson a fini par se résoudre à quitter la capitale pour rejoindre La Rochelle en novembre. Une décision qui, à 28 ans, a donné un second souffle à sa carrière. Chez les Maritimes, l’ouvreur s’est vite imposé comme le maître à jouer. Extrêmement efficace au pied et auteur d’inspirations géniales dans le jeu, il s’est rendu indispensable à une allure folle. Au point d’être élu deux fois meilleur joueur du mois en Top 14. L’intéressé peut de nouveau rêver en grand.

5. Eben ETZEBETH Deuxième ligne - Toulon

Auréolé de son titre de champion du monde, le natif du Cap a réalisé un départ détonant face à Clermont, le 22 décembre, pour sa première française. Avec un essai dès la 2e minute, au terme d’une course de cinquante mètres, et un titre d’homme du match. Sa deuxième réalisation face à Brive, tout en puissance, tourne aussi en boucle sur Internet. Le Bok est au sommet de son art et son influence rejaillit sur ses partenaires. Dès son arrivée, il a apporté une autre dimension au paquet d’avants toulonnais. Le deuxième ligne est bel et bien venu en France avec la ferme intention de marquer les esprits et de gagner des titres.

6. Rémi LAMERAT Centre - Bordeaux-Bègles

Le centre de l’UBB a rassuré tout le monde. À 30 ans, sa venue en Gironde n’est pas du tout une préretraite. Il s’est révélé un complément très efficace de Semi Radradra, évidemment plus rapide que lui. Mais Rémi Lamerat a fait de belles performances dans le rôle d’un centre physique, capable de faire des passes après contacts qui font la différence et assurer un impact physique de première classe.

7. Sergio PARISSE Numéro 8 - Toulon

Ne parlez pas de préretraite sur la côte pour la légende italienne. Débarqué de Paris, le numéro 8 a retrouvé toute sa superbe dans le Var et enchaîne les prestations de très haut niveau. Les stats parlent pour lui : en huit matchs, il a cumulé sept étoiles Midi Olympique, six franchissements et cinquanteneuf plaquages. S’il est parfois laissé au repos pour soulager son corps de 36 ans, l’Italien a brillé face à Clermont, Toulouse, Lyon ou le Stade français. Comme un symbole, il a arraché la pénalité décisive contre son ancien club lors de son dernier match. Un compétiteur, un vrai.

8. Baptiste SERIN Demi de mêlée - Toulon

Baptiste Serin a peu joué avec son nouveau club de Toulon puisqu’il était à la Coupe du monde. Mais son retour a été placé sous le signe de la réussite, il a correspondu à une montée en puissance des performances varoises. Il n’a finalement débuté que quatre matchs de Top 14, ce fut assez pour montrer ce qu’il peut apporter en termes de gestion et de technique.

9. Laurence PEARCE Numéro 8 - Agen

Sitôt arrivé, sitôt irremplaçable. Voilà comment l’on pourrait qualifier l’importance que le troisième ligne centre Laurence Pearce revêt pour le SU Agen. Le plus fort, c’est que cette saison marque ses premiers pas en Top 14 ! Arrivé dans les valises de son manager Christophe Laussucq en provenance de Mont-de-Marsan, l’Anglais avait déjà réalisé deux excellentes saisons dans les Landes : 18 apparitions pour autant de titularisations et quatre essais en 2017-2018, et 18 matchs pour 15 titularisations et un essai marqué l’année suivante. De toute évidence, l’ancien treiziste est parti pour battre ces scores, puisqu’il compte déjà 16 matchs de Top 14 pour 15 titularisations. Puissant balle en main, Pearce apporte sa puissance à un pack agenais qui en a cruellement besoin ainsi que ses qualités dans le jeu au sol. Bref, une excellente recrue qui sera précieuse dans la quête du maintien du SUA.

10. Julien BLANC Demi de mêlée - Brive

À 27 ans, Julien Blanc a été la révélation du début de saison. Le demi de mêlée, borduré à Pau et arrivé dans l’anonymat, a multiplié les exploits au point d’être élu joueur du mois d’octobre. Sa vista et son explosivité ont permis au promu corrézien de réaliser une entame tonitruante à la maison face à Clermont, Toulouse, Toulon et Bordeaux-Bègles. En quatorze matchs, l’ancien du Racing a cumulé treize étoiles, douze franchissements et trois essais. Entré dans l’hiver, il est apparu moins fringant et il s’est blessé fin janvier face à Pau. Absent trois mois, il devrait revenir pour la fin de saison. Où son talent et son culot seront à coup sûr très précieux pour Brive.

Et aussi…

Cordero, Gigashvili, McIntyre, Hériteau, Tanga, Matera, Laborde, Bosch, Segonds, Latu, Cordin, Heem, Villière, Botica, Higginbotham, Doge, Galarza, Lee…

Les Flops : 

1. Alexandre DUMOULIN Centre - Pau

Arrivé à la Section encore convalescent après son opération du tendon d’Achille en avril dernier, le trois-quarts centre international Alexandre Dumoulin (8 sélections) était très attendu à Pau, où il devait succéder au Néo-Zélandais Benson Stanley. Après une saison quasi blanche avec le MHR (quatre matchs), le club béarnais misait sur son côté revanchard. Positionné en second centre, aux côtés de Jale Vatubua, Dumoulin peine à être décisif dans un rôle qu’il connaît un peu moins. Il a aussi été freiné par quelques pépins physiques et une commotion. Il a joué dix matchs de Top 14 mais seulement 6 en tant que titulaire. Julien Fumat semble lui être passé devant dans la hiérarchie.

2. Lionel MAPOE Centre - Stade français

Combien a-t-on disputé de journées de Top 14, depuis l’été dernier ? Dix-sept, mon général ! Et combien Lionel Mapoe (31 ans, 1,89m et 85 kg) compte-t-il de titularisations avec le Stade français ? Seulement cinq, mon général ! Dire que les dirigeants parisiens attendaient plus de l’ancien trois-quarts centre des Springboks (14 sélections de 2014 à 2018) est un euphémisme. Barré dans la capitale par Waisea, Jonathan Danty, Julien Delbouys ou Alex Arrate, l’ancien attaquant des Lions de Johannesburg n’a jamais su faire son trou chez les soldats roses, promenant son vague à l’âme de week-end en week-end. C’est quand le bonheur ?

3. Sefa NAIVALU Ailier - Stade français

Afin de préparer l’« après Arias », Heyneke Meyer s’était dit en fin de saison dernière qu’il avait le plus grand besoin d’un finisseur de premier plan. Quand il a débarqué à Paris, après la Coupe du monde au Japon, le Wallaby Sefa Naivalu (28 ans, 1,86m et 94 kg) était donc précédé d’une solide réputation de « serial marqueur », ayant aplati une flopée d’essais en Super Rugby avec les Rebels et, surtout, cinq essais en dix sélections avec les Wallabies ! Titularisé cinq fois depuis son arrivée à Paris, pour un essai, la bombe Naivalu a pourtant fait « pschitt », ramant sur les terrains gras du Top 14, se montrant souvent fautif en défense…

4. Alex DUNBAR Centre - Brive

Rappelons le contexte, avant tout : la venue d’Alex Dunbar en Corrèze était un authentique pari. L’Écossais, fréquemment blessé, sortait d’une saison presque blanche avec Glasgow puis Newcastle et s’était vu proposer un contrat d’un an par le promu. Toujours est-il que du côté de Brive, on espérait bien assister à la renaissance du centre aux trente-trois sélections avec le XV du Chardon. Le résultat est des plus mitigés : Dunbar a signé quelques coups d’éclat, à Castres notamment, mais n’a pas su s’installer comme la plaque tournante de l’attaque, la faute à quelques pépins physiques.

5. Edwin MAKA Deuxième ligne - Bayonne

Il était, il y a quelques années encore, l’un des très grands espoirs du Stade toulousain à son poste. Démesuré physiquement et adroit ballon en mains, Edwin Maka n’a pourtant pas répondu aux attentes dans son club de formation. Il avait donc cherché à rebondir au Racing 92. Mais, derrière deux saisons décevantes, il a choisi de se relancer à l’Aviron bayonnais sous la houlette de Yannick Bru. Certes freiné par une blessure au départ, le deuxième ligne n’a jamais réussi à s’imposer sur la Côte basque. Ainsi, il n’est apparu qu’à six reprises en Top 14 pour aucune titularisation. Il n’a dû se contenter que de la Challenge Cup pour démarrer des matchs. Un vrai échec pour lui.

6. Denis MARCHOIS Deuxième ligne - Pau

Arrivé à la Section paloise avec le titre honorifique de meilleur plaqueur du Top 14, le deuxième ligne Denis Marchois n’a pas réussi son intégration dans le collectif béarnais : Une seule titularisation en Top 14 pour un total de 6 matchs pour un temps de jeu famélique de 219 minutes. D’un commun accord, l’ancien agenais pourrait quitter la Section dès le mois de juillet alors qu’il s’était engagé jusqu’en 2022.

7. George MERRICK Deuxième ligne - Clermont

À Clermont, une légende urbaine entoure George Merrick, de nombreux suiveurs du club le surnommant « l’Américain » alors que ce dernier est bel et bien anglais, au point d’être sélectionné des moins de 20 ans en 2012. Mais si pareille imprécision subsiste, difficile de parler de hasard, les faibles prestations du transfuge des Harlequins n’ayant pas franchement incité les supporters jaunards à se pencher sur son passé. Titularisé à seulement quatre reprises cette saison à un poste de deuxième ligne où l’ASM s’est souvent avérée en difficulté, Merrick n’a pas franchement apporté de plus-value depuis son arrivée, touchant même le fond lorsqu’il reçut un carton jaune qui précipita la défaite à domicile des siens contre Pau en septembre (28-37).

8. Hans NKINSI Deuxième ligne - Castres

Recruté à Grenoble à l’intersaison, Nkinsi effectuait un début de saison correct, avec neuf apparitions toutes compétitions confondues, dont cinq en tant que titulaire, le plus souvent pour les matchs à l’extérieur du Castres olympique. Un parcours somme toute normal pour une recrue qui a effectué la grande majorité de sa carrière en Pro D2 du côté de Béziers, Narbonne puis Grenoble avant de jouer un rôle central dans la remontée du FCG en élite. Son histoire castraise se déroulait donc plutôt bien, jusqu’à ce match de Challenge Cup où le deuxième ligne se rendit coupable de deux fourchettes sur des adversaires du club anglais de Worcester et qui lui valurent douze semaines de suspension. Des gestes graves et facilement évitables qui pénalisent non seulement le joueur dont la saison est quasiment finie (il sera requalifié le 4 mai), mais aussi pour le club qui perd là un joueur à un poste particulièrement exposé aux blessures.

9. Lucas POINTUD Pilier - Pau

Il avait disparu des feuilles de matchs lors de la seconde partie de saison du Stade toulousain l’an passé, contraint de regarder la montée en puissance de ses partenaires depuis les tribunes (trois matchs entre janvier et le titre de champion de France). Arrivé à la Section avec l’envie de se relancer, Lucas Pointud n’a disputé que quatre matchs de Top 14 depuis le début de la saison, la faute à une série de petites blessures qui l’ont fait reculer dans la hiérarchie.

10. Bastien CHALUREAU Deuxième ligne - Toulouse puis Montpellier

Lui aussi vit jusque-là une saison en enfer. Après deux exercices très convaincants en Pro D2, à Nevers, Bastien Chalureau avait choisi de relever le défi proposé par son club formateur, à savoir le Stade toulousain. Sauf que le deuxième ligne n’est jamais parvenu à s’imposer. Soumis à la concurrence des Tekori, Gray, Arnold (frères), Verhaeghe ou même Meafou et Galan, il a dû se contenter d’une seule feuille de match, à La Rochelle. Et le mois dernier, il fut impliqué dans une bagarre nocturne en ville qui lui a valu une mise à pied à Ernest-Wallon. Depuis, il a été prêté à Montpellier en tant que joker médical jusqu’à la fin de saison, où il va essayer de relever la tête.

Et aussi les grands blessés… Nehe Milner-Skudder, François TrinhDuc, Clément Laporte, Guilhem Guirado, Duncan Paia’aua, Walter Desmaison…

 

 

Midi Olympique
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